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Par Camille Loty Malebranche

 

 

Si l’erreur, chose paroxystiquement humaine, est compréhensible, la bêtise, elle, constitue un appel pitoyable de la bête qui efface l’entendement au point de précipiter l’animal humain dans les abîmes du bestial. Abîmes qui voient sévir l’instinct primaire de l’arrogance sotte où siéent toutes les failles de la déraison propre à la personnalité balourde et mégalomane dans sa balourdise. Et, la balourdise mégalomane centuple les effets de laberration fautive quand elle accapare un politicard au pouvoir, qui y exprime ses basses pulsions au sein de ce domaine de sens et de rationalité qu’est la gouvernance politique.

 

En ordonnant d’abattre en cette fin de novembre 2015, l’avion russe su 24 en lutte contre le terrorisme de Daesh en Syrie, avion qui s’est écrasé en coûtant la vie à l’un de ses deux pilotes, Erdogan, le président turc, en dépit de son dérisoire alibi de violation de son espace aérien, aura stupidement enclenché les mécanismes d’un antagonisme qui risque de le conduire à sa déchéance future.

 

La politique étant essentiellement, entre autres, un jeu de force, avec en plus, ce contexte de guerre au terrorisme, c’est une bêtise primitive de la Turquie d’Erdogan que d’attaquer une superpuissance militaire voisine dont les frappes aériennes sont considérées par une forte part des populations mondiales comme un acte moral contre le terrorisme nourri par les Usa. Avec les derniers attentats de Paris, la frilosité de Hollande obligé de montrer une fermeté de circonstance contre ce Daesh que sinistrement la France atlantiste hypersuiviste des Usa, avait supporté pour une morbide géopolitique, la Turquie est devenue la petite protégée imprudente qui se fie exagérément à une illimitation de la protection étasunienne. Force ici, est de remarquer que les Etats-Unis, portecteur lointain et contre nature de la Turquie, vu le contexte géopolitique, sont eux-mêmes décrédibilisés par leur soutien au terrorisme, et donc en crise de justification de leur politique internationale compromettante. Raison de plus qui fait de l’attitude d’Erdogan, une plongée inconsidérée dans le non sens. D’autant qu’Erdogan lui-même est soupçonné de connivence directe avec les terroristes de Daesh profitant de tout un réseau de corruption de son régime. À ce stade des choses, Erdogan risque de devenir le bouc émissaire que les États-unis cherchent pour reprendre une certaine dignité dans cette affaire de terrorisme qui embourbe leur crédibilité. Par ailleurs, même s’il continue d’être soutenu par les Usa, Erdogan n’a aucune chance de gagner contre la Russie : on ne frappe pas plus fort que soi sans en avoir la main sinon brisée, à tout le moins endolorie… Par son hybris politique, sa frénésie d’attaque militaire sans autre raison que la fatuité grossière de se donner de l’importance, une importance totalement factice et illusoire, Erdogan aura choisi non pas de devenir la mouche du coche qu’il aurait souhaité paraître, mais un vilain banal insecte à la méprisable chétiveté maîtrisée, qui attend sans le savoir d’être expédié ad patres par l’énervement du géant qu’il a cru défier.

 

À faire le matamore politique sur la scène fragile du pouvoir mondial, Erdogan s’est transformé lui-même en absurde et loufoque histrion d’une farce tragique qui signera - fut-ce par une guerre froide d’usure de l’imparable grizzli russe, ce, même au-delà de la personne de Vladimir Poutine - le glas de son règne et la mise à l’index de la Turquie par la puissante voisine contre qui, il a piteusement violé les rapports de bon voisinage! Décidément, Erdogan souffre d’analphabétisme politique suicidaire aggravé d’un délire ottoman de puissance anachronique... 

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

Tag(s) : #Actualité, #Monde du Concept
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