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Par Camille Loty Malebranche

 

Dans la politique internationale contemporaine, toute profération exagérée de mots vils et de menaces bellicistes des Etats-Unis contre la Russie, cette puissance nucléaire égale, dotée du même pouvoir de destruction massive, tient de l’ineptie d’une équipe gouvernementale médiocre qui couvre de ridicule son propre pays.

 

Les événements de ce mois de mars 2014 nous transportent à une sorte d’interventionnisme multiple d’un occident gravement en crise pour tenter de prouver au reste du monde sa prépondérance. Entre les incursions indues des Etats-Unis et de l’union européenne dans le giron géopolitique russe par le coup de force en Ukraine et la puissante réponse russe par l’intégration de la Crimée à la Russie, nous sommes comme entrés dans une ère de gestuelle politique occidentale hyperactive. Gestuelle où se multiplient les gesticulations de l’empire étasunien, dernier tenant d’un ordre du monde qui désormais lui échappe. Gestuelle d’un empire en déclassement annoncé, qui perd toute sérénité devant l’imparable refonte des forces et pôles politiques et économiques augurée par toutes les prospectives de la géopolitique planétaire.

 

À défaut d’une ubiquité unipolaire impossible et face à sa ridiculisation par l’affirmation forte du giron russe criméen cassant les griffes de l’aigle étasunien et de ses alliés, le vieil empire cacochyme, joue un dédoublement hyperactif où se jouxtent déclarations grossières de sanctions antirusses, hâbleries géostratégiques et vilenie antidiplomatique de toutes sortes, dont la visite actuelle de Biden qui prétend pouvoir déployer selon un mode rotatif des troupes étasuniennes aux pays baltes et le prochain voyage promis d’Obama auxdits pays baltes et en Pologne, sont les relents les plus extrêmes. Et à cette liste spectrale d’intenables excentricités hégémoniques et de burlesques voracités impériales, s’ajoutent la récente rupture des relations diplomatiques des Etats-Unis avec la Syrie, le bombardement des positions syriennes au Golan par Israël menaçant Assad, qui s’en est suivi, les troubles politiques au Vénézuéla, où il serait pathétiquement naïf de ne pas voir le bras du Département d’État ne serait-ce que pour exacerber la déstabilisation du gouvernement de Maduro hostile à l’impérialisme étasunien…

 

Quand un empire qui a régné partout par les guerres et interventions, se retrouvent malgré tout, en crise par ses incohérences, ses gabegies économiques mettant constamment le monde en crise, se met à montrer les dents dans des girons qu’il sait ne pas pouvoir dominer vu le rapport de force avec le pôle de puissance auquel il s’attaque, on ne peut que qualifier de gigotements tous azimuts et de singeries interventionnistes, ses grotesques prétentions de maître déchu de l’échiquier.

 

Quand personne dans un empire en crise n’a la sagesse de dire non aux niaiseries du délire de prépondérance planétaire, c’est à la gênante exposition de ses limites de pouvoir et d’influence que lui mène son entêtement nostalgique d’expansionnisme.

 

En politique, comme d’ailleurs à l’échelle individuelle, vouloir faire au-dessus de ses moyens, est signe de misérabilisme mental et d’absence totale d’assumation de soi.

 

Que nos politiciens occidentaux contemporains soient au moins dignes de la présomption de bon sens que leur a signifié le choix de leur establishment entériné par une partie de l’électorat! Point n’est besoin d’allier à la crise socioéconomique, le loufoque spectacle des vices d’une intelligence lacunaire voire de l’inintelligence politique la plus criante dans les relations internationales!

 

Quand on sait que la Russie respecte les règles du jeu géopolitique n’exerçant aucune manigance géostratégique hors de son giron de tête de pôle socioéconomique, politique et militaire, l’aventurisme hégémonique et géostratégique de l’occident en Ukraine (car c’est de cela qu’il s’agit), l’agressivité d’une implantation de l’Otan dans les régions très proches du territoire russe, seuls des candides et des soudoyés peuvent prétendre approuver l’action politique de l’occident en condamnant la légitime réaction de la Russie. La paix mondiale ne peut se faire par la provocation et la menace des puissances rivales de l’occident que celui-ci, expansionniste insensé, accuse au moment même de les attaquer dans leur sphère d’influence régionale.

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

Tag(s) : #Actualité
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