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Par Camille Loty Malebranche

 

J’écris ce texte pour avoir récemment lu sur le web certains ressassements publiés au sujet du massacre des français par Dessalines illico présenté comme monstre. On feint d'oublier que ces gens tués furent des colons restés malgré la défaite dans l'espoir d'un retour de la France pour rétablir l'esclavage! Et de fait, avec l'abominable veulerie flagorneuse de Pétion, notre Pétain tropical, grand héros puis immonde traître, qui a offert aux colonialistes tout ce que le pays avait pour vivre et se construire par cette trahison immonde - restée taboue dans l'histoire - appelée dette de l'indépendance offerte en prime par Pétion pour asservir économiquement le pays nouvellement né, l'après-Dessalines fut un moment de capitulation, d'autoflagellation par aliénation autodestructrice et honteuse pour un pays qui avait si brillamment, si héroïquement conquis son indépendance par les armes mais qui l'a vertement rendue par la crise d'appartenance et d'identité d'un ex héros fils de colon, devenu chose de l'ennemi! Ici, il faut aussi se rappeler que le panaméricanisme qui fait toute la gloire de Pétion qui l'a poursuivi, est en fait de paternité dessalinienne; car c'est Dessalines, dans son internationalisme révolutionnaire, qui a, d'une part, fait d'Haïti un refuge de tout esclave en fuite en ce temps lugubre de l'Europe esclavagiste, de sorte que quiconque fuyant l'esclavage, s'il parvenait à fouler la terre d'Haïti, était ipso facto libre, et d'autre part, a soutenu les colons européens séparatistes dans l'espoir d'éradiquer l'esclavage des noirs et des indigènes. Une preuve donc que Dessalines n'était pas contre une "race" dite blanche mais contre des européens colonialistes et esclavagistes essentialisant leur épiderme pour asservir. D'où Dessalines aura été à l'avant-garde de la solidarité pour la libération et l'indépendance des peuples d'Amérique. Et donc, ce fut encore lui, Dessalines, qui a ordonné d'accueillir et d'aider F. de Miranda venu en Haïti chercher soutien en sa qualité de combattant pour l'indépendance vénézuélienne... Aujourd'hui, nous avons des décontextualisations de l'histoire refaite au goût des tenants d'un certain occident, tels certains comptes rendus sur la bataille de Stalingrad chosifiée par des « historiens » occidentaux se plaignant de la barbarie soviétique coupable d’avoir maltraité les nazis envahisseurs, car la lorgnette historienne de l’occident trouve de la sympathie à des envahisseurs nazis trop maltraités par le sort et leurs envahis qu’ils ont écrasés sous les bombes, broyés sous les canons sans même avoir déclaré la guerre! Ce genre de réflexe se comprend aisément quand on sait que les puissances occidentales ont fait l’histoire par invasions itératives, colonisations et persécutions des combattants résistant à l’abomination colonialo-esclavagiste ou à l’impérialisme. 

 

Quête débile et faraude d’une achronie événementielle mièvre pour justifier les besoins manipulateurs de l’idéologie contemporaine de nivellement de tout à l’ordre ploutocratique et son capitalisme soi disant démocratique avec ses pulsions primaires de domination de l’homme par l’économie. Il faut aussi consommer l’histoire à coups de radotages pseudo-démocratiques pour assouvir les goûts droit-de-l’hommistes actuels qui exigent mignardise et triomphe des bons occidentaux contre les méchants dans le récit historique.

 

 

Flagornerie des tenants puissants du courant uchronique

 

 

Quand vie contre vie, des proies désignées se dressent héroïques, à contre-courant du sens préétabli par les prédateurs surarmés et sans états d’âme dans l’accomplissement de leur massacre, il ne peut y avoir de jugement moral à posteriori contre les moyens extrêmes des proies victorieuses à l’inverse de la norme macabre pour avoir précisément rompu l’ordre de leur victimisation naturellement inscrite dans le programme des prédateurs. L’ordre du monde, tant qu’il sera bâti sur la prédation de l’homme par l’homme, connaîtra toujours au dam des puissants qui asservissent, des ruptures imprévisibles où des humains prédestinés aux fers et au fouet, brisent leurs fers et s’emparent du fouet pour garrotter leurs tyrans. Que nul ne les accuse donc de cruauté vengeresse! Ceux qui ont peur de voir leur propre sang doivent commencer à se garder de verser celui des autres!

 

Tout l’hypocrite baragouin occidental hyper élogieux sur Toussaint Louverture tient seulement au fait de la défaite de celui-ci; il fut déporté emprisonné et tué par les affres de la prison du fort de Joux; tout comme plus récemment les louanges de Martin Luther King, lui aussi tué par des oppresseurs racistes, dans ces cas-là, les maîtres de l’ordre maudit du racisme et la prédation de l'homme par l'homme, ce mal précisément combattu par ces sacrifiés de l'histoire occidentale, sont confortables à leur vouer leur encomiastique célébration. Mais Dessalines, pulvérisant l’armée napoléonienne, vainqueur des colons esclavagistes, annonciateur des abolitions de l’esclavage partout en Amérique, titan inattendu de la grandeur nègre contre l’ordre blanc raciste occidental, déstabilisateur de l’ordre du monde du début du 19ème siècle, doit rester honni, maculé du glaviot venimeux de la mauvaise presse occidentale et de ses idiots serviles, ses relayeurs autopunisseurs nègres d’aujourd’hui. Car qui connaît la férocité du régime esclavagiste, les tortures de toutes sortes (supplice de la roue, inhumations jusqu’au cou pour être dévoré par des fourmis, noyades, pendaisons, amputations), et la sauvagerie des guerres menées sur la terre de saint Domingue par les soldats napoléoniens rompus au plus haut niveau à l’art de la guerre, ne saurait oser parler de barbarie du vainqueur éliminant des vaincus restés sur le sol et qui osaient menacer la patrie haïtienne naissante d’une future défaite par le retour de la France. Il est dit que de rares français amis de Dessalines, lauraient mis en garde contre toute mollesse face aux ex colons et leur famille restés en Haïti après l’indépendance! Une indépendance qui sera persécutée de toutes parts et vilipendée de l’intérieur par des élites infâmes, pour que justement, tombe la constante avanie des racistes sur la prouesse fondatrice de Dessalines et de ses hommes.   

 

À force d’être possédés de l’histoire écrite par les aigris vaincus, et, par stupidité et complexe d’infériorité ethnique, certains haïtiens, aujourd’hui, relayent les pires inepties contre leur propre histoire de gloire de départ, plongée dans le tragique de l’effacement par ceux-là mêmes qui furent vaincus par les armes mais ont gagné via leur domination prédatrice par l’économie, les alliances avec de puissants pairs et la complicité des apatrides politicards d’Haïti où ils ont toujours su utiliser les pires crapules pour détruire leur propre pays à la solde des anciens maîtres. La dette de l’indépendance par quoi la France a siphonné tout l’argent avec lequel le pays devait se reconstruire à ses débuts post-guerriers, le financement d’une classe politique vendue aux intérêts obscurs de l’occident tenant toujours à montrer qu’aucune nation de mélanodermes ne peut réussir, tendent hélas, à donner raison aux uchronistes, manipulateurs sinistres des faits historiques instrumentalisés à dessein, pour signifier à toute une nation qui a forcé et brisé les murs de l’histoire, brandissant la liberté contre les barbares qui la niaient malgré leur discours droit-de-lhommiste, que jamais ils ne furent humains, que pour toujours, ils ne seront rien…

 

Heureusement que des occidentaux de plus en plus informés des singeries uchroniques de l’histoire des colons, rejettent les bévues passées de leur pays, condamnant par exemple la françafrique et réhabilitant le premier libérateur des Amériques, vainqueur porte-étendard de l’anticolonialisme antiesclavagisme qu’est Dessalines. Quant à l’histoire vraie, elle est au pied de cet esclave des champs, ce va-nu-pied de génie dont le prodige militaire antiesclavagiste a imposé au monde l’idée d’une humanité où nul ne doit être esclave, lui qui a été jusqu’à proclamer en un temps où même Thomas Jefferson était propriétaire d’esclaves, je prends ma distance par rapport au libellé : «quiconque fuit l’esclavage et parvient à atteindre les côtes d’Haïti, est ipso facto libre»! L’histoire ne pouvant être réduite à la vie privée de ses protagonistes, ni amenuisée au rang d’hagiographie, de diabolisation ou de cri de haine des complexés ethniques, la prépondérance historique dans toute l’Amérique va donc à ce petit nègre ex esclave des plantations qui aura écrit le plus terrible le plus cauchemardesque paradoxe à l’adresse des colons auxquels sa victoire a infligé un pénible traumatisme narcissique, eux qui, supérieurs de race et d’essence, avaient montré au monde les splendeurs macabres d’un humanisme au droit démocratiquement esclavagiste…      

 

Tandis que Jean-jacques, le héros vainqueur, l’intraitable génie militaire, le titan de l’histoire universelle, le porteur du flambeau de la liberté contre les prédateurs d’ethnie, petit esclave devenu emblème de la grandeur, brandit encore dans l’imaginaire des partisans de la liberté, le fusil de la paix et la célébration de la libération - lui, qui émergea de la plantation où croyaient l’assigner à vie les déchets du colonialo-esclavagisme - certains de ceux qui descendent de la racaille esclavagiste continuent leur morve fielleuse sur le grand homme et trouvent parmi des mélanodermes qui, par haine du soi ethnique, eux dont la juste révolte dessalinenne est directement la fondation originaire et l’héritage, des aliénés à les appuyer et à les relayer avec crasse vilenie et vulgaire impudence. Qui massacre un colon esclavagiste ne tue pas un homme mais une bête sauvage prenant des humains comme proie. Alors, Jean-jacques a raison, le sang qu’il versa, servira au moins de mise en garde à ceux qui, aujourd’hui encore, dans une humanité jonchée d’infrahumains monstrueux proches de toutes sortes de crimes racistes et d’extermination directe ou économique de quiconque ne leur ressemble, que l’horreur peut se retourner contre eux et que l’histoire qui semble couler dans un sens injuste quelque pérenne que soit ce sens, peut par des conjonctures et revers inattendus, prendre sa revenche en autorisant les frappes de la justice des écrasés contre leurs bourreaux. 

 

Continue cher Jean-Jacques, malgré l’indignité de la canaille servile-esclavagiste qui ternit ton noble et lumineux héritage. Les règles supérieures de l’histoire, à savoir le triomphe de la justice, la victoire de la liberté, le réveil du petit renversant les faux grands remis par lui à leur place de honte, oui, l’Histoire, la grande, monsieur Dessalines Jean-Jacques, te reconnaît comme Héros de l’Humanité, celle qui, par moments, laisse luire au dessus des cohues de la mesquinerie et de la méchanceté, ses perles pour la postérité et pour la gloire où les vrais hommes se reconnaissent… Continue ton cri, ton combat pour la liberté et l’équité entre les ethnies et les peuples au profit des broyés de l’esclavage ancien et moderne. Équité que toi, Dessalines, poussas jusqu’à ses exigences d’une réforme agraire pour la justice sociale et qui te valut lassassinat par des fils de colons, colonisateurs de classe qui ont succédé au régime proprement colonialiste. 

 

Les tentatives d’un second assassinat de Dessalines à travers les baveuses acrimonies du lynchage idéologique par ses contempteurs impérialistes, racistes inavoués, néoesclavagistes et certains mélanodermes et métis aliénés ethniques malaisés avec leur origine, ne font que renforcer léclat de la glorieuse vaillance victorieuse du grand héros qui aura montré aux colons et impérialistes de tous les temps, le prix de la dignité humaine propulsée par laction du révolté révolutionnaire proclamant "liberté ou la mort", la fierté du combattant, le triomphe de la ténacité héroïque, là où des essentialistes ethniques du crime esclavagiste, des séquestreurs d’humanité, des voleurs de vie, des mutilateurs de l’histoire attendaient la soumission, la reddition, la fatalité de l’obéissance programmée.

 

Manipuler l’histoire et altérer la mémoire par pseudo-anamnèse des faits déracinés de leur contexte sociohistorique est un art macabre des prédateurs de peuples et des négationnistes héritiers des injustices perpétrées dans ce passé-présent des nations qu’est le colonialisme avec ses conséquences bien actuelles, ses prolongements en limpérialisme.

 

CAMILE LOTY MALEBRANCHE

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