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Par Camille Loty Malebranche 

 
 
 
La charité n’est ni la sensiblerie ni le paternalisme qui sont ses pires corruptions dénaturantes. La charité est l’amour ontologique de l’humain, amour de l’être humain aimé pour ce qu’il est en tant que nature spirituelle, tel que l’enseignement méconnu et dénaturé du Christ nous l’indique. C’est, chez le charitable, la conséquence de son ascension dans l’humanité comme spiritualité, ascension intérieure et intimiste du soi en route vers l'accomplissement. La charité totale, celle que l'on fait à l'autre conscient de son humanité, est une transcendance active, altruiste qui tend la main à autrui, pour soutenir cet autrui dans sa propre transcendance, son ascension humaine. Car le charitable sait que la spiritualité est solidarité réciproque contre les forces négatives et les maux du charnel psychologique qui guettent tout homme ici-bas. Toutefois, en toute circonstance, même avec les plus métaphysiquement démunis, privés de toute conscience spirituelle, la charité est volonté de faire du bien à tout humain, même ceux que l'on dédaigne, laissant la justice punitive, autant que possible, à Dieu. 
 
Dans sa hauteur, la charité est dédain des autorités indignes que ce monde immonde glorifie parce qu’elles ont le décor et les décorations institutionnelles qui fascinent le simpliste et qu’adore la masse hagarde. La charité est une sainte révulsion face aux tarés intronisés, aux chefs et bourreaux souriants ou non de la politique, qui ne dirigent que par l’exploitation et la terreur, exécutants attachés aux prédateurs de l’économie pour gruger et égruger les plus faibles. 
 
 
La charité est justice, en tant qu’elle est une perception active de la dignité globale de l’être humain et de sa nature, qui porte le charitable à faire tout pour être juste envers l’humain. Car la charité sait que la justice à l’homme est un dû. Ce n’est jamais que posture de rapport à une nature, posture rationnelle qui n’est point candeur bonasse ni proximité émotionnelle mais engagement serein pour le maximum de bien et de bien-être possible à l’homme. La charité n’est pas quête de gloire, ni expression d’une patriarchie en mal d’influence dont le patriarche acquiert de la prépondérance sur autrui, tirée de ses « œuvres charitables », pour ainsi profiter du surcroît d’autorité morale acquise…
 
La charité est conscience solidaire d’appartenance à l’humanité. 
 
La charité se reconnaît par la disponibilité pour le bien qui élève ou sauve l’homme mais onques par une quelconque assimilation à l’encanaillant monde des populaces de toutes sortes, qu’elles soient va-nu-pieds des bidonvilles ou cravatées de banques, bouffies prêtes à éclater ou mièvres aimant la foule. Le rejet des choses de l’injustice systémique érigée lois et normes de la société, fait du charitable conséquent avec lui-même un dissident à l’institution sociale que la canaille massive et la clique des sots analphabètes ou scolarisés déteste et dénigre, ostracise et évite. C’est pourquoi la charité éclairée aboutit nécessairement à une distanciation par rapport au grand nombre, même si la conscience charitable demeure en partie dans sa définition même, une démarche attentionnée pour le bien des majorités de toutes sortes.  
 
La compassion envers ceux qui souffrent, la disponibilité pour les faibles n’est pas charité, si c’est de la mise en scène pour être bien vu par stratégie sociale pour la réussite ou du façonnement de capital politique propre aux politiciens jouant au débonnaire par électoralisme.
 
La charité à autrui est renoncement total quant à toute attente temporelle. C’est le don anonyme pour aider sans besoin de reconnaissance aucune, sans même de rencontre avec le bénéficiaire des largesses que l’on fait. Tout le reste n’est que frime grossière de paternaliste, crapulerie de proxénète, manigance électoraliste pour le pouvoir. Au niveau matériel, la charité envers autrui est gratuité et discrétion jusqu’à l’effacement derrière l’œuvre de bonté qu’elle inspire sans quoi, elle n’est que gesticulation de profiteur.
 
La charité envers soi est transcendance constante pour vivre selon l’esprit, car le seul amour dont l’homme puisse s’aimer lui-même est la spiritualité. Toute autre forme d’amour de soi ne fera que glisser vers les horreurs de l’ego dont la tare poignante prédominante est de vouloir effacer tous pour régner à leurs dépens, quitte à les transformer, sans état d’âme, en amas de ruines! L’ego ne se décline logiquement que dans le double « isme » de l’égoïsme et de l’égocentrisme, ces deux latences d’abominations contre l’humain, latences maléfiques responsables des plus terribles hécatombes et génocides, des plus ignobles maltraitances de l’homme par l’homme depuis le commencement de l’histoire humaine. L’égotisme, quant à lui, peut échapper à l’horreur s’il est soumis, mû par la traction charitable sinon, même lui, finit par rompre le sain pour basculer dans le narcissisme.
 
Seule la charité a le supplément délévation supérieure qui permet de transcender la logique de lordre social anthropocide où à peu près tous utilisent tous comme marchepieds vers une prépondérance égoïste, égocentrique sur la ruine de l’humain, dans une triste mort à l’humanité commune... Humanité, heureusement vivante et agissante chez le charitable, humanité d’où précisément nous appelle la vocation ascensionnelle et rédemptionnelle de lesprit… 
 
 
CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Tag(s) : #Monde du Concept

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