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Par Camille Loty Malebranche

 

Démocratie et Gouvernance, une paire de concepts-alibis…

 

À vouloir essentialiser par réflexe ethno-sociocentriste ou par flagornerie, les vertus prétendues de quelques-uns pour conspuer ceux que l’on hait ou discrimine selon un besoin pathologique d’infériorisation et d’hégémonie, l’on finit par puer l’incohérence la plus inepte et l’inhumanité la plus bête.

 

À observer la désignation par les occidentaux du reste de la planète, passablement « mal gouvernée » et plus ou moins en panne de démocratie, occidentaux qui sont à la fois le centre culturo-civilisationnel, le nord économique et le sommet diplomatico-onusien, il faut que nous regardions de près ce que les concepts de gouvernance et de démocratie évoquent dans l’imaginaire et le réel des pays prôneurs jusqu’à l’interventionnisme militaire au nom de ces sortes de mantras politiques que sont la bonne gouvernance à établir et la démocratie à instaurer.

 

La bonne gouvernance pour les rois financiers de l’occident se veut à la fois une totale soumission des États aux diktats des financiers et institutions financières de l’occident comme la banque mondiale, le Fmi, cela passe le plus souvent par l’application du sinistre Pas (plan d’ajustement structurel) consistant à privatiser tous les services essentiels sociaux et nationaux détenus par l’État rendu simple spectateur des choix de ces institutions capitales pour la société, et qui - malgré les bonnes notes de croissance économique - n’enrayent nullement la pauvreté en pays périphériques, aggravent la fragilité et la précarité du sort des peuples qui peuvent, pour un oui ou un non, se voir privés de tous ces services si jamais un conflit éclate entre l’État et les bailleurs de fonds investisseurs dans ces services ou tout simplement, si les propriétaires anonymes choisissent d’aller investir ailleurs où c’est plus rentable.

 

Quant à la démocratie, nous le savons déjà, elle se borne à des élections cycliques liées à des partis totalement inféodés par les grandes puissances qui les financent via toutes sortes d’institutions gouvernementales ou des Ong, même si l’insécurité alimentaire et sanitaire, les pires avec leurs millions de morts annuels, la paupérisation des agriculteurs, ajoutées au banditisme urbain et à l’insécurité proprement dite, sévissent dans l’infernale prison urbaine et suburbaine des populations paupérisées et entassées dans les taudis et bidonvilles des mégapoles cachant la laideur par le béton ironique et hypocrite des buildings de centres-ville commerciaux et de bureaux officiels.

 

Presque partout - au Nord comme au Sud - nous avons le plus souvent, dans nos joutes électorales, toutes sortes d’engueulades partisanes réciproques, de bêtises politicailleuses pour la galerie médiatique, à travers une logomachie qui ne comporte aucune véritable idéomachie (vrai choc des idées) sur lessence systémique qui favorise quelques-uns et leurs cooptés contre tous. Inconsistance, verbalisme imbécilisant sont devenus l’effigie de certains partis politiques au nom du jeu démocratique!

 

Dans un occident où par leur désastreuse gouvernance les kleptocrates gouvernementaux et financiers (bancaires et autres) ont provoqué une crise que le pouvoir dictatorial des politiciens a amorcé en pillant les réserves du peuple pour renflouer et enrichir encore plus les fautifs banquiers lanceurs exponentiels de crédit, réduisant tous les services auxquels l’État est préposé, il est impudent et crapuleusement indécent que l’on ose aller faire arrogamment et agressivement la leçon de bonne gouvernance ailleurs par sociocentrisme grivois et prédateur. La démocratie occidentale, quant à elle, qui s’accommode des crimes de ses alliés et salit tous ceux qui ne lui sont guère acquis, est en soi une insulte à l’intelligence des États, des peuples et nations. Car l’Arabie saoudite wahhabite et les colons sionistes de Palestine y figurent comme fréquentables alors que Cuba et le Venezuela y sont des dictatures haïssables.

 

La démocratie et la bonne gouvernance font partie de ces vocables idéologiques impérialistes voire directement colonialistes construits en concepts-alibis pour légitimer l’hégémonie telle que s’en paient si souvent les colons et interventionnistes faiseurs d’empire.

 

Concepts-alibis des néo-esclavagistes que tous les peuples et leurs représentants onusiens doivent expédier aux cloaques de l’économisme ordurier et de sa financiarisation de tout, pour reprendre le contrôle d’eux-mêmes envers et contre les ignobles hégémonistes exterminateurs des droits des peuples à vivre dignes et respectés chez eux dans l’équité tant nationale qu’internationale.

 

Nous sommes encore et encore en présence de la tentation diabolique du plus fort réifiant le plus faible. L’attitude occidentale, mélange d’arrogance et d’ingérence, indécence d’interventionniste grossier vis-à-vis des pays périphériques les plus paupérisés, posture de lèche-bottes infrahumains face aux forts, nous rappelle que l’instinct bestial de certains individus ou establishments de se croire grandis en écrasant les pacifiques et les désarmés, ne cesse de faire de la terre un cloaque de l’inhumanité, une vaste déchetterie où plusieurs ne sont que des rejets anthropomorphes se gargarisant éhontés d’une humanité qu’ils ne cessent d’égruger et de démentir au fil de leurs immondes mufleries, leur platitude arrogante.

 

Les peuples ont à se penser eux-mêmes sans se soucier des fausses définitions que leur appliquent et imposent des institutions hégémoniques de l’occident sous prétexte de démocratie et de civilisation. Les peuples doivent se repenser sciemment et souverainement dans le même ou la différence selon leurs intérêts propres ou ce sera purement et simplement leur asservissement, leur disparition par les interventionnistes.

 

Les amis des peuples et militants de la libération doivent plus que jamais penser la nouvelle action contre les charognards de la dévoration politique qui n'ont  même plus la hauteur des prédateurs mais se contentent de transformer l'État en dépouilles dont ils se nourrissent aux dépens des peuples! L'exclusion de la pensée rationnelle et téléologique en politique ne fait que consacrer la destruction du sens collectif du vivre-ensemble orchestrée par certaines élites qui, derrière les partis, font la politique à la place des nations, une politique devenue poubelle de la pègre des partis sans idées ni orientation que leur alignement aux oligarchies finançant les politicards pour légitimer un ordre de tous les maux.

 

Penser personnellement ou collectivement, c’est se repenser dans l’ipséité ou l’altérité; c’est se maintenir ou se changer en pleine conscience de projection méliorative de soi.  Les peuples doivent se penser et se repenser en refondant le sens de leur vie collective loin de la déchéance en refusant l’aliénation programmée de leur destin par quelques-uns...  

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

Copyright © CAMILLE LOTY MALEBRANCHE - Blog INTELLECTION -  2016

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Tag(s) : #Monde du Concept
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