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Par Camille Loty Malebranche

 

La dysutopie est au premier abord, la sphère de ce que j’appelle l’"anticréation" des apprentis sorciers, je dis anticréation parce qu’il s’agit de démesure démente sous-tendue par une démiurgie factice, tératogène en ses créés, un peu comme le monstre de Frankenstein, comme les actuelles visées du transhumanisme! la dysutopie évoque dans ce cas, un type chimérique de création projeté situé hors du ressort de la nature humaine, étranger au pouvoir de la créativité humaine, création qui naboutira quà la déshumanisation extrême de lhomme!

 

La dysutopie, en dehors de son aspect d’utopies fantasques, insensées telles que nous venons de l’envisager, est aussi et surtout le profil d’une posture humaine sociale voire espécielle inapte qui empêche, rend impossible l’entéléchie de rêves bien atteignables mais malencontreusement entravés par les vices de construction du monde sévissant dans l’imaginaire et empoignant l’action humaine et sociale.

 

La dysutopie, c’est aussi cette sorte de dissipation des idées justes, jamais appliquées parce qu’ostracisées dans le faire social, alors que parfois les chartes les désignent comme boussole du bien vivre à toute société humaine digne! Une espèce de dysfonctionnement idéel qui enclenche l’ensauvagement (la sauvagerie n’étant pas idéologique mais naturelle animale) voire la barbarie quand il est idéologisé et s’érige culturel dans la weltanschauung dominante.

 

Dysutopie, champ de l’idéal dénaturé, dégénéré...

 

La dystopie, connotativement, à tout le moins, renvoie à la fiction littéraire d’une tératogénie sociale attrayante, une monstruosité débilitante qui dévore le bien-être collectif sans en avoir l’air, par l’illusion instillée au mental des hommes. C’est un type de fiction dont le roman « 1984 » d’Orwell constitue, comme le remarquent des critiques, le prototype par sa description "d’une répression si déguisée en démocratie par les loisirs et la consommation, qu’elle en devient plaisante pour ses victimes inconscientes qui n’ont guère envie de s’en libérer". À la différence de dystopie décrite dans la fiction littéraire, la dysutopie, telle que je la vois, réfère à la déroute et à l’effacement des possibles de l’humanité par la puissance négatrice et néfaste des forces du mauvais qui figent, galvaudent les grands idéaux humains et sociaux permanents, en les éclipsant pernicieusement par des stratagèmes finauds et subterfuges abortifs. Ainsi, un idéal courant comme l’égalité en droit de tous les hommes, par exemple, est interdit d’accomplissement par la privation des conditions permettant la concrète jouissance effective des desdits droits. Les forces macabres des structures empêchent dans le cours effectif des choses, les droits à un seuil de bien-être vital de se factualiser ou de se développer au profit de l’humanité, quand on sait, par exemple, qu’en plein Los Angeles, cette ville-sérail des fortunes les plus faramineuses des milliardaires, il y a une multitude d’individus miséreux privés d’un logement où vivre et mangeant dans les poubelles! La véritable équité de la justice sociale, par exemple, fait figure de dysutopie permanente dans un monde où l’égoïsme de classe et d’État bafoue le droit des classes défavorisées au plus moindre niveau de vie digne et de liberté effective à l’intérieur des sociétés et au plan international où à peu près les mêmes establishments oligarchiques très puissants, associés entre eux à travers une classe prédatrice mondiale, détruisent tous les possibles des masses de par le monde.

 

Un monde qui sabre l’élan de la vraie vie, scalpe l’ascension au véritable, substitue ses postiches de sens, ses abîmes d’absurdités à tout ce qui est profond et humain, est nécessairement fomenteur de dysutopies puisqu’il fait de tout rêve atteignable, voire du nécessaire et du plus primaire des besoins qui est de vivre dans la dignité, une sorte de chimère exclue de toute possibilité entéléchique! La dignité de tous est en soi un non monde, une évanescence, une vacuité, par des forces diaboliquement dysutopiques d’ostracisme social ne lui laissant même pas un infime espace, la plus petite place, quelque restreinte soit-elle, un minime domaine même très exigu à sa factualité.

 

La dysutopie métaphysique...

 

La pire dysutopie qui soit, car négation du rêve même d’être en conquête de son accomplissement plénier spirituel et social chez l’homme contemporain, c’est cette veulerie nihiliste de se laisser façonner par la bassesse facile de l’immédiat extrinsèque plat, sans idéal pour son être à construire! La dysutopie donc métaphysique de la renonciation aux valeurs fondamentales de dépassement du nihilisme facile et défaitiste par capitulation au misérabilisme qui abdique au lieu du courage d’exiger l’ascension du soi vers la grandeur dont cette espèce porte pourtant en elle, l’intuition exaltante et la vocation forte, évidente.

La dysutopie, au stade social, n’est pas juste une utopie tournée en son contraire mais la condition d’une société si dissociée des valeurs propres ou universelles exprimées, qu’elle en devient abysse du vide dans le factuel de la vie collective. Et, comme l’utopie ne s’accomplit que par la création étant à l’inverse du rêve qui n’est que conquête - car comme je le dis ailleurs l’utopie est strictement ce qui n’existe pas encore dans le monde en tant qu’étant conçu comme suprême mélioratif à créer - nous appelons dysutopie tout ce qui contrarie la conquête du rêve, l’idéal rêvé et frustre ainsi l’humanité de la pleine jouissance de ces biens immatériels. Car la vraie vie, la grandeur ontologique de l’esprit sont en nous et doivent être conquises par la conscience d’auto-accomplissement tel l’appel à la rédemption que fait le Christ à l’humanité. Remarquez ici que l’idéal n’est jamais que du domaine du rêve, un rêve avec sa propension de conquête de ce qui est éminemment souhaitable, telle la justice, la fidélité, l’amour, la rédemption...  

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE      

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Tag(s) : #Monde du Concept
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