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Par Camille Loty Malebranche

 

Ce 15 septembre 2014, après avoir continué une guerre sans merci aux séparatistes des républiques du Donbass (Donetsk et Lougansk) Porochenko parle de statut spécial d’autogestion desdites républiques en guise d’offre de pacification. Je vous propose dans les lignes qui suivent, notre point de vue sur la question.

 

En politique, surtout en contexte de conflit intérieur à un État, où le gouvernement doit choisir entre négocier ou se battre, le retard décisionnel est toujours lourd de conséquence voire catastrophique pour le pouvoir parce qu’il révèle l’état des lieux sur la conscience collective, la capacité militaire, la force institutionnelle de cet État et de son gouvernement. De fait, dans le cas ukrainien, où Kiev et l’État en général se sont altérés et dévoyés par la mainmise des interventionnistes étasuniens ayant utilisé l’U.E. pour opérer leur tentative hégémonique aux bornes de la Russie, tout politique ukrainien le moindrement intelligent, avait à refuser la guerre dans laquelle les Usa ont pu entraîner Kiev avec les séparatistes prorusses du Donbass. Un politique digne et responsable aurait dû, dès le départ, accorder un statut spécial avec une large autonomie à cette région russophone multiplement attachée à la Russie. Donc, en entrant en guerre sous la houlette du bellicisme primitif des yankees contre sa propre population, Kiev, avant et avec Porochenko, aura délibérément choisi l’aporie politique et la partition du territoire vu la perte de toute légitimité aux républiques revendicatrices, devenues séparatistes depuis l’intransigeance kiévienne.   

 

En proposant ce 15 septembre 2014, sa nouvelle loi reconnaissant un statut d’autogestion des républiques du Donetsk et de Lougansk proclamées par les séparatistes du Donbass, le président Porochenko, héritier élu de l’aventurisme géopolitique occidental du coup d’État du Maïdan, suiviste servile des moindres diktats de ses patrons étasuniens et européens, est en train de montrer les tristes limites de son pouvoir à garder l’intégrité territoriale de l’Ukraine. Car la politique, surtout lorsqu’elle est conflictuelle et qu’elle met en présence un État qui doit y montrer son image de marque face à une partie de son peuple en revendication territoriale et spécifiquement nationale, doit être menée par des hommes ayant toutes les ressources intellectuelles, toute la finesse négociatrice et de concessions ponctuelles faites à temps, pour éviter le pire c'est-à-dire la radicalisation sécessionniste.

 

Je dis qu’après les massacres, les bombardements de son propre territoire, de ses citoyens revendiqués, lUkraine n’a plus ni l’autorité morale ni la dignité d'État légitime face à ses victimes de guerre pour leur dire qu’elle les considère comme ses citoyens. Et dans l’actuelle occurrence où Porochenko fait mine de céder, le Donbass séparatiste sait que ce n’est que stratégie de Kiev en temps de faiblesse pour calmer les ardeurs indépendantistes sans vraiment vouloir rien leur céder. Les séparatistes prorusses savent qu’un état gouverné de l’extérieur par un empire en rage géopolitique contre un autre, ici, la Russie, ne leur cèdera jamais rien, et que la tardivité de l’offre de Porochenko, même bientôt entériné par le parlement ukrainien, est signe de faiblesse mais aussi tentative de gagner du temps pour écraser le séparatisme et ses tenants en douceur par la prison et le meurtre. Ici, les promesses d’amnistie ne valent rien parce que sans garantie. Les proclamateurs des républiques du Donetsk et du Lougansk ne doivent point baisser les armes ni abandonner leur volonté d’indépendance.

 

En politique et en guerre, on n’abandonne pas un combat en voie de vaincre pour plaire à de faux pacifistes qui attendent la paix pour zigouiller en guise de vengeance et d’exemple.

 

Que Porochenko se le tienne pour dit : la paix, quand on est en difficulté militaire après de vaines tentatives de vaincre, n’est que grimace politicienne à contretemps.

Monsieur la doublure présidentielle et exécuteur kiévien des Usa, on n’impose pas la paix quand on est en état de faiblesse. La paix est l’apanage des forts et des vainqueurs qui, à force de dominer et de maîtriser un statu quo, l’imposent avec leurs conditions aux vaincus.

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

Tag(s) : #Monde du Concept, #Actualité, #Dossiers spéciaux, #articles et vidéos
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