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Par Camille Loty Malebranche

 

 

L’action qui implique, à partir d’une activité humaine, une manifestation effective du sujet-objet qu’est l’homme, est dynamique; il s’agit dans ce cas, de la sphère des actes posés par une conscience volontaire où le Sujet humain se projette vers un objet qui est sien, ce qui fait de lui l’Objet ultime de sa volonté, son choix agissant, sa liberté décideuse mise en acte... Ailleurs, toute action non déterminatrice de résultats changeant ou à tout le moins influençant le cours des situations en leur circonstance où elle survient, quoique sortant du simple cadre de la fonctionnalité organique physiologique du sujet humain, n’est pas vraiment porteuse d’actes; c’est de l’activité passive.

 

L’action dynamique est, pour ainsi dire, de l’action vraie où l’homme est actif et provoque un nouveau dans le statu quo qu’il détermine, espace donc de l’entreprise humaine où le facteur humain pesant de tout son poids vraiment actif, constitue le champ du pouvoir que régente la pensée dans ses choix volontaires, envisagés, jugés dans les différentes variantes de leurs conséquences possibles. L’action dynamique est donc une sorte d’expression de l’homme et de la volonté humaine comme cause causante des fins visées par l’homme...

 

L’action souvent réduite à de simple activités, est, hélas, surtout passive en nos sociétés hyperformatées et subjuguées dans ce qu’il convient de nommer la cybernétique sociale et l’automation institutionnelle des comportements humains. L’action ainsi conditionnée se dénie et se dilue, n’étant pas ancrée dans une vision consciente et libre, mûrement projetée dans le contexte social où elle ne fait qu’être entraînée par une sensibilité sous influence, privant l’agissant d’une bonne part de son expression propre, autocentrée. Ce qui veut dire que l’action dynamique, celle qui est réflexivement façonnée et assumée, est une denrée rare dans le cadre d’un système où tout est comme préorchestré, enclenchant systématiquement les réponses individuelles et collectives comme des réflexes programmés aux grands stimuli discrets imprégnant l’homme d’affects, de représentation déterminant les passages à l’acte. L’homme de la société, à moins d’un traitement personnel, un auto-traitement de distanciation devant le flot conditionnant de l’institution sociale, n’est souvent, hélas, qu’un rouage réagissant aux commandes automatiques de l’ordre dominant en cours s’imposant comme la « normalité » courante, une pièce fonctionnelle dans la mécanique systémique. 

 

Ainsi, une activité préorchestrée comme dictée par la praxis ambiante, comporte une face dynamique et un cadre passif. Dynamique, elle demeure le choix de celui qui, par acceptation intellectuelle ou par réflexe de fonctionnement social, y répond.  

 

L’action dynamique est marque du stade de conscience atteint au moment de l’action, elle extériorise aussi les influences ponctuelles des occurrences qui déterminent un humain à se manifester comme sujet agissant, délaissant le confort de la passivité du laisser faire et du statu quo qui coule au fleuve du déjà là…

 

L’action dynamique est volonté et non juste désir car la volonté est immanente à l’être de l’homme alors que le désir est appel d’une situation à laquelle il est inhérent. L’action dynamique est consciente sans le départ de ses actes et anticipe leur portée, leur fin, elle est donc complice de la liberté de l’agissant. Une liberté qui, dans le feu de l’action, respecte les balises fondamentales de la justice que l’esprit reconnaît comme orientation dans sa voie, sans quoi, c’est le fourvoiement. Savoir faire des valeurs fondamentales spirituelles, intellectuelles et morales des balises de logique pour aboutir au bien comme impulsion et immanence au but à atteindre, voilà un support certain à la liberté, un socle du juste sens contre l’absurde, un sceptre contre l’attraction de la prédominance sociale qui peut affecter inconsciemment un agissant quelque libre soit-il.   

 

Faire l’effort de penser et d’agir quand tout semble nous appeler à l’inaction camouflée qu’est la routine est toujours un choix gratifiant quant aux acquis que cela rend possible.

 

Être le coryphée de notre harmonie existentielle selon la dynamique existentielle de l’esprit conscient de soi que nous devons être pour exécuter la partition juste et particulière de la nature humaine en notre ipséité, est un art de vivre à cultiver en permanence. La conscience de soi reste et demeure une faculté à entretenir en conditionnant spirituellement, intellectuellement, moralement nos attributs naturels de penser et d’action pour la conquête de notre être plénier!

 

S’octroyer le temps de distanciation du regard sur soi et de recul sur la société, la culture et tous les courants fortement idéologisés qui paraissent aller de soi dans la mécanique du quotidien civilisationnel, est un statut d’orientation du soi autocentrée que doit se donner l’esprit libre pour être libre dans sa liberté.     

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Tag(s) : #Monde du Concept
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