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Par Camille Loty Malebranche

 

Dans la métaphysique chrétienne, l’homme, émanation de l’esprit divin, est un projet de fils pour Dieu, car être fils de Dieu implique être éveillé et vivre en esprit. L’homme est un esprit qui doit se découvrir lui-même pour ancrer dans sa vérité. Le ministère sotériologique du Christ qui apporte la rédemption ne se corse que par la réponse préalable de l’homme à la véritable nature humaine qui, seule, peut vivre par la foi, la pureté spirituelle de l’amour divin, cette la vocation de l’homme cheminant sur la terre. 

La foi chrétienne peut se résumer par la maxime qui suit: 
Bien penser pour bien vivre, et ainsi, être conforme à la véritable nature humaine prônée par l’être christique du Verbe incarné. 

Séduction, tentation et transgression sont trois forces négatives contre la plénitude volontaire de l’homme spirituel, que celui-ci doit constamment dompter par la transcendance dans l’univers de l’esprit. Vivre selon l’esprit est donc plus qu’un mode de représentation mais une distinction identitaire axiologique qui actualise la vérité supérieure 

La séduction éveille nos affects, nos passions jusqu’à altérer nos représentations et convictions c’est cela, la tentation, et la tentation, quand elle est consommée, constitue la face négative de notre bonne motivation, notre résolution au bien qui s’estompe par l’attraction de son contraire. Nous disons face négative de la bonne motivation car les mauvaises motivations caractérisant le méchant, ne butent guère sur la tentation étant ancrées dans la méchanceté. Les tentations proposent à la conscience motivée de trahir les justes principes des valeurs spirituelles et morales et de l’idéal de bonté, c’est la transgression. Seule la transgression des principes spirituels, est péché. Le péché est donc l’action spirituellement contre-nature. Mais attention, le corps comme habitat de l’esprit doit être assumé de manière naturellement idoine sinon, c’est aussi un péché, une contre-nature spirituelle; car le corps exprime l’assumation de l’esprit par lui-même. 

La spiritualité vraie est voie et téléologie agissante selon l’origine déitaire de l’homme, c’est en ce sens qu’elle est morale. Mais cette morale spirituelle n’est ni un fléau ni un faix mais un don pour l’accomplissement de l’homme. La morale spirituelle est l’harmonisation de soi avec les principes qui gouvernent la nature humaine telle que perçue dans la spiritualité concernée. C’est le respect de l’homme en tant que nature.

Celui qui se prive de plusieurs jouissances pour être juste, et préfère souffrir au lieu d'être avec les plus forts que les majorités approuvent malgré le mal institutionnel que ces plus forts causent à l’humanité, sait qu'il sera rarement apprécié à sa juste valeur, car les majorités, pour la plupart aliénées et portées à la fascination par les apparats de leurs bourreaux, n'ont pas de considération pour la proximité non décorée de l’homme de bien

Quand je crois indispensable d’aimer les enfants et de leur faire du bien, je ne me fais aucune illusion que la nouvelle génération d'enfants deviendra à peu près des hommes tels ceux de la grande majorité peuplant cette génération actuelle qui se reproduit en eux, génération actuelle où le grand nombre, méchant, orchestre impassiblement consciemment ou inconsciemment toutes les monstruosités du monde. 

Je ne fais pas le bien parce que je crois l’homme bon mais parce que je respecte la nature spirituelle de l’homme.    


Toute sagesse de vie est ontologique avant d’être morale. La morale spirituelle prescriptive des voies de l’homme dans son rapport immanent et transcendant à l’être, peut s’édicter par la maxime qui suit:

Pense et agis selon la vérité de ta nature pour entrer dans ton destin d’esprit. 

La morale sans la spiritualité est de l’utilitaire sociétal, une manière d’expédier les choses de la fonctionnalité, la spiritualité sans une morale adaptée, est prétexte d’hypocrites pour manipuler les esprits par une transcendance activement non assumée. Il en est de la morale et de la spiritualité, la même nuance qui se profile entre le terminé et le fini en écriture ou en art. L’oeuvre terminée est juste bouclée dans sa conclusion, alors que l’œuvre finie est celle qui a atteint la finition logique et esthétique où transparaît le génie du créateur. L’œuvre terminée n’est qu’une œuvre, l’œuvre finie est création.

 
Ainsi, la spiritualité est la manifestation morale et métamorale parce que pleinement ontohumaine de la personne concrète en action au fil de ses actes.

L’homme enfin, se doit d’être humble devant Dieu dont il est ontologiquement déterminé, et ainsi, parvenir à vaincre l’orgueil de la vie devant sa dépendance totale au niveau de l’être. Car ne s’étant point déterminé à venir au monde, l’homme n’a non plus aucun pouvoir décisionnel sur sa propre durée ici-bas, nul ne sait exactement quant à son temps de vie ce qui arrive dans la minute qui vient! Dieu seul le sait et décide de ce qu’il en est. Que tous les hyperconscients spirituels, éveillés à la vérité de leur être, prient pour avoir le don de l’éveil permanent, car ce monde est un champ de léthargie et d’amnésie dans le rapport à soi et à l’être; léthargie et amnésie qu’entraîne l’opacité bruyante du réel. Soyez éveillés, comme le dit le Christ, le Maître des maîtres: que vos lampes soient allumées!

Que le Dieu qui fait de tout obstacle une voie, nous ouvre en permanence la route de l’éveil persévérant! 


CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

Tag(s) : #Monde du Concept
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