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Par Camille Loty Malebranche

 

Le génie se reconnaît par la force de caractère qu’il manifeste dans son domaine pour imprimer comme une substance personnelle, sa signature existentielle au cœur de l’activité qu’il se choisit, par la mise en œuvre de son talent, l’expression déstabilisatrice de son exceptionnalité qu’il manifeste telle une vertigineuse unicité frappant d’astasie le commun, renversant les adeptes timorés des faux dogmes. Le génie est l’iconoclaste averti et serein qui apporte toujours un séisme de création, une secousse de redéfinition là où tout dans les idées et la praxis, semblait aller de soi.

 

Le génie, prête un faciès particulier à son domaine par l’empreinte égoïtaire comme pour spécifier le général en lui donnant le cachet vivant de son intervention. C’est la personnalité forte ajoutée au disponible dans le champ de son action, l’essor intuitif et la volition influente qui transfigurent l’ordinaire en lui imprimant son visage. Le génie transcende ce qui est et tend à abolir les murs pour conquérir les confins dans son activité où il repousse sans cesse le non savoir et le non osé. L’on comprend pourquoi dans les mythes et les légendes, le génie est souvent présenté sous les traits d’entités suprahumaines… 

 

Visionnaire en ce qu’il choisit comme son domaine, le génie ne souffre pas d’être astreint à la stricte pratique connue, ni aux horizons perceptibles auxquels se résolvent l’exécutant et le grand nombre. Son fait est qu’il faille toujours créer d’autres possibles, ouvrir de nouveaux espaces et s’affirmer par delà le défini le convenu établi, jusqu’à frôler l’inconvenant, jusqu’à être choquant.  De fait, il n’y a pas de génie placide et sans heurt, sans prises de bec, car il bouscule les conforts définitionnels les modes prescriptifs et les modalités prescrites. Transgresseur des formes, herméneute souverain et assumé du fond, qui revisite le sens des substratums, le génie brandit l’audace de son action avec l’effronterie de sa face d’activiste idéel et praxique qu’il arbore pendant qu’il désarçonne les autorités dont le propre est de régner sur le convenu et de statuer sur ce qui est, sans jamais permettre d’interrogation.  

 

Admiré mais mal-aimé voire détesté, toujours jalousé et envié, souvent incompris, le génie est un solitaire dans sa lumière intimiste, qui chemine dans les ombres et pénombres au milieu des mentalités arrondies qui peuplent et gouvernent le monde. Comme le sage et le prophète, il ne pense et agit que dans les hauteurs surélevées de l’imaginaire créatif poussé vers la transcendance constante, le dépassement permanent. Et comme toujours, l’air des hauteurs où il vit et respire, déchirerait les entrailles du commun qui l’accuse de révisionnisme, de mégalomanie, de narcissisme, d’"illumination"; toutes ces désignations qui indiquent l’irréductible différence d’une personnalité hors du commun, que les cerbères ostracisent tout en en profitant autant que possible, tandis que d’autres font tout pour le ravaler à l’ordinaire.

 

Le génie, en quel que soit son domaine, qu’il soit bon ou méchant, reste une énigme pour les foules de la « normalité » sociale et ne laisse personne indifférent, et pourquoi les uns et les autres lui lancent leurs apophtegmes qui sont autant de flammes d’amour et de ressentiments!

 

À l’orée de l’acceptable, en plein dans sa passion irrépressible et aux marges de tout le reste, sauf de son activité géniale, le génie est l’homme de la démarche démiurgique, de l’excentricité heuristique qui cherche et veut expérimenter en son champ de savoir et d’action, l’inconnu et l’utopique qu’il refuse de croire inabordables.

 

Nous serions fautifs, si en terminant ce billet sur la notion de génie, nous nous bornions à ne définir en somme que l’homme du génie sans entrouvrir la porte sur le génie lui-même, c'est-à-dire ce don profond, cet attribut insolite, cette sorte de  caractère unique qui instille à son réceptacle, soit les qualités soit les défauts du bon ou du mauvais génie!?  

 

En guise de définition, nous disons que le génie est une sorte de troisième œil et de cinquième membre qui pourvoit son élu, dans le domaine de son expression, d’un supplément de vision et de création; un surcroît d’empan et de personnalité en vue de l’action pour le meilleur ou pour le pire selon les prédéterminations spirituelles, morales, métaphysiques de son homme. 

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Tag(s) : #Monde du Concept

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