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La pire des dictatures est religieuse car, posant ses exigences de soumission comme venant de Dieu à l'adepte ainsi programmé pour l'autocensure par crainte de l'ubiquité divine punitive, la religion sait se faire obéïr au nom de son cartactère absolu et sacré. Alors que la dictature laïque, parce que profane, sans casuistique, sans implication d'une conscience morale ou d'une transcendance téléologique, est facilement violable en absence du regard inquisiteur du chef tyran et de ses cerbères.

 

Quant à la théocratie, elle est sous toutes ses formes bien haïssable. Elle demeure tout autant antidémocratique en Occident où le pouvoir est totalement assujetti par la déification de quelques banquiers (théocrates financiers), qu'elle l'est au bout du monde parmi les mollahs barbus ou les bonzes.

 

L’appui occidental au Dalaï-Lama, toujours présenté à grands coups de spots médiatiques et en grande pompe par les "démocrates" occideantaux, n'est autre chose que de la variation dénotative du concept de théocratie et de la réalité à laquelle celle-ci est censée renvoyer, en vue de nourrir les connotations voulues dans l’opinion publique.

 

Le fait est que le Tibet constitue ouvertement une théocratie, chose que l’occident combat férocement en Afghanistan, abhorre en Iran et prévient craintivement dans tout le monde islamique, sauf chez ces alliés des pétromonarchies comme l'Arabie saoudite, le Yémen, les Émirats etc.., où il la proclame délibérément acceptable voir idéal. Nous consacrons ce billet aux cas iranien et tlbétain. Disons que la révérence du bouddhisme tibétain en occident désavoue tous les papotages antithéocratiques visant l'Iran. Nous sommes donc en face d’un criant cas d’incohérence axiologique, d’impropriété logique et d’imposture sémantique, où la défense de la « démocratie » brandie comme Valeur inviolable, passe en même temps par la réprobation et l’approbation du même phénomène, rien que par sa nuance géographique et idéologique. Qu’on ne s’y trompe pas, la nature de l’état islamique d’Iran ou de l’Afghanistan des talibans renversés et actuellement combattus militairement, est la même que celle du Tibet bouddhique : c’est de la Théocratie. En dépit du fait que Hollywood soit devenu la nouvelle paroisse des fidèles et des saints du Dalaï- Lama, quelle différence de nature entre la fonction de ce dernier et celle des ayatollahs ou mollahs ?

 

La nature essentiellement religieuse de la théocratie où le pouvoir hiératique des ministres de la religion prédomine celle des élus et/ou fonctionnaires laïcs de l’état (quand ces fonctionnaires laïcs existent), est à l’opposé de la « démocratie formelle » séculière de nos ploutocraties occidentales dont la carte de visite est essentiellement le choix des individus de partis présélectionnés par ces partis selon des intérêts oligarchiques mais laïcs, pour être ensuite proposés au vote du peuple dans des élections considérées comme expression de la volonté populaire voire nationale.

 

Cela nous amène donc en philosophie, devant un beau cas de phénoménologie du même fait théocratique à eidétique variable. L’eidétique, cette essence de la nature d’un objet ou d’un fait, est donc l’espace de la nuance et de la différence au-delà du phénomène des faits ou objets franchement différentes ou au contraire identiques dans leur nature globale. C’est le noyau qualitatif et d’adjectivation, c’est-à-dire ce qui permet de qualifier par un prédicat, un adjectif, la même essence nuancée quoique pérenne d’un phénomène. Ici, la nature théocratique dans l’islam aurait donc une essence différente dans sa nuance de la nature théocratique dans le bouddhisme ! La première violente et tyrannique ; la seconde, paisible et bienveillante ! Mais là, le public doit comprendre que nous sommes dans le prétexte du jugement de valeur de l’idéologie impérialiste occidentale qui n’a que faire de l’émancipation ni de l’Iran ni du Tibet, sinon que de défendre son hégémonie et ses intérêts de tous ordres par toutes sortes de bruits trompeurs et d’apophtegmes prétendument moraux.

 

Ainsi, une théocratie islamique est haïssable parce que non « démocratique » alors qu’une théocratie bouddhique s’avère souhaitable puisque « démocratique ». La contradiction dans les termes entre théocratie et démocratie semble ne pas déranger un occident qui nous a habitués chez lui au mensonge de la Ploutocratie produite en démocratie par l’idéologie. Seule la finesse argumentaire et le miracle sémantique des tenants du pouvoir de l’occident ont pu donc réaliser une diplomatie internationale aussi discriminatoire au nom justement de l’égalité des nations, tout en y ralliant des nobélisés de la paix, des saltimbanques hollywoodiens, des journalistes pétris de « droits de l’homme », des spécialistes de tous horizons et des intellectuels de tous acabits.

 

De l’Iran au Tibet, le parcours sémantique de la diplomatie et son idéologie, nous offre un bel objet de constatation de la multitude de références connotatives et herméneutiques auxquelles un seul et même objet peut donner lieu par le sophisme idéologique. Et si pour certains, je n’appuie pas assez le bon Dalaï Lama, c’est parce que je le vois trop aisément pactiser avec le diable occidental pour combattre le démon chinois. Ici, l’instrumentalisation de la cause tibétaine est lapalissade tant elle saute sur les sens ! Or instrumentaliser la cause de la liberté ou de la souveraineté d’un peuple, est trahison de cette cause au départ ! Et quand on sait que les prédateurs et charognards des pires colonialismes et impérialismes, sont les occidentaux, je m’esclaffe donc narquoisement devant cette instrumentalisation mesquine et crapuleuse du Tibet et du Dalaï-Lama par la bête occidentale crassement matérialiste, qui joue les civilisés spirituels dans cette occurrence politico-diplomatique !

 

Haro sur les fondateurs de sens, les maîtres de l’idéologie, déviants tyranniques de l’opinion publique et de la faculté des citoyens à comprendre et à juger !

 

L’heure de la saisie des rapports entre sens et essence des choses, entre dénotation naturelle et connotation idéologique doit sonner, pour que les peuples désinformés soient à même de comprendre ce que les idéologues du pouvoir leur demande d’appuyer ou de récuser à travers les propagandes de la presse. Parmi les sens sans dénotation de nos vocables de sociétés très clivées : paix, justice, égalité, liberté, fraternité…, la position occidentale face à l’eidétique théocratique, allant du Tibet à l’Iran, exprime les implications politiques d’une dénotation à double sens où sévit la vieille discrimination du « deux poids » « deux mesures » pour une même réalité de droit international !

 

L’occident « démocratique » est-il, dans ses principes, contre la théocratie ? Ce qui serait un cas de violation du droit international d’égalité des peuples et nations souverains de choisir selon le principe d’autodétermination politique, le type d’État qui les gouverne ! Mais dans l’occurrence que nous évoquons, c’est avant tout une question cruciale de sens : notre occident est-il contre le principe de théocratie ou seulement contre certains pays théocratiques qu’il ne contrôle pas ?

 

Je tiens ici, à être clair, j’appuie, comme les droits du peuple palestinien à un état, le combat des tibétains, étant pour un statut spécial du Tibet resté territoire chinois, statut élaboré avec l'État chinois et dûment en accord avec les autorités chinoises.  Car les chinois n'ont pas à céder une bonne part de leur superficie pour plaire à l'occident. Toutefois, par souci de sens et d’intellection de la logique élémentaire des faits, il me fallait, chers lecteurs, souligner à votre attention, ces sortes de torsions idéologiques du sens qui altèrent la signification des actes politiques de nos États, dénaturent le jugement collectif et déforment l’opinion des peuples par la manipulation et la désinformation venant du pouvoir en nos soi disant démocraties.

 

Par ailleurs, les monarchies alliées de l'occident telles l'Arabie saoudite, le Quatar, le Barheïn, les Émirats sont dds monarchies théocrartiques où le pouvoir est entre les mains de familles royales qui fondent leur règne temporel avec le pouvoir religieux d'un clergé sous leur contrôle. Et quoique musulmans et théocratiques même s'ils n'ont pas un règne direct de religieux comme en Iran, ces pays où l'on pend des femmes accusées d'adultère, coupe la main aux enfants pour des larcins, sont quand même considérés décents voire dignes par la pres se occidentale et même par reporters sans frontières, le bonhomme Ménard ayant été proche du Quatar où il avait son bureau à un certain moment! Pour retourner à l'Iran, je dis que les cris de guerre et de haine pour un hypothétique armement nucléaire iranien alors qu'Israël en est détenteur, tient de l'obsession hégémonique des États-unis, qui se cache derrière les gigotements sionistes de bruits d'invasions et de guerres, afin de préparer l'opinion mondiale aux futures conflagrations que planifie l'establishment étasunien contre ce pays qui constitue bien plus qu'un rempart à la puissance occidentale, un centre d'influence transrégionale dont le rayonnement se fait sentir jusqu'en Amérique latine...

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

Copyright © CAMILLE LOTY MALEBRANCHE - Blog INTELLECTION -  2012

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