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Par Camille Loty Malebranche 

 

Le respect de la vie d’autrui m’interdit-il de défendre la mienne?

Quand l’Homme est soumis à un ordre systémique criminel et systématiquement violent, négateur de son humanité, il ne saurait ne pas faire face à ses agresseurs exterminateurs avérés de son essence humaine. Auquel cas, c’est la violence défensive et revendicative qui restaure et prouve la dignité humaine de l’agressé refusant son sort d’asservi chosifié.     

 

Vu l'idée même d'humanité, pour l'être humain, basculer dans les brutalités de la violence immédiate ou même provoquer la souffrance de ses semblables par des formes édulcorées, légales et donc systémiques pour asseoir un pouvoir de classe, d'État ou d'empire, est abomination. D'où l'exigence de défense contre l'agression directe ou indirecte, l'affrontement vie contre vie, liberté contre liberté, impliqué par la défense de soi des personnes et peuples agressés ou opprimés, constitue un cas de conscience pour quiconque croit en la dignité humaine, avoue l'indignité de la violence. L'expression de cette problématique (j'évite ici le mot casuistique trop institutionnellement et idéologiquement religieux) se pose via le dilemme des deux questions qui suivent: par respect de la vie et du principe de non violence, une communauté agressée par une autre, doit-elle la laisser piétiner et écraser son humanité en violentant sa liberté, ses droits inaliénables à la vie et au bien-être - lors même où l'agresseur beaucoup plus fort a les puissances mondiales et quasiment tout le système sociopolitique mondial de son côté? N'est-ce pas se rendre coupable du crime d'un agresseur, que de se laisser infliger ses volontés monstrueuses, ses agressions, sans le remettre à sa place par tous les moyens efficaces? Force est de remarquer, qu’à moins d’être stoppés par la force, les dominateurs nécessairement violents, ne cessent jamais leur forfait, et les laisser faire, ne fait que les encourager, dans leur délire de puissance, à opprimer encore et encore les autres pour assouvir leur infrahumanité, leur bas instinct de pouvoir.

 

Les Taïnos d'Haïti et les Palestiniens des territoires occupés…

 

Avant même de survoler les deux cas évoqués dans cet intertitre, ma question est celle-ci: avec la canaille criminelle qui poursuit de paisibles gens, la violence défensive n’est-elle pas obligatoire dans certaines conditions? L'histoire de la disparition des taïnos d'Haïti et le cas des palestiniens contemporains que je vous propose ci-après, constituent deux puissantes illustrations du dilemme du choix de la violence comme mode de défense et de survie.

                      

Le cas des taïnos haïtiens


En 1492, ce voyou criminel que fut Christophe Colomb, fit la conquête de l’ouest de l’écoumène, conquête célébrée par les occidentaux comme découverte de l’Amérique. Découverte dont le concept même est un ethnocide eurocentriste, en tant qu’il nie la conscience de ceux qui vivaient sur les territoires et qui avaient exploré, peuplé des siècles voire des millénaires déjà avant les européens, la terre ultérieurement dénommée Amérique.

Bien entendu, cela n’est pas mon propos du jour. Pour revenir donc à l’Histoire colombienne d’Haïti, en 1492, il y avait des centaines de milliers de taïnos. En 1503, il n’en restait que quelques centaines. Les taïnos, trop pacifiques, trop non violents, furent tous détruits par les armes de l’envahisseur, par l’esclavagisation, par les sévices des barbares espagnols conduits par l’immonde italien dont le nom résonne encore comme une infamie, une excrétion exécrable du crime génocidaire, à mon entendement d’Homme.

 

Le cas palestinien

 

Les dernières manigances de Netanyahu autorisant - avec la complaisance des capitales occidentales si promptes à utiliser, en d’autres circonstances, l’aviation de l’Otan au nom des droits de l’homme pour contraindre les "dictateurs ennemis de l'humanité" à accepter les droits inaliénables des peuples - une nouvelle colonie en Cisjordanie annoncée aujourd'hui, suivant celle de Jérusalem-est, d'il y a quelques jours; ce, après avoir adopté unilatéralement toute une panoplie de sanctions économiques scélérates et agressantes, contre le statut d’État observateur onusien accordé à la Palestine par le vote de l’écrasante majorité des pays membres. Une situation qui nous montre l’abomination de la politique internationale des puissances mondiales, seules capables de contraindre Israël à quitter ses actes crapuleux d'agression. Malheureusement la politique internationale des grands États,  est fondée sur le racisme et les intérêts particuliers d’oligarchies et lobbies sionistes au pouvoir en Occident. Nous sommes au cœur d’une occupation négatrice de tous les droits palestiniens depuis soixante-dix ans de violence aveugle contre le peuple palestinien, nié par l’idéologie sioniste qui prend en otage l’État d’Israël en éclipsant les israéliens pacifiques, pour mieux berner les masses manipulables du pays afin d’assouvir leurs bas instincts de crimes et de massacres. Ainsi, le hamas et tout autre individu ou mouvement armé comme jadis celui d’Arafat, qui se lèvent ponctuellement pour faire entendre par les armes, la voix du peuple palestinien maintenu sous occupation, ne peuvent être contestés tant que la violence de fait de l’occupation et des colonies sionistes, se poursuivra dans les territoires palestiniens. Les intifadas, les actes militaires du hamas ne sont, hélas, que violence juste et responsive d’un peuple maltraité et ignoré qui exige d’être respecté et reconnu! L’occupant est le criminel. Nul humain, nul peuple ne saurait, dans des conditions pires qu’infrahumaines comme le traitement ignominieux qu’inflige quotidiennement aux individus palestiniens, ne pas se révolter et contre-attaquer selon ses moyens! L’occupant sioniste opérant par frappes militaires du tsahal selon l'argutie de l'autodéfense ressassée par certains chefs larbins de l'occident, doit être dénoncé comme l'artisan de la violence dans le conflit israélo-palestinien, et contraint à cesser ses horreurs par tous les États partisans véritables des droits de l'homme et de la fin de la violence. 

 

La conscience étasunienne et planétaire endolorie, révoltée contre la démence meurtrière de l'immonde et combien violent charognard fusilleur, tueur d’enfants de l’école primaire du Connecticut, doit en profiter pour crier haro sur le sort de tous les milliers d’enfants palestiniens systématiquement sacrifiés par la pauvreté, la guerre, les abominations de l’ordre sioniste. La presse de même que l’opinion publique étasunienne et mondiale doivent aussi cibler les meurtres sionistes perpétrés contre de nombreux enfants palestiniens déchiquetés par les balles et bombes sionistes, pour forcer Israël à extirper le nerf de cette guerre, ce terrorisme d'État qu’est son occupation illégale des territoires palestiniens. Deux États dont aucun ne viole les droits de l’autre, constituant la seule condition à l’avènement de la paix, les occidentaux qui s’érigent eux-mêmes comme communauté internationale gardienne de la justice planétaire, doivent par congruence avec leur statut d’intervenants contre les crimes d’État et les massacres de peuples, imposer à Israël le retrait de tous ses colons et militaires pour que naisse en bonne et due forme, l’État palestinien et que cessent les massacres et maltraitances, entre autres d’enfants, pris au feu de la massacreuse agressivité sioniste.           


 

Ethniciser le crime par la médiatisation laudative ou péjorative selon les criminels; idéologiser la mort, le meurtre ou quelque violence exterminatrice selon la « race » des victimes, est l'une des dernières déchéances de flagornerie crapuleuse d’une certaine presse alignée… Pour le reste, nous devons affirmer que quiconque hiérarchise le droit à la vie d’autrui par la condition matérielle ou par l’ethnicité, est un criminel contre l'humanité d'une nauséabonde horreur infrahumaine.

 

La violence étant de fait dès qu’une entité individuelle ou étatique brise les droits d’une autre, il est simplement incohérent et indécent de parler de violence de la part de l’agressé en l'accusant, tant que dure la situation d’agression, tant que l’agresseur n’abandonne son inadmissible infamie criminelle… Car il n'y a pas d'agresseurs modérés ni de bons colons. Quand un agresseur crie à son droit de défense, ce n'est que surcroît de manipulation pour renforcer son crime!

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

 

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Tag(s) : #Monde du Concept
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