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Camille Loty Malebranche

 

Les sinistres monstres bien adaptés au monde tel qu’il est parce qu’ils savent bien accaparer l'économie par la finance grâce à la complicité des gouvernants politiques qu’ils se créent dans les États, ne sont pas plus intelligents qu'autrui mais sont simplement de plus grandes, de plus sinistres crapules prêtes à tout. Ce sont des prédateurs à tout faire sans scrupule, des criminels et rien de plus. Pas plus que ceux qui s'adaptent à ces puissants adaptés, pour les servir et les aider à construire leurs monstruosités en système social ne sont eux-mêmes intelligents car bêtement serviles et aliénés. L’adaptation n’est donc pas toujours signe d’intelligence, et l'intelligence bien orchestrée par la conscience peut, en certaines circonstances, pour des raisons morales, refuser l'adaptation!

 
Pour l’adaptation biologique, c’est sans appel, qui ne s’adapte pas, meurt. Mais que dire de l’adaptation sociale? L’adaptation au milieu socio-idéologique est un moule à fabriquer des monstres à répétition. C’est comme une matrice de reproduction permanente des mêmes tares extrêmes et inhumaines que l’on voit à l’œuvre dans le monde, tares d’opportunisme, d’égoïsme, de flagornerie, de pragmatisme fonctionnel que tous, à l’expression du bon sens élémentaire et du plus primaire sentiment d’humanité, récusent en toute logique et parole, mais adoptent en masse écrasante dans les faits, en toute indolence par assimilation de horde. Comme si le réflexe d’adaptation faisait des hommes des sortes de schizophrènes qui arrêtent de juger une fois la vaste majorité de la société institutionnellement consacre les pires horreurs en praxis acceptables voire désirables. Comme si le mal cesse d’être mal par l’idéologie le rendant idéellement et factuellement pratique collective. 

 

Savoir s’adapter pour le meilleur

 

L’intelligence qui s’adapte sans nuance ou par couardise devant le nombre, est une corruption de l’entendement car si l’intelligence sert à apprendre et finalement comprendre, sa finalité est et demeure avant tout de propulser l’homme au pinacle de son humanité à élever loin de toute bassesse, de tout amenuisement. Apprendre et comprendre sont inutiles s’ils ne tirent l’homme vers l’élévation de son humanité dans ses différentes dimensions.

 

L’adaptation de l’homme au milieu par les ruses de son intelligence a permis à l’espèce de louvoyer au milieu des adversités et d’éviter les multiples dangers dans une nature sauvage, parfois cruelle. Cette sorte de mémoire des bienfaits de l’adaptation a malheureusement créé un réflexe voire une sorte de pulsion pernicieuse d’adaptation sociale tous azimuts qui empêche des fois, les grands chambardements sociopolitiques nécessaires pour tout refaire autrement. L’adaptation pour vivre est une qualité vitale mais quand elle devient réflexe sans nuance pour le confort dans ce qui est, par peur irrationnelle du risque de changer de société quand ladite société est indue et injuste, ne cachant ses iniquités que par la manipulation idéologique, l’adaptation est lâcheté et servilité.

 

Toutes les crapules abominables, sinistres fonctionnels dans leur cynisme impassible face aux conséquences de leur choix politique, tous les psychopathes violents inavoués, les impitoyables narcissiques du pouvoir économique participent de l’adaptation d’un ordre du monde si puant qu’il transpire le scatologique dans les mots qui l’évoquent, monde qui, pourtant, joue l’angélique pour porter tous à vouloir s’y adapter. À l’heure où les insanités comportementales de tous ordres sont prêchées au nom de la liberté des mœurs, il est essentiel de savoir rester dédaigneux de l’appel à l’adaptation face aux déchéances qui prennent formes en guise de valeur! S’adapter aux miasmes et poncifs divinisés de ce monde, est une des voies de la dénégation de soi, une mise à quia de la noblesse de la nature humaine véritable pour les immondes vétilles idolâtrées des foules.

 

S’adapter en toute intelligence, c’est savoir affirmer son être sans rien en céder, et en toute ouverture lucide qui reçoit ce qui vaut, donner de soi en contribuant à l’autre par les talents que l’on se reconnaît, partager le trésor incarné que l’on est comme humanité singulière dans la multiplicité humaine. En aucun cas, s’adapter ou s’intégrer ne peut être la flagornerie inavouable et molle qu’exigent des tyrans dans leur bouffissure subreptice au nom de leur identité à imposer et de leur pouvoir à exercer à nos dépens.

 

Toute adaptation qui réclame le reniement de soi pour plaire à une confrérie ou une société est contre-nature et donc ce n’est plus l’homme vrai qui s’adapte mais l’individu-rouage consentant à la dépossession de soi au nom d’un ordre imposé. Tout ce qui demande à l’homme de cesser d’être son essence véritable et lui intime de produire un effort autre que celui de sa propre nature véritable à vivre pour servir une cause sociale, est impie. La seule cause supérieure imposable à l’homme, c’est son humanité à vivre et à accomplir pour soi et pour la communauté des humains. Si une société permet à l’homme l’exaltation de son humanité qu’elle fait grandir sans écrasement structurel et servilité hiérarchique, elle est digne d’être adoptée au gré de la volonté de celui qu’elle interpelle, autrement, toute cause est abjecte et court à l’aliénation humaine, la perversion voire la désubstantialisation de la conscience.

 

Par réflexe nous tendons à nous adapter pour vivre et c’est une épée à double tranchant, c’est comme un eros-thanatos qu’il faut savoir désapparier pour ne garder que l’Éros. Si jamais nous ne savons pas dire non quand la mentalité de horde d’animal humain entraîne toute une société, un ordre du monde dans les pires abîmes de déshumanisation que nous acceptons par mollesse d’adaptation au grand flot, il est indéniable que c’est le thanatos de la mauvaise adaptation qui sévira.

     

S’adapter est pour le meilleur de l’espèce quand l’homme refuse le simple courant pour scruter le sens où ledit courant le mène afin de bien choisir et de s’adapter en toute souveraineté de Sujet vraiment libre; sinon, l’adaptation s’avèrera veulerie et reddition d’une conscience déshumanisée, inconsistante que n’importe quelle force dominante peut facilement asservir.

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Tag(s) : #Monde du Concept
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