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Par Camille Loty Malebranche 

 

En spiritualité, quiconque ne peut se dompter lui-même par le discernement pour transcender mentalement les débordements du charnel psychologique, court le risque d’être frappé par la coercition du châtiment. 

Dans la sphère spirituelle, heureusement, il n’y a que justice. D’où, il faut toujours éviter la confusion entre l’épreuve passagère et mesurée pour la croissance globale de l’esprit, et le châtiment qui est punitif d’un manquement par irrespect d’un ou de plusieurs principes spirituels. L’esprit éveillé et digne de sa faculté de jugement pour agir avec discernement, dépasse le stade du châtiment. L’image du fouet châtiant, est avant tout, référence à la punition infligée à l’insensé refusant la sagesse, trop englué dans les travers néfastes de son jugement lacunaire, et qui donc, ne peut être raisonné pour lui-même et, parfois, pour la protection d’autrui, que par l’usage de la force et de la terreur.

Pour étayer mon point de vue, je convie à une méditation des deux extraits bibliques qui suivent.
 
« La crainte de Dieu est le commencement de la sagesse. Proverbes 1v7 »

 « La crainte n'est pas dans l'amour, mais l'amour parfait bannit la crainte; car la crainte suppose un châtiment, et celui qui craint n'est pas parfait dans l'amour. 1 Jean 4v18 »

Dans l’occurrence de ces deux versets, il est fondamental d’appréhender l’amour de l’esprit qu’est l’homme pour Dieu, comme sagesse suprême accomplie. Amour entièrement spirituel de Dieu en l’esprit qui reconnaît en lui-même l’essence de la déité en tant qu’il est de Dieu et non de l’absurde contingence de l’univers. Amour qui est la vie de la foi comme mitsein humano-divin car Dieu vit avec celui qui croit en lui, et la foi véritable, totale, est le seul amour dont l’homme ici-bas dans les opacités multiples des cloisons du tangible, peut aimer Dieu. 

Celui qui dit croire en Dieu et qui le craint, au point de craindre qu’il devienne châtieur, ne connaît pas Dieu et sa foi reste à la surface du théologique. Le théologique n’est que le stade objectif et discursif de la foi qui est une observatrice non vraiment intégrée et vécue. La foi totale et évoluée est subjective et intimiste, vivante et active. L’homme de la foi théologique est un bigot, un religieux de secte et d’église qui tente de « scientifiser » exégétiquement et de légiférer institutionnellement le rapport à Dieu. Il est facilement malade des menaces fouettardes d’écrits soi disant sacrés et de l’herméneutique mystifiante officielle qu’en fait la prêtraille matoise des églises, ces communautés d’affairistes qui brandissent leur appellation de dénominations religieuses comme un logo d’institutions commerciales pour orchestrer leur marchandage macabre du « sacré ». Et pourquoi, elles  ne règnent que par la terreur de la théologie, la simonie inavouée, ne pouvant rien transmettre de proprement spirituel. 

Quand la substance de fraternité spirituelle, la charité même matérielle et la solidarité humaine a disparu des églises et sectes; quand les chefs de sectes et d’églises sont richissimes, s’offrant des privilèges indécents, exorbitants tandis que des « frères » mangent la vache enragée, il ne reste qu’un moralisme de servitude, moralisme pharisien acerbe, inhumain, impitoyable et culpabilisateur pour assujettir tous par la peur de la damnation. 

Pour mener les hommes et les faire ce qu’ils veulent, les réduisant en choses de leur domination, les chefs de secte et d’église ont recours à l’intimidation métaphysique, la décontextualisation des préceptes ou au contraire, le fondamentalisme qui prétend figer les contextes, pour, d’une manière ou d’une autre, aboutir à l’accoutrement de Dieu, diaboliquement anthropomorphisé pour servir la cause abjecte des charognards négociants du divin. 

Comme des pharisiens lapidateurs, les églises commerciales selon leur marque déposée et leurs évangiles sataniques au service de mammon, crachent la « parole de Dieu » de leur gueule homilétique dévorante pour menacer et terrifier les fidèles bigots qu’ils conditionnent pour les gruger, les dominer. Un « jésus » dénaturé, faux christ, est taillé selon les grivoiseries ecclésiales, présenté à travers le prisme hyper-répressif de certains écrits homilétiques d’apôtres destinés en contexte et selon leur époque à des gens de leurs temps, homilétique donc sans intérêt didactique actuelle. Grivoiseries donc manipulatrices, où sont propulsées toutes sortes d'aberrations pour le pouvoir des églises institutionnelles, alliées fidèles des puissants prédateurs profiteurs de l’ordre du monde. 

Dieu aime le croyant qui est heureux ici-bas et ne s’aigrit pas de la joie de ses hommes. Seule, peut arguer du contraire, la canaille pseudo-moralisatrice des églises et sectes, au risque de donner du christianisme l'impression d'inhumanité qui arracha ce cri blasphématoire d'un Cioran qui disait sinistrement que "Depuis deux mille ans, Jésus se venge de nous de n'être pas mort dans un canapé". Les bourreaux de conscience de la religion institutionnelle suggèrent et fignolent à travers leur théologie et homilétique lugubre, à coups de kérygmes factices et de parénèses hypocrites, une culpabilisation pécheresse en toute chose, imposant une vie d’interdits et de mortification involontaire au croyant tombé sous leur férule, lui enseignant l'abstention de toute juste jouissance, la contemption de tout plaisir, alors que les seules vraies interdictions concernent les actes d'impiété contre Dieu, d'injustice contre autrui et de débauche contre-nature. Les meneurs de secte et d’église, meneurs d’hommes, pétris par instinct et apprentissage expérimental des techniques de manipulation mentale des humains et de la réification de la sensibilité religieuse de leurs ouailles, usent sciemment de la terreur sacrée pour se faire obéir, apporter de la dîme même des plus démunis tout en se moquant avec condescendance de la foule servile des bigots. Ces dilapidateurs maudits de l'énergie et de la vie de leurs ouailles savent bien que la terreur sacrée est le terreau psychologique le plus sûr de l’obéissance des fidèles qui finissent par se convaincre eux-mêmes que si ces sacrifices leur sont commandés, c’est parce qu’ils sont dans la vraie religion! 

Je vous invite à la méditation en esprit et en vérité sur les mots du Rédempteur, « Si le Fils vous libère, vous serez réellement libres » Jean 8:36.
Que le Verbe incarné, Fils de Dieu dont le sacrifice nous libère de la dépendance religieuse des célébrants et d’instituions en nous rappelant que le royaume de Dieu est en nous - sans montagne de pèlerinage, ni temple de pierre aux mains des curies putrides du pouvoir hiératique - nous aide à nous libérer de l’insidieuse dépendance psychologique des crapules et tyrans de cultes!

Que les vrais chrétiens délaissent les églises systémiques! Et que vive l’Église sans institution ni dénomination des vrais croyants!


L’Amour divin est précisément Science et Vertu divines, donc Sagesse suprême de Dieu, qui constitue sa raison démiurgique, c'est-à-dire la seule motivation de son activité créatrice dont l’univers entier, avec tous les êtres et étants, est issu. L’amour humain parfait pour Dieu, élan de la foi totale de l’homme en Dieu, est, quant à elle, la sagesse qui bannit toute crainte. 

Il est intéressant donc de savoir que si la crainte est le commencent de la sagesse, l’amour parfait de la foi totale évoluée, exclut toutes les craintes multiples dont recèlent les vagissements de l’amour humain pour Dieu dans les débuts de la foi. 

Me revient à la fin de cet entretien, un brillant et édifiant propos du mythe de Job où Job répond aux questions de Dieu, dans le livre éponyme Job 42 v 5. : « Mon oreille avait entendu parler de Vous, mais maintenant c'est mon oeil qui Vous voit. » 
Ainsi donc, il est un stade de foi craintive où l’homme « entend parler » de Dieu, et un autre stade, éminemment évolué, activement actuellement spirituel où en son intériorité, par la foi totale, l’homme vit avec Dieu, lui parle intimement, le connaît dans son divin Amour, Amour parfait communiqué à l’humain par Dieu qui a versé, en son plan de Rédemption, le sang de Jésus pour faire de l’homme qui croit, son fils sans aucune crainte et en plénitude. 

Que les vrais hommes de Dieu, les véritables croyants spirituels, les fils de Dieu selon le rachat en Christ, prennent garde de déléguer à de vils filous d’églises et de sectes, par peur métaphysique et terreur sacrée, la glorification suprême  qu’est l’obéissance, glorification adorative due à Dieu seul! Car au stade spirituel, quand la foi a atteint la vérité de la vie mystique intimiste, subjective, théologale de l’esprit s’assumant fils de Dieu - par delà les extériorités objectives du théologique - pour être état métaphysique de l’homme en communion intérieure d’amour total avec Dieu, la crainte n’est pas vertu mais signe de manque larvé, indice de culpabilité pernicieuse d'une peccabilité non transcendée… 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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