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Par Camille Loty Malebranche

 
L’homme a pour obligation fondamentale d’être digne dans son rapport à soi par l’harmonisation de son comportement avec sa nature, en affirmant l’esprit. Sa destinée, sa vocation de sujet conscient ici-bas, est de toujours s’efforcer d’être dans la vérité de son essence spirituelle à vivre selon l’appel de son origine et de son destin au-delà des breloques du sensible et des banalités de la matérialité qui passe. Toute abdication de cette voie de la quiddité humaine condamne le sujet indigne de son humanité à traîner dans les illusions et à se perdre dans l'inessentiel.   


Parmi les pierres où achoppe la manifestation humaine de l’individu ou du système social, il est la propension déviée aux trois attractions pourtant normales mais rendues compulsives et pathologiques par l’idéologie sociale imprimée à l’ego : l’avoir, le pouvoir, le plaisir. Tous fondus dans cette cupidité matérialiste coupable de nombreuses misères temporelles de l’humanité sur la planète. Car à force d’être obsédés de prendre et d’accumuler pour dominer et jouir, d'innombrables hommes de l'actuelle civilisation sont pris d’une sorte de rage d’enrichissement qui les empare et les métamorphose en vulgaires prédateurs avides fixant leur propre vide, figés dans la vacuité qui voudrait se combler par l’avarice et la vénalité! Et leur vide qu’ils cherchent désespérément à combler, telle une faille s’élargissant, fonce toujours plus vers l’abîme ambulant qu’ils deviennent eux-mêmes sur terre. Un abîme si ténébreux qu’il leur fait oublier que leur dignité est de respecter la dignité humaine, la leur et celle de l’autre dont ils se font les prédateurs par la paupérisation et toutes sortes de procédés d’amenuisement. Cet abîme de malveillance pour montrer leur pouvoir entraîne les soi disant élites à un stade d’infrabestialité tel, qu’elles en oublient la plus élémentaire des sagesses, à savoir la finitude temporelle quant à l’usage des choses et situations de ce monde qui passe, où elles ne font, hélas, que passer!

     
Nous sommes au temps où la cupidité pécuniaire est devenue, selon l’abysse des déshumanisations matérialistes, signe exclusif de réussite voire dispensatrice d’« humanité » à n’importe qui; temps sinistres où le numéraire est dispensateur d’être aux yeux des reflets anthropomorphes à tort considérés humains, temps idolâtrique où le capital intronisé valeur et divinité justifie voire glorifie tous les crimes et vilenies de parcours. La dignité humaine et ses renoncements, est désormais perçue comme blocage haïssable dans la moralité pragmatique et se voit substituer l’intumescence des arrivistes qui confondent grossièrement leur posture d’histrion de l’avoir avec la noblesse humaine des qualités profondes, la hauteur de l’esprit assumé selon sa vérité. Les oripeaux du paraître et la frénésie sociale de classe détruisent chez les multitudes, la valeur des nuances de l’action valorisante constituant la voie royale de la dignité, cet apanage des seuls esprits élevés et cultivant leur humanité en toute grandeur et plénitude.
 
La dignité métaphysique est réponse ontologique consciente à la nature globale de l’homme, elle est harmonisation de la pensée-action de l’esprit avec soi en toute conscience, elle est cohérence dans le rapport au corps selon le normal de sa nature et enfin elle est par dessus tout, l’harmonie avec Dieu, l’Esprit des origines, ce Créateur-Dispensateur d’essence, qui a fait l’homme à son image.
Les multitudes de toutes sortes ont beau le nier, il est dans la vie elle-même un principe, une forme de mystique du retour des conséquences de l’agir sur leurs causes, qui fait que tout importun indigne du soi naturel de l’esprit, finit par se retrouver dans les relents infects de sa projection de sujet pensant-agissant infâme et déclencheur de maux.

  

Dignité, Primauté de la personne humaine.

 

La dignité métaphysique suprême, c’est de veiller à entretenir la substance spirituelle qui fait notre humanité au-dessus des turpitudes objectales d’un monde grivoisement matérialiste. La dignité est proactivité du rapport idoine à soi et au Suprême contre les déviances des faux cultes où la religion cérémonielle et institutionnelle corrompt le rapport sain à Dieu et à nous-mêmes. 
La dignité temporelle, quant à elle, doit toujours viser notre primauté absolue de personne humaine sur les institutions des systèmes politiques, socio-économiques, familiaux qui voudraient nous faire chose de la domination de quelques-uns par soumission et tradition, plutôt qu’hommes libres vivant des principes de justice et d’équité avec la communauté et l’humanité.

 
La dignité n’est pas le fait d’être convenable aux canons sociaux du mérite arborés par une majorité d’aliénés au jugement aberrant et malsain sous la houlette d’élites infâmes, la dignité consiste à assumer notre véritable nature et répondre aux appels supérieurs d’humanité à vivre et à accomplir loin des gloires factices et glorioles monstrueuses qui nous élèvent aux dépens de notre propre être qu’elles galvaudent voire embourbent. Vivre vrai sans céder aux aberrations et insanités idéologiques de mode fussent-elles majoritaires, c’est l’option incontournable pour l’homme digne sans souci de plaire aux foules de toutes sortes qui jugent faux, accusent le juste, et vivent indolemment au premier degré dans les apparences et la matérialité. La dignité, c’est aussi de refuser tout courant ou système de pensée ou de mode de vie contre la justice ou la justesse du bon jugement et du bon sens, ledit système fût-il dominant par son opulence pécuniaire, sa médiatisation et sa popularité! Ce qui ravale structurellement l’homme est haïssable et contre la dignité, même s’il est ovationné par les majorités, même s’il se prétend vertu obligatoire par la morale socialement convenue, parangon de valeur et critère d’évaluation du sujet humain comme le fait si souvent l’idéologie contemporaine qui vide pourtant l’homme de son humanité pour de vils intérêts temporels et matérialistes.

 

Dans un monde où les lois sont projection véreuse des reîtres infects de l’économie et de leurs politicards de service, dans un monde où les cohues en veston, en civil ou en uniforme font excès de zèle dans les structures du pouvoir pour contaminer la minorité saine de leur putréfaction, le combat de la dignité est une exigence quotidienne de la conscience éveillée.

 

La dignité métaphysique, pour y revenir, est la volonté pugnace, la volition implacable de l’esprit de se garder dans la splendeur de son être, ferme dans la voie sacrée, transcendante de son accomplissement par delà la chair et le sang. La voie inhérente à l'entéléchie de l'homme, c'est d’être digne répondant à sa nature d’esprit, sa seule Vérité.

    

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Tag(s) : #Monde du Concept
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