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Par Camille Loty Malebranche

 

                       3ème Partie

Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons nous-mêmes à ceux qui nous offensent. Réf1 Réf2

Au verset 12 de Mathieu chapitre 6, dans la conceptualisation de prière qui allait devenir la plus populaire formulation de piété religieuse en occident, formulation qui s’est métamorphosée dans l’indolence des sectes et églises soi disant chrétiennes, en récitation galvaudée par sa banalisation rituelle, le Christ nous parle du pardon des offenses comme d’une requête conditionnée par notre propre clémence envers l’humain. 

Il faut ici faire très attention, car les esprits pervers et égoïstes s’y perdent et tentent constamment de s’en prémunir pour agresser et faire mal à autrui sous prétexte qu’on leur doit du pardon! Si même le pardon de Dieu qui est Toute-Bonté, exige la repentance et la bonne résolution du pécheur, à plus forte raison, le pardon de l’humain à son offenseur exigera-t-il la repentance résolue de cet offenseur. Car le malfaiteur qui ne se repent pas vraiment, hypocrite, même quand il prétend se repentir, est un danger pour le naïf qui lui accorderait son pardon en s’ouvrant à lui à nouveau. 
Pas de pardon aux agresseurs crapuleux et méchants arrogants sans repentance véritable. Le péché ici serait la candeur du pardon balourd accordé au voyou violent, qui lui offrirait l'occasion de perpétrer encore ses travers en faisant souffrir le bonasse.

Il est une différence énorme entre laisser à Dieu, la vengeance du mal inactuel causé par le méchant, et pardonner à un vrai repentant. J’ai dit mal inactuel, car dans une attaque en cours où je dois me défendre, si me défendre doit aller jusqu’au sang, je serai probablement forcé d’y aller quoiqu’à contrecoeur.    

Pour la plupart des dégénérés hypocrites en leur conscience sale et malfaisante, et ils sont tellement légion sur cette terre du mal, tout faire pour assouvir leurs instincts les plus immondes en se moquant du niais qui pardonne et se laisse faire, constitue une gloire et une manière de vivre. Ailleurs, en cas d’offenses répétées par une dépendance au mal chez un offenseur, s’il faut pardonner encore et encore (« soixante dix sept fois sept fois »)  comme le dit Jésus, cela ne signifie guère ne pas se protéger de l’offenseur malade ou de rester pour le subir. Il faut néanmoins l’aider charitablement à se soigner, se contrôler. Pour être clair, prenons l'exemple dans une vie de couple, d'un ou d'une partenaire ayant un comportement violent compulsif répétitif; le ou la partenaire en question a beau demander pardon sincèrement, l'autre qui lui pardonnerait totalement et sans rancœur, n’est nullement tenu(e) de continuer à vivre avec lui ou elle, pour subir à nouveau coups et blessures parce que le repentir du ou de la partenaire en faute, est vrai! Car ici, le repentir et le pardon ne changent pas la nature violente de l'individu, ni ne guérissent sa tare pour effacer automatiquement l'imminence de son agressivité et de ses effets désastreux. 

La victime qui subit, même en sa clémence la plus généreuse, ne saurait être tenue coupable de se protéger en se distançant. Car si Dieu, pur Esprit, peut se permettre de pardonner sans se distancer, l’homme esprit incarné donc atteignable au mal déclenché par les pulsions et faiblesses incontrôlées d’un offenseur violent, d'un mouchard félon incapable de secret, serait bête de se mettre à la portée dangereuse dudit offenseur. 

Le pardon, comme toute vertu, n’est pas de l’esclavage moral. Le pardon, dans sa charité compatissante où je reconnais mes propres faiblesses à me faire pardonner à l’occasion, n’est ni servitude ni candide sensiblerie. Il doit toujours mesurer les risques selon le type d’offenses subies et le caractère de l’offenseur. 

Le pardon dont parle le Christ, relève de la sphère du spirituel qui est lumière et abondance de soi pour la gloire de Dieu. Sphère de bonté envers le prochain mais aussi de souveraineté totale qui ne se soumet qu’à Dieu, où  l’homme sait que la morale est sa chose et non sa maîtresse. La morale et la vertu sont la voie que l’homme emprunte pour s’accomplir selon l’être qu’il se reconnaît. S’il se perçoit esprit, la morale choisie sera spirituelle et métaphysique sinon elle sera abandon au monde et au temporel. Et, tout au long de ce cheminement qu’est la morale, ce champ axiologique par excellence, espace du sens de l’action, l’homme ne saurait s’avérer indigne du bon sens en appliquant aveuglément sans nuance à son agir, les principes moraux et leurs prescriptions à adapter et actualiser.

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

Tag(s) : #Monde du Concept
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