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Par Camille Loty Malebranche


 

Le sens ou l'aberration tient de la logique du fait ou du dire, en aucun cas, l'un et l'autre ne dépendent de celui qui observe et encore moins du nombre de ceux qui observent. Le sens est inhérent à la substance et la factualité, et aucune erreur ou aberration ne devient vérité ou justesse par la masse qui la profère. Il est de l’être et de sa vérité, sa substance ontologique et factuelle, une immuabilité qui empêche la désignification de l’essence. 

Le regard porté sur la vérité peut être erroné ou la position de l’observateur peut être génératrice d’aberrations. Là, il est question de la contingence observationnelle due aux aléas ou maladresses du positionnement perceptionnel dénaturant le rapport de l’homme au phénomène déterminant sa saisie. Cela étant clairement établi, nul, à moins de mauvaise foi, ne peut prétendre que tout ce qui se dit et se construit par les présentations médiatiques sous-tendant la représentation des faits d’actualité ou événements du monde par les patients de l’information diffusée dans les médias, se vaut au nom d’une prétendue pluralité de la vérité. 

Le faux concerne la factualité du fait et en est une dénaturation de l’essence en tant qu’il renvoie à l’inauthentique en mimant l’authentique. Le mensonger est la présentation verbale, l’évocation du faux comme authentique, la désignation comme nature de ce qui est contrenature. L’erreur, quant à elle, fait figure de déviance involontaire dans le jugement alors que l’aberration incarne une appréhension déformée, une compréhension factice des faits par un manque de rigueur, un défaut de regard, une déviance par carence d’adresse voire de finesse dans l’élaboration du jugement, la construction intellective. L’illusion, elle, est un état mental dissocié de la factualité, c’est une forme de schizo-perception, de schizoïdie imaginaire de ce qui est. 

Il est des aberrations individuelles qui empêchent toute relation interpersonnelle voire tout échange, comme cet imbécile ministre d’un pays périphérique qui pense que piller et devenir riche est un statut ontologique et qui exhibe éhonté sa fortune de détourneur de fonds publics, de serviteurs de gouvernements sanguinaires pour prouver le « statut de bourgeois » qu’il considère avoir acquis, comme une essence de gloire dans les conversations avec autrui; tout comme le moins que rien qui se cache derrière titre ou profession pour dissimuler sa sottise fonctionnelle de fonctionnaire, lui, serf enrichi; un peu comme le corrompu, le banquier vénal qui se glorifie de son privilège d’escroc financier; comme le flatteur intumescent qui brandit sa condition de serf enrichi; comme certains spécialistes incultes, traînant pompeusement leur misérabilisme criant de répétiteurs médiatiques pitoyables, qu’ils croient combler par des aberrations bruyantes ostentatoires et scolaires! En vérité, ces prisonniers de l’abîme ne font qu’agiter leur vide masqué qu’ils foncent encore plus en s’enfonçant eux-mêmes abyssalement dans la vacuité.

 

Le temps des aberrations de convenance...

 

Parmi les graves aberrations génératrices d'illusions de notre temps, celle que l'on peut corriger les défauts immanents à l'essence systémique de l'économie entraînant de lourds dysfonctionnements sociaux et écologiques sans changer de système - comme enrayer la pauvreté dans le monde sans rejeter le capitalisme financier appliqué, intervenir sur la pollution sans abandonner le mode de production de manière radicale - est la plus grotesque. Hélas, nous sommes au temps des aberrations arrogantes convenues et les puissants et leur suiviste cohorte, foule innombrable, sont comme une sorte de stupidité systémique incarnée, à l'œuvre dans les institutions et l'État; d'où, le refus des aberrants dominants et de leur presse est toujours suspecte de rébellion intolérable, passible d'ostracisme. 

Quand à peu près tous, par réflexe, se contentent de fonctionner sans interroger, la fonction intellectuelle elle-même de l’intelligence critique devient une sorte de crime à bannir et punir. Les nouveaux inquisiteurs sont là et leurs zélés, tels des essaims de mouches surveillent en pleine prétendue démocratie toute dérogation au seul sens désignifié mais défini unique par l’ordre du monde. Les monstres oligarchiques, totalisant le pouvoir économique, culturel et « gnoséologique », c’est-à-dire de validation officielle du savoir, mais aussi de toute expression ou action, de désignation du bien et du juste dans la société. Le pire de cette dictature inavouable, est que les multitudes sont dans le sillage de la vision médiatique, le démantèlement journalistique du sens à travers quoi l’oligarchie fait littéralement ce qu’elle veut de l’acception des faits et des choses... 

Nous sommes face à un monde où plus que jamais, comme au temps des religions étatiques et de leurs pontifes, une curie oligarchique impose ses vues et son hiératisme par l’encanaillement des multitudes et l’inculture savamment orchestrée et maintenue des majorités. Entre l’illusion de la liberté, l’erreur de jugement où les « élites » entraînent les foules et les aberrations des scolarisés intellectuellement asservis, l’ordre du monde contourne la vérité qui lui fait peur tout en orchestrant de multiples dénis du sens qu’il impose et brandit pour bannière.

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Tag(s) : #Monde du Concept
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