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Ce sont de ces mots qui nous interpellent par la proximité de leur morphologie, au point de nous amener à chercher où peut bien se situer leur parenté sémantique...


La méprise pourrait être définie comme la fausseté du jugement mal conduit, l'égarement de l'esprit dû à la gaucherie de nos manoeuvres intellectuelles. Se méprendre, c'est s'y prendre mal pour apprécier quelque réalité et, ce faisant, aboutir à une vision erronée difficilement perceptible et corrigible par l'auteur lui-même du jugement perverti.


Le mépris, quant à lui, s'entend comme une tournure dépréciative du regard porté sur quelque chose, plus fréquemment sur quelqu'un. Telle une déconsidération teintée de haine latente, la posture méprisante s'emploie à dévaluer l'objet -fût-il sujet!- de attention mal intentionnée.


La question que nous cherchons présentement à nous poser porte sur le rapport possible qui unirait, comme par une sorte de causalité, ces deux notions, et plus encore ce que respectivement elles désignent.


Il est probable que bon nombre de cas concrets de mépris soient consécutifs de méprises.


Effectivement, il n'est pas très difficile à qui considère attentivement les fonctionnements et conduites des hommes, de repérer avec quelle malheureuse facilité la précipitation de nos observations, l'emportement de nos analyses, l'emballement de nos déductions... débouchent sur de redoutables mésinterprétations , de fâcheuses conclusions, d'autant plus coriaces d'ailleurs qu'elles sont le produit de démarches viciées non-conscientes de leur sottise ! Il y a bien quelque chose d'exponentiel dans l'essor des démarches cognitives : les plus tordues génèrent des monstres proportionnels à leur degré de malignité, ne demandant qu'à proliférer dans des délires toujours plus effarants et incontrôlables.... L'ignorance au carré (ignorance qui s'ignore elle-même) ne peut que s'amplifier dans ses errances multipliant la gravité de ses méprises !


Nous comprenons alors comment de si terribles fourvoiements font le lit de si déplorables attitudes !
Nous méprisons très souvent ce que nous nous méprenons à saisir.
Notre mépris sentimental et moral risque fort d'être consécutif de nos méprises perceptives et interprétatives !


La sortie de la spirale infernale doit s'effectuer par la brèche que nous accepterons de laisser s'ouvrir dans les ténèbres de notre intériorité axiologiquement viciée; seule la trouée même timide insinuant la Lumière salvatrice en nos esprits si facilement enclins aux méprises de tous ordres, sera à même d'en rectifier les désordres pour, peu à peu, nous délivrer du plus vénéneux des fruits de nos errances qu'est le mépris.


Isabelle Vaugeois-Roussel

Tag(s) : #Dossiers spéciaux, #articles et vidéos
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