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Par Louis Denghien,


Une des jeunes victimes de Houla/Taldo : non seulement ces victimes ont été tuées par des groupes opposants islamistes, mais  l’ONU a refusé de désigner leurs véritables assassins


 

Selon un rapport rendu aujourd’hui par la « Commission des droits de l’homme » de l’ONU, le régime syrien s’est rendu coupable, via ses forces armées et ses miliciens chabihas, de « crimes contre l’Humanité« . Et, histoire de prendre en compte certaines vidéos récentes et gênantes, et de sauver les apparence de neutralité onusienne, nos rapporteurs incriminent aussi, mais moins bruyamment, les rebelles.

Un crime contre l’Humanité… comme à Houla ?

On serait tenté de parler de « routine onusienne », mais on ne peut d’empêcher de poser des questions simples. Les soldats et miliciens gouvernementaux ont certainement commis, en un an et demi de conflit anti-terroriste des bavures, voire des tortures, des erreurs sanglantes en tous cas. Et il y a eu à l’évidence, au début du mouvement de contestation, des répressions meurtrières, injustifiées, disproportionnées, qui ont contribué à envenimer durablement la situation. Que les prisons syriennes soient, dans un pareil contexte, des endroits horribles, nous le croyons bien volontiers. Nous n’idéalisons personne ici. Mais nous avons le sens des proportions, et celui des mots aussi, peut-être. Le rapport de l’ONu nous ressort les « crimes sexuels » commis contr des femmes et des enfants : qui peut croire que de tels actes sont une pratique courante de l’armée syrienne ? Ce genre d’accusation aussi sensationnaliste que sordide sent très fort,  par son caractère systématique, la propagande partisane.

Car de quels massacres collectifs et délibérés accuse-t-on le gouvernement et ses hommes ?  Et qui a instruit le dossier ? L’ONU ou bien  l’OSDH ou le CNS ? Le massacre de civils le plus emblématique demeure celui de Houla-Taldo, en mai dernier. Mais la centaine de civils, de femme et d’enfants tués à bout portant étaient alaouites, chiites, et/ou pro-gouvernementaux : la commission d’enquête onusienne dirigée par le Brésilien Pinheiro n’a pas retenu la thèse de la responsabilité gouvernementale unique, se contentant prudemment d’incriminer tout à la fois des éléments pro-gouvernementaux, des éléments d’opposition et des « étrangers« , autrement dit encore des opposants armés. Diluer ainsi les responsabilités revenait pour l’ONU à disculper le pouvoir, étant donné que vu les pressions diplomatiques et l’hystérie médiatique occidentales, il était difficile à l’organisation internationale très liée aux Américains de désigner les opposants comme les vrais coupables.

Vous avez dit « génocide » ?

C’est la même logique qui aujourd’hui conduit les mêmes à décréter le camp gouvernemental coupable de « crimes contre l’Humanité » : un label à vrai dite tellement généreusement attribué, en général par le même camp géopolitique, qu’il est quelque peu dévalué. Il en va de même du terme « génocide » : un mot que les opposants à Bachar et leurs zélés relais médiatiques occidentaux n’ont pas eu peur d’employer à propos du bilan humain de la crise syrienne. Pourtant l’OSDH parle de 21 000 victimes depuis mars 2011 en Syrie, un chiffre invérifiable avancé par une organisation partisane, et qui, selon ses propres décomptes douteux, comprendrait 5 000 militaires et policiers victimes des insurgés, des centaines de « déserteurs » de l’armée et des milliers de civils ayant pris les armes contre le gouvernement, sans parler des volontaires djihadistes internationaux. Sans oublier non plus un nombre indéterminé mais important de victimes civiles des bandes armées de l’opposition.

Cette addition de cas on le voit bien différents permettant aujourd’hui à l’OSDH d’imposer aux média  et aux instances internationales ce chiffre de 21 000 morts, présentés implicitement comme autant de victimes de la répression bachariste. Mais même si ce bilan était exact – et il ne l’est pas, les chiffres étant non seulement manipulés via les catégories comme on l’a vu, mais gonflés (notamment les pertes militaires) pour d’évidentes raisons de propagande  – même si ce chiffre de 21 000 morts était vrai, on ne peut pas décemment et honnêtement parler de « génocide » par rapport à une population de 23 millions d’habitants !

Quelques uns des policiers et militaires exécutés -après leur reddition – par les rebelles à Jisr al-Chougour en juin 2011…

Barbarie  « à moindre échelle »

Mais assez parlé des crimes réels ou supposés du gouvernement syrien. Il y a donc dans ce rapport de l’ONU un fait nouveau : le rebelles sont accusés eux-aussi. Ho, juste de « crimes de guerre », qui ont donc été commis par l’ASL et les barbus, mais, précise le rapport, « à moindre échelle« .

À « moindre échelle » ? Le 120 policiers de Jisr al-Chougour massacrés en juin 2011 , la vingtaine de leurs collègues de Hama tués, mutilés et jetés dans l’Oronte, en juillet les centaines de victimes chrétiennes, alaouites ou sunnites pro-gouvernementaux liquidés entre l’été 2011 et février 2012 par les caïds ASL de Bab Amr, les morts de Houla, les alépins de toute confession liquidés sous l’accusation de « chabihisme » par les rebelles à Alep ces dernières semaine, les fonctionnaires martyrisé à al-Bab voici deux ou trois jours, et tous ceux, militaires ou civils, exécutés sommairement d’une rafale, égorgés jusqu’à la décapitation depuis plus d’un an, tous les médecins et notable assassinés par un commando à leur domicile ou à leur travail, oui tous ceux-là – ou en tous cas leurs proches – apprécieront la formulation minorante de l’ONU ! Sur l’ »échelle de Richter » de la cruauté définie par les pontes de l’ONU, ce genre de crimes, ces catégories de victimes n’ont pas la même valeur, n’atteignent pas le même degré de gravité que les autres !

Vous avez accusé l’armée de « crimes contre l’humanité » ? Mais sont-ce des soldats – ou des chabihas – qui pratiquent l »égorgement rituel, qui exécutent systématiquement leurs prisonniers, qui prêchent à grand renfort de vidéos Youtube l’extermination de « infidèles » et des « apostats »‘ ? Non, ce ne sont pas eux.

La vérité, c’est que les dirigeants et hauts-fonctionnaires de l’ONU se sont tellement « mouillés », depuis un an et demi, dans la campagne anti-syrienne diligentée par les riches donateurs américains et « golfistes », qu’il leur est à présent très difficile de se dédire. Et c’est d’autant plus délicat pour eux que ces dernières semaines, témoignages filmés et écrits des cruautés des bandes opposantes se sont multipliés, devenant impossible à cacher. Alors, en quelque sorte, on fait une cotte mal aillée, qui permet de cacher ou d’atténuer la gravité de crimes avérés des bandes ASL-salafistes en faisant donner la grosse artillerie sémantique habituelle contre le pouvoir.

Si celui-ci a commis vraiment de tels « crimes contre l’humanité« , alors qu’ont commis les fanatiques du camp d’en face ?  Y a-t-il encore des mots disponibles, même dans la riche langue de bois onusienne ?

Des victimes des opposants à Deir Baalbé (Homs), en avril 2012…. Des victimes « à moindre échelle » pour reprendre la terminologie du dernier rapport onusien…

 


Tag(s) : #Actualité
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