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Par Camille Loty Malebranche

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L’excès peut-être défini comme l’Hubris altérant le juste et le sensé soit par intempérance, soit par ignorance, soit par arrogance, au point de devenir toxique dans ses effets dénaturant la juste assumation de l’action relative à un principe pouvant être une idée ou un mode de penser dans leur mise en acte par un agent individuel ou un intervenant institutionnel. Par exemple, dans l’histoire, les idées de supériorité de classe et de prépondérance nationale ont souvent dérivé en idéologies sociales et politiques excessives comme le capitalisme et l’impérialisme, par l’agir de l’intervenant institutionnel qu’est l’État. l’État.. L’excès est aux racines de multiples dénis du sens, au terreau d’innombrables illogismes car il aveugle l’esprit pour exalter la pulsion ou l’assouvissement des instincts délétères par volonté de piétiner le juste principe pourtant facilement observable. C’est pourquoi l’excessif est coupable dès le départ, à la souche même de son agir car ce n’est point un tenté au-dessus de ses forces mais un forcené excentrique qui veut se prouver un pouvoir. L’excessif est un délirant de puissance! 

De toute manière, l’excès est une rupture du sens vrai par violation des normes et absence négligente, donc coupable soit par veulerie ou par fatuité, de non sens et d’aberrations monstrueuses. L’abus, lui, est le résultat de l’excès manifesté dans le fonctionnement de l’agent de l’excès ou du patient qui le subit. L’excès est donc le vecteur de l’abus, cette hubris agressante, ce débordement néfaste par quoi l’abus advient.

L’excès est soit une forme de comportement aberrant par inaptitude d’un agent (individu ou groupe) à bien juger et mesurer l’impact abusif de tel acte particulier ou de telle modalité de l’action auquel il s’adonne, soit un délire d’arrogance, une attitude de monstre arbitraire de pouvoir, un réflexe d’extravagance schizoïde se permettant tout sans souci des conséquences. Par exemple, des excès dans le sport finissent par rendre malade, la maladie est un abus contre la santé de l’organisme, provenant de l’inaptitude à mesurer les limites saines, l’extravagance du sportif concerné, pris au piège de son extravagance, la démesure de sa praxis! Un excès parental dans la sévérité envers un enfant à élever, peut rendre celui-ci révolté et même brigand en son comportement, la révolte ou le brigandage est un abus, une déviance orchestrée chez l’enfant abusé par l’excès dans le pouvoir d’éduquer mal assumé par ses parents. De même, un excès de protection de l’enfant pourrait entraîner un abus sous forme de couardise ou de mignardise dudit enfant, rendu socialement faible et vulnérable! Cela, s’il advenait, prouverait que la démesure parentale qu’est la surprotection, constitue un excès haïssable risquant d’amollir le caractère de tout enfant surprotégé, alors que l’amollissement du caractère est l’abus qui en vient.

L’excès est toujours agent, un agent infâme, tandis que l’abus est passablement un patient, étant le résultat fâcheux d’avachissement voire de dénaturation qui en vient. C’est pourquoi lorsque l’on évoque l’expression « abus de pouvoir », il faut avoir à l’esprit que c’est une sorte de métonymie ou synecdoque qui prend la cause pour l’effet, transpose la conséquence de l’action sur l’action elle-même. De fait, ce n’est pas l’exercice du pouvoir qui est l’abus, non, l’exercice du pouvoir par un despote est contexte de multiples excès, c’est la démesure du dominateur extrême qui se croit tout permis. L’abus, lui, est le mal qui en sort, la condition des opprimés par les excès du tyran dans l’exercice du pouvoir, les misères des égrugés sous la férule de l’excessif qui dirige. L’abus, c’est l’ensemble des souffrances du gouverné écrasé sous l’excès du gouvernant dans sa gouvernance insensible aux conséquences desdits excès, car excentrique infâme d’inhumanité envers les gouvernés. L’abusé est un patient victime des débordements de l’excessif en action.

L’excès est une action voire une praxis au principe des abus qui affectent des individus ou des institutions frappés par le protagoniste dudit excès.

L’abus, c’est la retombée sordide, la condition pénible qui émane de l’excès comme manière maléfique, méfait agressant infligé à un humain, un animal, un objet, une structure, fût-elle l’État; ce qui fait que l’abus peut être identifié, reconnu et désigné comme le signe objectif d’un excès dans la sémiologie qui étudie le caractère excessif ou non d’une action, d’une praxis de pouvoir…

Quand c’est l’homme qui subit l’excès de son semblable, c’est toujours un préjudice qui peut aller du tort jusqu’au crime comme abus dérivant de l’excès commis par un agissant sans aucun sens de la mesure. Par exemple, un mari alcoolique, par cet excès qu’est l’alcoolisme où il ne maîtrise pas son penchant morbide pour le verre, provoque beaucoup d’abus à sa famille qu’il fait victime de son comportement intempérant, excessif; tout comme une femme prodigue peut, dans son excès de dépense, faire abus à son mari et sa famille qu’elle ruine!

Tout bien conçu et appliqué aveuglément sans nuance est déjà excès qui risque de dériver en abus par le mal et la souffrance, car dévié de ce qui constitue son sens. L’excès est donc la corruption de l’essence par le déséquilibre de celle-ci. Toute loi ou morale non objectivement vérifiable en son bien fondé pour l’élévation globale de l’homme est excès, car il s’agit d’autoritarisme, excès dans la manifestation de l’autorité par un détenteur de pouvoir; terreau d’un arbitraire affectant comme abus, c'est-à-dire souffrance et préjudice, quiconque subissant cette loi ou cette morale.

Dans le bien, les bonnes précellentes choses de la condition humaine, je vois les dimensions spirituelle, intellectuelle et morale, ces impondérables de l’être humain, l’excès et son abus tiennent de la factice interprétation du rôle de ces dimensions humaines et de leur assumation. L’excès en toute bonne chose, tend à entraîner cette chose - soit comme expression d’une vision soit comme praxis - à la nocivité. Nous parlons ainsi parce qu’il n’y a pas d’excès dans le mal, le mal, cette déroute et perdition de la conscience pensante et agissante, étant déjà en soi - entre autres définitions - un excès de l’action déviée du sens de l’intelligence et du bon sens censé animer l’homme agissant en tant qu’être de conscience et de jugement. Le mal est toujours cet excès déviant de la pensée-action, excès diaboliquement, maléfiquement prolifique en abus provoqués! L’excès se dévoile par ses effets toxiques où il sévit comme une dégénérescence, un mutant psychopathologique qui sourd des démesures mentales, cognitives, soit morales soit logiques. Bref, de l’inaptitude caractérielle du tempérament excessif à se fonder des balises, donc de la faiblesse intellectuelle face à la force pulsionnelle (toute pulsion non contrôlée et canalisée étant faiblesse) par un individu ou un groupe rendu servile dans son comportement en telle occurrence de jugement où il aurait fallu nuancer et transcender la situation factuelle pour juguler tout glissement au mauvais.

L’excès, nous le redisons, est d’ordre comportemental causal alors que l’abus en est l’affect causé, la condition des victimes en conséquence… L’abus est le film projeté à l’écran du factuel par le projecteur malsain que constitue la conscience déglinguée de l’excessif incapable de sobriété dans l’usage des choses!

Mais attention, nous avons tous nos petits penchants aux excès que nous devons constamment apprendre à réglementer, orienter par l’apprentissage de l’autocontrôle. Un travail à vie pour l’homme en ce monde de faiblesses charnelles et de limites conscientielles. Heureusement que pour toutes les grandes pulsions nous avons, grâce à Dieu, le pouvoir souverain de choisir les situations où nous nous adonnons à leur satisfaction. La pulsion peut - être forte, très forte, mais c’est toujours nous qui choisissons de les canaliser ou non et donc de nous mettre soit en faiblesse pour l’assouvir dans le mal ou au contraire en position de puissance et de pouvoir les convertissant, loin de toute contrenature et excès, ne permettant que les bonnes conditions dans les bons contextes où nous les vivons sainement, dûment converties selon le bien. Aucun monstre d’excès ne peut s’imposer à l’esprit qui ne se laisse pas aller. C’est donc la volonté spirituelle et mentale forte de contrôler et de convertir les pulsions pour le bien afin d’en jouir sans en être esclave qui est notre devoir, notre mission contre tout excès et les abus qui en proviennent. Là, une chute du combattant d’un tel bien ne doit jamais ni le décourager ni lui faire honte, car il faut s’armer de volonté et de patience pour affermir la volonté qui vainc. Le seul honteux et abject, c’est l’excessif qui abandonne le combat de la guérison ou se complaît dans l’abomination de ses méfaits malgré les afflictions mentales, morales, matérielles(...) infligées à autrui ou à lui-même.

    

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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