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Par Camille Loty Malebranche

 

La révolte est préhumaine car même un animal effarouché s’énerve, s’insurge et attaque son bourreau. Seule la révolution qui prend le relais d’une vraie et juste révolte réfléchie contre l’injustice en renversant l’ordre injuste pour le remplacer par ce qui est digne de l'humain, manifeste l’humanité

 

Il est franchement triste et apitoyant de constater dans nos sociétés du nord à quel point le capitalisme vorace des voleurs du crédit et du grand commerce, est devenu comme le réflexe déterminant la masse des larbins de l’ordre de consommation. C’est désespérant la misère des quidams dont la diarrhée cérébrale se croyant intelligente, excrète l’inénarrable sottise combien grotesque d’un individualisme qui se veut pensant, lors même où tous les gestes de ces individualistes sont introduits, programmés et orchestrés par l'ordre de la consommation. Leur mental liquéfié, putréfié par l’idéologie du marché, les voilà roturiers aristocrates, petits-bourgeois parvenus emblématisant l'ouverture sociale, anarchistes de centre et de droite, socialistes fascistes, capitalistes de gauche, proclamateurs extrême-droitiers de la démocratie et de la liberté d’expression, radoteurs affairistes d’enquêtes des médias de l’establishment commercial ou gouvernemental. Les séries télévisées mettent en scène les horreurs des banques pour banaliser leur crime par la fiction où, dans le dialogue les perconnages trouvent du bon dans l'ordre économique de monopolisation des richesses du monde par quelques-uns. Et le pire, les populaces spectatrices, en rient idiotement. Tous les gueulards paradoxaux autorisés, font mine de critiquer mollement le statu quo, pour mieux défendre la légitimité des grandes compagnies et fortunes multimilliardaires du capitalisme putride actuel, en maudissant les contrevenants aux lois établies de la finance et du crédit parce que violateurs du droit souverain de propriété. Car il s'agit à tout prix de justifier moralement la saisie des biens d’un endetté mauvais payeur par le banquier malgré les déboires économiques imputables aux banques et tractations financières boursières des grosses fortunes. Pour eux, de toute façon, c’est une chance que d’être nés ou de vivre en Occident où les choses sont possibles, où la tolérance de l’État et l’ouverture de la société rendent accessible l’intégration qu’ils confondent volontairement avec l’assimilation, cette véritable intussusception systémique infligée par leur mode de nivèlement des individus standardisés dans la société de consommation et du mensonge. Ils tolèrent la révolte des verbale des intellos qui - au bout du compte - ne sont point contre le système et même soupçonnent toujours les ennemis de l’ordre socioéconomique établi de crimes d’État potentiel, de totalitarisme, de stalinisme meurtrier parce que contre la belle liberté de la société telle qu’elle est. Irruption d’un culte sociocentriste, que cette sociodicée qui consiste à déifier le mode social justifié dans toutes ses abominations et aberrations !

 

Le marginalisé est coupable, le révolutionnaire, obsolète, seule la révolte sans lendemain, vite résorbée et raisonnée par l’ordre en cours, a droit de cité. Ainsi, des choses sonores anthropomorphes, de partout, émettent des sons en croyant prendre la parole, évoquant leur liberté, se disant anarchistes, individualistes pendant qu’en même temps, ils font tout à travers une phraséologie tronquée lacunaire pour justifier l’ordre ploutocratique sans autres lois que celle des magnats de la finance et du crédit, qui n’est même pas du capitalisme mais de la néoféodalité pernicieuse masquée de technologie et de gadgets, du chantage des droits de l’homme qui donne à l’individu de la Modernité, l’illusion d’être plus digne que le serf médiéval.

 

La prégnance d’une rumination idéologique claironne la démocratie comme alibi à toutes fins utiles à la fois en tant que cheminant et aboutissant de la domination du monde par le droit voire le devoir d’ingérence et d’intervention militaire dans les pays non démocratiques. Ceux qui lardent le peuples, ceux qui réifient les travailleurs toujours précarisés par leur contrat de travail, sont les suzerains occidentaux, seigneurs néoféodaux du grand capital qui désignent les politiciens vassaux au pouvoir pour les servir tant chez eux que dans les pays rebelles à soumettre par la guerre et des hécatombes ponctuelles, au nom des « droits de l’homme » en floraison dans la civilisation des gens de bien qui, d’ailleurs, ne peuplent que le bel Occident et ses satellites.

 

Voilà pourquoi nous croyons que le temps actuel ne saurait être le moindrement humain sans une désobéissance civile révolutionnaire planétaire des opprimés paupérisés dans un monde d’abondance qui planifie artificiellement la misère des majorités et se moque de tout principe de justice en conspuant méprisamment ses victimes, les blâmant par la plus immonde des sociodicées. Un combat que l’occident doit d’abord mener chez lui contre ses démons d’arrogance prédatrice et exterminatrice des peuples du monde. Il s’agit de distinguer occidentalité et occidentalisme, discerner entre identité partageante et agressivité écrasante. Car entre l’ipséité de l’identité et la rencontre de l’altérité, faut-il que l’occident contemporain, à l’heure des migrations, sache apaiser la friction des différences qu’il a historiquement sauvagement soumises pour en faire des sacrifiés de sa primauté, les marchepieds de son statut de nord économique.

 

Un regard diachronique pour saisir le statu quo politique, économique, social et écologique, devrait nous guider vers le rejet du mode de production et de consommation, l’exigence morale d’ouverture du Nord économique et des occidentaux qui le peuplent aux alterhumanités malgré elles agressées, sacrifiées et ont été mises à contribution par toutes sortes de crimes et d’abominations barbares de la civilisation occidentale dans l’enrichissement matériel et global de l’occident. Mais l’émanation toxique et empoisonnée de l’idéologie de croissance exponentielle et d’exclusion de ceux que l’occident a pillés en se justifiant par la thèse sinistre du racisme qui consiste à agir comme criminel et moins que rien - tout en s’érigeant juge et moraliste par la force et la propagande - pue encore l’ethnocentrisme et/ou le sociocentrisme (ces haines de l'autre diversement manifestés) par les leçons soi disant morales ou humaines déblatérant dans les arguties de l’occidentalisme (occident idéologique et politique) qui continue avidement, abjectement de piller, de tuer et d’ostraciser tout en dénigrant et couvrant l’autre d’avanies.

 

L’occident doit assumer sa culpabilité, son indignité vu sa responsabilité de la plupart des déchéances actuelles du monde où il a imposé ses insanités d’économisme et de racisme exterminateur tout en se laissant croire digne et humain sans manifester la moindre élévation humaine dans ses relations avec autrui.

 

Une autre manoeuvre du pouvoir mondial, c'est l'exutoire manipulateur de ces sommets internationaux tape-à-l’œil sur le réchauffement du climat, pour donner une impression d’humanité, de souci du bien planétaire ! Car simuler ne trompe plus personne, et la transparence de paille quand les intervenants politiques : présidents, premiers ministres et ministres aux sommets onusiens annuels sont serviles de leurs patrons bourgeois, n’est que singerie carnavalesque de gens qui se consultent souvent par téléphone sur le dos des nations qui les ont élus après leur présélection bourgeoise de parti, à la proue macabre de la tragédie de destruction de la Terre, de pollution de l’atmosphère, et d’altération du climat.

 

C’est donc faire cyniquement mine de bonne foi, pour les indolents et les ingénus croyant encore aux bobards de la presse, que ces larbins des ploutocrates, criminels autorisés qui n’ont que l’accumulation pour principe et valeur au mépris de la vie, se donnent en spectacle. Pour revenir au titre de cette réflexion, j’appelle lumpen démocratie (démocratie en haillons), ce déferlement de l’individualisme cloisonnant les membres de la société dans leur incommunication où chacun s’enferme dans son individualité comme dans une tour de béton pour mieux servir le système socioéconomique et politique tout en se croyant souverain dans son illusion de vie privée alors que toute ses informations personnelles sont classées dans les banques d’information de l’État. Ah ! Liberté imaginaire de l’individu soi disant individualiste, plutôt cloitré et fermé à son semblable mais soumis à la ploutocratie systémique pour laquelle il vit, se lève le matin, travaille au quotidien, dépense, s’endette pour consommer, subsister !!!

 

Dans une société hypercapitaliste, au matérialisme bourgeois monstrueux et mesquin, l’illusion de la démocratie est la weltanschauung collective d’une dérisoire liberté individuelle des mœurs pour oublier l’asservissement économique ploutocratique et l’imposture structurelle et politique qui l’impose.

 

La claustration moderne et les servitudes qui en découlent, est si ancrée et tellement entretenue par les individus eux-mêmes, que les tenants de l’ordre en cours n’ont qu’à l’encourager sous couvert de liberté et de démocratie, par les glaviots abondants des spécialistes alignés et la mascarade des faux débats désinformants pour régner et utiliser nos braves individualistes si libres dans leur repli sur soi !

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE 

Tag(s) : #Monde du Concept
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