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Par Camille Loty Malebranche

 

 (Contre-culture et Imposture d’une rébellion factice)

 


 

 

Quand la révolte sociale n’est ni proposition idéelle ni conscientisation de masse ni concertation pour une stratégie de changement du mode de vie politique, socioéconomique et du système étatique qui l’impose, et que les révoltés se réduisent à la gesticulation du look, c’est la révolte elle-même qu’il faut pourfendre comme contreproductive, complice grimaçante de l’ordre, dérogation à lethos finalitaire de la révolte.

 

Avec la contre-culture réduisant l'idéal de la révolution sociale au look anticonformiste, nous sommes plus que jamais dans l’inversion du sens de la révolte. Inversion qui n'est que signe de la déroute du sens en général dans une société sans axiologie aucune! Le jeune qui joue les barbares par le look, sans recul ni action face au courant socioéconomique, mais se rase le crâne ou au contraire, porte des cheveux abondants et fait le pitre pour se croire et se faire croire révolté, voire révolutionnaire; la jeune femme mignarde, pétrie des diktats mornes et conventionnels de la consommation, se donnant au béjaune à l'air méchant et brute pour se convaincre elle-même d’anticonformisme et d'anarchisme, participent de cette révolte factice et de mode. Le simulacre et l'aliénation font un ménage d’enfer dans la révolte gesticulante pour la plus grande satisfaction du système qui sait qu’il n’a rien à craindre de ces hurluberlus!

 

Répéter des gestes vidés de leur substance, est de la singerie, du postiche que des demeurés se paient à eux-mêmes comme rançon existentielle de leur vide effarant, l’insipidité d’un monde au mental arrondi, bouclé par l’inessentialité de ses principes et de sa marche.

 

 

L’esthétique hideuse et stupide de la révolte factice court les rues. Entre  le pantalon au bas du cul du jeune mâle grivois et le piercing sur la langue de la péronnelle au string léger qui se laisse deviner, en passant par le béjaune escogriffe au crâne rasé ou en dread, le couple effigie de la révolte ostensible contre les normes, révolte somme toute patraque, incarne l’imposture de la ridiculité. Une grimace baroque qui s’ajoute à la grimace classique collective d’une société de gesticulateurs aux manières fausses! Maniérisme vilain qui va du très conformiste fonctionnaire ordinaire aux révoltés vains du look et des gestes prétendument anticonformistes.

 

Vanité d’une démarche pour pimenter l’existence d’une génération errant dans le même, simulant la différence et le refus pour se faire l’illusion d’être rebelle tout en vivant la standardisation tyrannique de l’ordre social. Une manière pseudo-résistante de supporter le blême et livide conformisme sans le paraître.  

 

Entre les tenues « révolutionnaires » griffées pour les jeunes anticonformistes, révoltés du look, la consommation des prescrits intellos sur des auteurs ressassés pour leur nihilisme, leur anarchisme révolutionnaire, leur ontologie athéiste, Nietzsche, Bakounine sous le regard approbateur de la tête du Che ou de Malcolm X accrochée aux murs, l’assouvissement de la facticité la plus crasse se cache derrière une surenchère de simulacres, signe de la vacuité et de l’insignifiance de toute une société sans humanité, valétudinaire dans son automation et ses simulations à foison!

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

Tag(s) : #Monde du Concept
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