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Par Camille Loty Malebranche

 

La tare de toute institution est l’essentialisation de soi pour avoir toujours raison. Le modèle achevé et extrême de l’essentialisme institutionnel se retrouve en matière ecclésiale où l’institution se divinise, divinise toutes ses erreurs et les impose en les sacralisant de peur de paraître faillible. Les institutions religieuses prônent la conversion mais, se proclamant divines, infaillibles, rejettent pour elles-mêmes le principe spirituel et comportemental de conversion.

 

La faillibilité, la peccabilité, chose humaine répandue entre toutes, parce que méconnue par l’institution, transforme les tenants institutionnels en monstres tyrans et menteurs qui veulent soumettre tous aux dogmes et mensonges convenus.    

 

Dans la famille, l’État, les communautés scientifiques, l’essentialisme empêche l’ouverture et perpétue des aberrations devenues dogmes ou tabous. L’essentialisme transforme les croyances en conventions et dresse un mur de refus en mécanisme de défense insurmontable de leur essence et de tout ce qui ne convient à ladite essence ou à quoi, cette essence institutionnelle n’a accordé auparavant le droit d’agir et d’opérer en son nom suprême, elle la seule capable du vrai, du bon, du juste telle que proclamée par les tenants institutionnels.

 

Ainsi, par leur essentialisme, les institutions sont souvent anthropocides et pratiquent cette chose haïssable en matière de compréhension humaine, ce moloch dévorant de l’entendement libre et agissant qu’est le conservatisme institutionnel. Imbécile niaiserie rétrograde et obscurantiste, le conservatisme est la conséquence la plus haïssable de l’essentialisme institutionnel.

 

Naturellement, en fustigeant le conservatisme tous azimuts, j’entends la salive ophidienne venimeuse des méchants et des pervers qui voudraient que je sois ouvert aux vices contre-nature sous prétexte d’ouverture. Mais là, je leur réponds que la nature générale (cosmique) ou particulière à un étant (étantitaire) ne souffre pas d’être altérée sans faire tout dégénérer, sans devenir dangereuse faisant dégénérer le dénaturateur. L’essence, précisément ontologique, est immanente à la nature d’un étant donné, étant la caractéristique même de son être. Elle (l'essence) ne peut être altérée sans dénaturer cet étant. D’autres morveux m’en voudront et me répliqueront que je suis essentialiste, je leur déclare que oui : au stade strictement ontologique, ontospirituel, concernant le rapport de l’homme à sa nature d’esprit et à Dieu dont il vient; et que c’est l’essentialisme idéologique qui est toxique, menaçant l’évolution positive des sociétés humaines restées comme figées au rétiaire de vieux préjugés mesquins où elles sacralisent des rois, des privilégiés érigés en essences supérieures pour mieux piller le monde et ravaler les majorités.

 

Pour clore provisoirement cette réflexion, je dirai que l’un des ennemis immondes de l’essence de la nature dont l’essentialisme métaphysique est l’expression spirituelle, c’est le snobisme, cette singerie de l’ouverture des complexés d’infériorité assimilés et suivistes, ce vice de l’entendement faible devant la pression de la mode et de l’humeur collective à un moment donné de l’idéologie. 

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Tag(s) : #Monde du Concept
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