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Par Camille Loty Malebranche

 

 

Le flatteur exhale l’odeur méphitique du dénigrement comportemental de soi, il ne peut rien cultiver de grand quel que soit son talent effectif. Hélas, dans un monde où les esprits fiers et verticaux en leur fierté sont rarissimes et dénigrés par le lupanar systémique de la prostitution convenue, il est le temps des vilains au caractère plat, indignes de s’assumer humains de se répandre en essuie-pied devant le faux pouvoir du monde.

 

Vilenie existentielle et flatterie comportementale sont liées dès le départ et comme une telle posture d’indignité honteuse et de mésestime de soi ne se peut sans crânerie ni méchanceté comme compensation, le flatteur est-il le faire semblant arrogant hors du sérail de ses maîtres, bourreau de quiconque n’a pas les moyens de le traiter comme la chose qu’il est. De fait tout flatteur est un bourreau de ceux qui tombent sous son pouvoir. C’est pourquoi, j’aime toujours parler de bourreau-flatteur… Toutefois, aujourd’hui, nous aborderons surtout le profil hideux et minable du flatteur pris en soi.

 

La flatterie rend l’homme indigne et injuste, puisqu’elle honore même l’infamie du flatté et imprime au visage du flatteur tel un stigmate de l’abaissement d’un coprophage prêt à absorber toutes les saloperies de son dominateur encensé.

 

La flatterie est l’antichambre de toutes les prostitutions, c’est pourquoi le flatteur, zélateur grossier, cherchera toujours à prouver par les excès les plus immondes, combien il est acquis à la cause de son flatté. Le flatteur a beau avoir la même perception que toi sur un sujet, il suffira que son flatté soit là qu’il se dédise voire se mette à te diffamer en sa présence si l’opinion de son idolâtré est opposé à la perception que pourtant il partageait vivement avec toi. Dans un monde d’indignité, de soumission aux mortels plutôt qu’à Dieu, il est indéniable que la pourriture macabre des caractères, en cette ronde lugubre de déshumanisation réciproque que devient la société, nourrisse cette idolâtrie autoflagellatoire qu’est la flatterie des uns par les autres pour de pitoyables avantages périssables. Dans une telle occurrence, c’est dans les institutions hiérarchiques et de fonctionnaires que le flatteur manifeste jusqu’aux abysses du dégoût, son sinistre talent de moins que rien prêt à toutes les intrigues et tous les mauvais coups contre ses pairs pour avoir la faveur des supérieurs institutionnels et de tout décideur pouvant lui octroyer une promotion de rang pour propulser sa carrière.

 

Dans notre société de pouvoir et d’obsession de domination, les puissants se paient des flatteurs comme pour encenser leur être en mal de thuriféraires dans leur délire d’être idole. L’on comprend qu’en cette société valétudinaire de fous furieux en mal d’une grandeur dont ils se savent pertinemment dépourvus, la mégalomanie narcissique jusqu’à la tyrannie des dirigeants et des cossus, exige avant toute compétence de quiconque veut s’intégrer aux structures de reconnaissance de leur talent, ce qui fait figure de principe de réussite sociale : l’aptitude à flatter, la mentalité de paillasson toujours prêt à tout absorber en souriant et louant la gloire des puissants qui accueillent et font faveur.

 

Dans l’échange malsain du flatteur et du flatté, tous deux mentent et se mentent à eux-mêmes car l’homme digne et vertical renvoie tout flatteur et exige des relations de respect et d’estime où ni la flatterie ni l’insulte ni le dénigrement n’ont droit de cité et laissent place à la communication saine et limpide de bon sens et de vérité. Un flatté qui aime son statut est un enténébré qui ne peut avoir ni amis ni juste critique parce que porté à la cécité autolâtre, l’égolâtrie aveuglante de sa bouffissure déshumanisante.    

 

Absence de dignité envers soi et incapacité d’humanité envers autrui, la flatterie ne sait apprécier aucune valeur humaine en soi, sa seule propension est d’anticiper le profit le plus vil le plus mesquin qu’il pourra tirer en se faisant paillasson de l’autrui chez qui il a identifié un pouvoir dont il profitera. L’homme ne compte pas pour le flatteur mais uniquement la faveur à jouir par la flatterie de celui dont il espère tirer avantage. Et, par cris, par chuchotements, par papotage, par son zèle factice et par ses gestes vils, le flatteur pollue l’environnement humain, provoque gêne et répugnance à ceux qui cultivent la véritable stature humaine loin de ses manigances de fripouille infrahumaine.

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Tag(s) : #Monde du Concept
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