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Par Camille Loty Malebranche

 

D’où vient que certains soi disant chrétiens prêchent l’évangile avec un accent de dolorisme, alors que dans la Genèse Dieu crée un paradis pour l’homme avant de le créer afin qu’il en jouisse ! Dans la doctrine de multiples églises, il est un dolorisme, une théologie de masochisme mystique, un culte perfide, une métaphysique aberrante de la souffrance et de l’autoflagellation qui ose se référer au ministère du Christ, en oubliant toute la lutte du Messie aux multiples souffrances de toutes espèces de l'humanité! Un Messie mort pour noyer dans son propre sang tous les maux et la mort en annihilant toutes les forces négatives qui font souffrir. Le Sauveur qui allait partout pour soulager, guérir, pardonner, ressusciter voire empêcher la gêne des hommes comme aux noces de Cana, non, Jésus qui a fait de son ministère une guerre christique à tous les maux temporels et spirituels même des pires pécheurs repentants, ne saurait être incohérent pour vouloir en même temps que la vie de l'être humain soit un abîme de douleurs.

 

Le dolorisme n’est autre que de l’aberration d’une pseudo-mystique de la crucifixion qui serait dans le mental bête d’une certaine curie comme un gage de douleurs de l’humanité croyante, comme une théologie fantasque du mérite spirituel ! Le dolorisme métaphysique est une posture masochiste de recherche de la douleur comme puissance purificatrice voire rédemptrice, qui ainsi, cache une insidieuse prétention de l’homme croyant pouvoir se sauver lui-même ou compléter l’œuvre rédemptrice de Jésus par leur pénitence autopunitive plutôt que leur repentance vraie et profonde dans la foi véritable comme si le sacrifice du Fils de Dieu n’était pas parfait pour sauver les hommes. Dolorisme, cette incongruité humaine qui croit que la souffrance recherchée ou laissée être sans la combattre, favorise la rédemption de l’homme, est un péché, une sorte de blasphème par un absurde orgueil à rebours. C’est un délire de complexe de culpabilité existentielle, arboré dans de nombreuses religions par des obsédés de martyres qui pensent que souffrir plus que de raison (car la vie a déjà son lot de douleurs comme épreuves à combattre et à transcender) les purifie et leur rendra Dieu favorable. Bêtise, bêtise, ah, de la bêtise humaine que des exagérateurs hiératiques et leurs ouailles, croient devoir vivre et prêcher au nom de Dieu ! C’est pourquoi, je mets toujours mes lecteurs en garde contre certains écrits de soi disant sagesses fussent-ils de la bible - (car la Bible n’est nullement unitaire, et est pleine d’erreurs et d’aberrations prêtées à tort ou à raison à de prétendus apôtres, à côté des grandes Vérités-Principes de la spiritualité rédemptionnelle) - où tel écrivain, dans son éloquence, parle au nom de sa propre vision aberrante en faisant mine d’être inspiré de Dieu, d’enseigner au nom de Dieu.

Force est de se rappeler que l’empire de la souffrance vient de la damnation qui est une conséquence de la déchéance et ne fut jamais un lot du premier homme sorti du Dieu Saint qui l’a fait à son image et à sa ressemblance. L’homme déchu appelé le vieil homme, est anéanti en Christ, pour que le premier homme revive libéré des douleurs du damné déchu. Ici, le premier homme est le nouvel homme restauré en sa nature spirituelle réhabilitée. L’univers génésiaque nous montre plutôt un humain, hélas, inapte à vivre au paradis qui par ses perversions va créer son propre enfer par le doute et le déni de sa nature spirituelle en rejetant la foi, en refusant l’orientation divine. Le dolorisme est une posture de conscience non totalement libérée qui croit devoir chercher à souffrir ou accepter des souffrances évitables n’ayant aucun trait au renoncement à une quelconque jouissance indigne de ce qui est injuste. Le doloriste oublie que Dieu, en Christ a pris sur lui nos péchés, nos tares, nos maladies et nos infirmités. Que Dieu est le bénisseur parfait et qu’il est le Dieu de la Libération totale. Qu’il n’a pas besoin de l’aspiration humaine à la souffrance pour libérer l’homme. Au contraire, c’est le Dieu qui soulage, résorbe la souffrance. 

Dieu ne vient pas vivre à la place de l’homme ou faire le destin humain puisqu’il a créé l’homme pour que celui-ci vive son destin par lui-même. Mais le paradoxe est que vivre son destin par soi-même implique que l’homme se reconnaisse esprit, et se reconnaître esprit conduit l’homme irréversiblement à Dieu, l’Esprit dont il vient et dont il doit consciemment se reconnaître une émanation, une part. Cette intuition de sa part de déité comme affinité avec l’être divin. Cette affinité intuitionnée que j’appelle philontologie donne lieu à cette autre faculté d’assumer ce que je nomme théontologie, notre part ontologique de déité, qui n’est autre que notre nature spirituelle émanée de Dieu même, en toute humilité devant Dieu selon les grâces divines; car la part de substance déitaire en nous ne doit jamais, comme ce l’a été chez certains gnostiques bêtement délirants dans leur discursivité excentrique, être confondue avec le statut de Dieu qui est au Démiurge Seul. Une émanation à l’image et à la ressemblance de Dieu qui engage à l’art agonistique du combat sans lutte mais ferme et intraitable de la Foi spirituelle toujours pugnace en son éveil. Un combat qui consiste précisément à rester éveillé à Dieu, à être ancré en Dieu, fixé sur lui par le regard de notre attention. Attention permanente et exclusive à Dieu au sommet de toute importance accordée à nous-mêmes, à autrui et au monde. 

Pour revenir au dolorisme, il est en fait pathologique, proche d'un masochisme pseudo-mystique de la pénitence permanente qui imagine Dieu comme un vil père fouettard à l’instar du tyran familial de Rome que fut le « pater familias » dans l’empire romain et les autres brutalités patriarcales des sociétés de l’Antiquité. Car si Dieu a créé selon son bon plaisir et pour vivre l’amour avec les créatures d’esprit et de conscience supérieure, oui si Dieu a créé par amour et pour l’amour, ce n’est pas pour assouvir une quelconque autorité exterminatrice et tyrannique comme celle des humains abêtis par l’obsession d’imposer leur pouvoir factice et mortel. Et, si Dieu nous dit de ne pas faire mal au prochain sous aucune forme mais d’être prédisposé à la plus haute bienveillance, c’est parce qu’en Lui, c’est la Bonté infinie, l’Amour tendre du Bon Père aimant qui prévaut. C’est pourquoi, d’ailleurs, l’Écriture le dit lent à la colère et toujours prompt au pardon, à la miséricorde et à la bienveillance parentale envers ses bien-aimés, c’est-à-dire quiconque croit en lui et l’aime et donc s’assume en fils accueillant l’offre divine et paternelle de la rédemption en Christ. Dieu cherche toujours à nous pardonner dans sa commisération bienfaisante comme le Christ libérant la femme adultère harcelée par la populace agressive et hypocrite, ameutée autour d’elle, cherchant à la condamner voire l’exécuter. Jésus est mort par Amour et son sacrifice parfait n’a point besoin d’être complété par nos souffrances, et les propos de Paul, spécifiques à Paul et à Paul seul, si jamais Paul les a vraiment dits tels que rapportés, ne sont qu’une métaphore de son martyre personnel non extensibles à personne d’autre. Si l’homme pouvait souffrir à sa propre place ou pour son salut ou celui de quiconque, Jésus n’aurait nullement besoin de mourir à la place de toute l'humanité pécheresse individuellement en proie à la peccabilité sur la route de la destinée. Hélas, une parole fût-elle d’un zélé croyant portera à moins d’une conscience particulièrement travaillée et libérée, l’empreinte et les stigmates culturels et historiques du temps de ce zélé, les forces et faiblesses de sa propre expérience de vie et aussi de son idiosyncrasie. Comme je le dis souvent Salomon a écrit le Cantique des cantiques parce qu’il fut roi et polygame tandis que certains qui vivaient sous le pouvoir de Rome à la persécution, ont tendance à confondre leur temps et les persécutions avec l’essence du christianisme. Paul, le nouveau venu ne s’est-il permis de confronter Pierre qui quoique saint homme très dévoué à Jésus, avait le plus humainement du monde gardé, lui qui fut juif, une sorte de préférence affichée pour les juifs devenus chrétiens par rapport aux païens eux aussi convertis à Christ. Que le chrétien actuel vive actuellement sa foi en un Sauveur non avili sur une croix mais ressuscité et glorieux, Christ de l’ascension et de la gloire qui a vaincu à jamais la mort par la résurrection et qui règne dans la gloire infinie du Père. Le temps des martyrs de Rome a pris fin depuis longtemps et il est intéressant que les églises du dolorisme ont généré des inquisiteurs qui ont criminellement, blasphématoirement prolongé les persécutions et les martyrisations dans leur soi disant christianisme. Même aux temps pharisien puis romain, le dolorisme permis par Dieu comme témoignage vivant de la vérité, ne fut pas érigé en dolorisme, puisque le Christ disait de fuir les villes persécutrices et non de chercher systématiquement ladite persécution quoique celle-ci fit partie d’un temps bien cerné et fini de l’histoire du salut. Le croyant doit savoir que Dieu ne ravale jamais ses hommes et que si tout croyant passe par des épreuves, Dieu les élève toujours très haut ici-bas au bout de leurs épreuves tout en leur réservant l’éternité dans la félicité auprès de lui.

Le Christ ressuscité est gage de joie ; que donc toute aberration doloriste, toute posture bête qui cherche masochistement à souffrir ne se réclame plus jamais du christianisme ! Que chaque croyant combatte la douleur en sachant que la bonté illimitée de Dieu a déjà noyé le malheur ou la malédiction sous toutes ses formes dans le sang de Jésus qui a souffert à notre place pour que notre joie de vivre soit celle de la Résurrection qui annihile à jamais les puissances du mal, dont le dolorisme est une manifestation abominable.

Que par les victuailles roboratives de la Foi, nous criions avec David, homme selon le coeur de Dieu, « Oui, le Bonheur et la Grâce m’accompagneront tous les jours de ma vie et j’habiterai dans la maison de l’Éternel jusqu’à la fin de mes jours »!

Que chaque instant de notre de vie de foi sur cette terre où Dieu ne répugne guère de vivre en nous, soit un chant d'allégresse saintement jubilatoire exaltant notre essence déitaire émanée de Yahvé, notre Créateur, notre Père!

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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