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L'Équateur accorde l'asile politique à Assange, Londres s'y oppose
Le fondateur du site WikiLeaks, Julian Assange, à sa sortie de la Haute Cour de justice de Londres le 5 décembre 2011. Le fondateur du site WikiLeaks, Julian Assange, à sa sortie de la Haute Cour de justice de Londres le 5 décembre 2011.  Photo :  AFP/GEOFF CADDICK

L'Équateur accorde l'asile politique au fondateur de Wikileaks, Julian Assange, réfugié depuis deux mois dans son ambassade à Londres. Cette décision ayant été aussitôt rejetée par la Grande-Bretagne, une impasse diplomatique se dessine entre les deux pays.

Quito a accepté la demande d'asile de Julian Assange, considérant qu'il « n'aurait pas droit à un procès équitable » en cas d'extradition aux États-Unis, a indiqué le ministre équatorien des Affaires étrangères Ricardo Patiño lors d'un point de presse.

L'Équateur a estimé que si l'Australien de 41 ans « était placé en détention préventive en Suède, se produirait une chaîne d'événements qui ne pourraient éviter son extradition » dans un pays tiers comme les États-Unis, a ajouté le ministre. Selon lui, une fois en sol américain, M. Assange « pourrait être jugé par des tribunaux spéciaux ou militaires et il n'est pas improbable qu'un traitement cruel et dégradant lui soit réservé et qu'il soit condamné à la peine capitale ».

M. Patiño a aussi rappelé qu'à l'issue de près de deux mois de « dialogue au plus haut niveau » avec Washington, Londres et Stockholm, son pays avait recueilli de « sérieux indices » de potentielles « représailles » contre M. Assange, « qui peuvent mettre son intégrité, sa sécurité, et même sa vie en danger ».

L'Équateur « fait confiance au Royaume-Uni pour fournir le plus tôt possible les garanties et le sauf-conduit nécessaires et adaptés à cette situation », a poursuivi le ministre.

Rejet catégorique de Londres

Le gouvernement britannique a aussitôt réagi, estimant que cette décision de l'Équateur « ne change rien ». « Nous sommes déçus », peut-on lire dans un communiqué du Bureau des affaires étrangères et du Commonwealth. « Mais, conformément à notre législation, M. Assange ayant épuisé toutes ses possibilités d'appel, les autorités britanniques sont dans l'obligation de l'extrader vers la Suède. [...] La décision du gouvernement équatorien ne change rien à cela », poursuit le texte.

Julian Assange a trouvé refuge à l'ambassade équatorienne le 19 juin pour éviter son extradition en Suède. Il est réclamé par les autorités suédoises après avoir été accusé d'inconduite sexuelle par deux femmes lors de sa visite dans ce pays en 2010. Il a toujours nié les allégations portées contre lui, mais a depuis épuisé tous les recours juridiques pour échapper à son extradition.

En août 2010, le fondateur de Wikileaks avait déclaré que les accusations portées contre lui ne visaient qu'à le réduire au silence, laissant entendre qu'il était victime d'une machination orchestrée par le Pentagone. Il craint d'être extradé de la Suède aux États-Unis et d'y être condamné à la peine capitale pour espionnage après la divulgation par son site de 250 000 télégrammes diplomatiques américains.

Le gouvernement équatorien a soutenu mercredi que les autorités britanniques avaient menacé d'entrer de force dans l'ambassade d'Équateur à Londres si Julian Assange n'était pas remis aux forces de l'ordre.

« Nous avons reçu du Royaume-Uni la menace expresse et par écrit qu'un assaut pourrait être lancé contre notre ambassade à Londres si l'Équateur ne lui remet pas Julian Assange », a indiqué le ministre Patiño, rejetant du même coup « de la manière la plus énergique » cette « menace explicite » britannique. « Une entrée non autorisée dans l'ambassade d'Équateur serait une violation flagrante de la Convention de Vienne », a-t-il ajouté.

Tag(s) : #Actualité
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