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Par Camille Loty Malebranche  

J’appelle diplolecte, tout terme ou langage abusif taillé dans l’artificielle signifiance politique de la diplomatie pour justifier sans explication logique mais comme par proclamation hiératique d’un ordre supérieur, la volonté des puissances étatiques qui l’émettent.

Je dois préciser ici, que l’idéologie est en soi un sociolecte procédant par croyances sociales sans besoin de référent, sans exigence d’appuis factuels. Démocratie, justice, égalité en droit… sont des éléments du sociolecte des États se payant de mots sans lien aucun avec la vie sociale mais tissant un monde parallèle qui n’est pas le monde des idées platonicien mais l’univers de la propagande et du sens arbitraire convenu aux us et choses de l’institution sociale et de leur détermination de la vie individuelle et collective dans l’État agressif des ploutocrates. Mais aujourd’hui, nous sommes dans l’occurrence de l’étayage d’un nouvel ordre discursif diplomatique où se précisent les mots nouveaux d’un interventionnisme légaliste onusien. Ainsi, les vocables tels « Humanitaire », « Communauté internationale », « Protection des civils » et plus récemment « Réponse forte », sont devenus un prisme neuf et mélioratif pour donner à voir comme juste et altruiste à travers la réfraction verbale, diplomatique des puissances impérialistes, ce qui est en fait de l’agression néocoloniale sous de nouvelles formes.

Le nouveau diplolecte ressassé jusqu’au blême, jusqu’à la répugnance par les puissances occidentales à l’Onu, aura été le vocable de « Réponse forte » à apporter à l’utilisation d’armes chimiques par le régime syrien.

 

Altération de la diplomatie

 

La diplomatie classique a toujours été un moyen pertinent de prévention des guerres où des États en discorde recherchaient la médiation et la pacification de leurs différends, celle d’aujourd’hui est une quête fébrile de la guerre par toutes sortes d’accusations et de diabolisations orchestrées par des États prédateurs. Une diplomatie de profération rhétorique belliciste par l’occident pour justifier l’agression des pays périphériques visés par l’hégémonie des puissances occidentales. Nous sommes dans l’invention nouvelle d’une diplomatie planificatrice de guerre lâche des puissances contres des pays inaptes à se défendre à cause du décalage technologique.

La diplomatie bello-punitive de l’occident avec ses mornes discours agressifs au sujet de l’usage prétendu d’armes chimiques par Damas, en étayant pour sa propagande,  l’expression neuve, imagée et poignante d’évocation: « Réponse Forte », a voulu asséner d’une frappe verbale plusieurs coups!  D’abord, ici, dilué dans l’adjectivation, l’usage allégué de la force contre la Syrie, paraît attrayant. Ensuite, le substantif « Réponse » proclamé urbi et orbi est employé pour rendre obvie l’idée de défense des populations. Donc, si l’occident voulait obtenir - avant la victoire diplomatique russe dans cette affaire - le feu vert onusien pour bombarder par ses missiles le territoire syrien, c’est seulement le caractère défensif non offensif de l’intervention et des bombardements souhaités qu’il faille retenir. Leur intention est pure comme l’aube, car une réponse n’existe pas sans une adresse préalable qui peut être langagière (une question, un propos) ou factuelle (ici une provocation militaire, une attaque), l’attaque chimique dont l’occident accuse Assad, laquelle attaque, donc, impose Moralement, un acte de Défense occidental au profit du pauvre peuple syrien gazé par son président.  Ainsi, sans même pouvoir rien prouver quant à la source de l’attaque chimique, les Etats-Unis et leurs alliés ont gavé la planète de leur propagande désinformante par le fameux diplolecte « Réponse forte ».

Prenez garde, peuples et gens de bien de la terre, car les pires agresseurs criminels de ce monde, les mêmes oligarques sans cesse renouvelés qui, depuis au moins cinq cents ans traitent la planète comme leur bien privé, au prix de toutes sortes de génocides, d’écocides, d’esclavagismes, de colonialismes, ont trouvé la formule nouvelle de la continuation de leur atavisme prédateur en se servant de l’Onu pour distiller un faux plaidoyer juridique au nom du droit international d’intervention pour protection des civils. Regardez l’Irak, l’Afghanistan, la Libye, ceux qui sollicitent votre assentiment, sont les mêmes professionnels avides de pulvérisation d’États, de génocides et d’hécatombes à degrés divers comme les guerres de basse intensité menées économiquement et à travers la déstabilisation de pays, l’empoisonnement des populations et de l’environnement par l’uranium appauvri, sans oublier le chaos planifié instauré en chacun des pays du Moyen-Orient  conquis par les bombardements protecteurs, les interventions militaro-humanitaires.

Qu’au moins votre « non » à l’interventionnisme fasse retomber sur la seule tête des oligarques ploutocrates hégémoniques qui dirigent derrière les structures où ils commandent leurs politicards de service, la responsabilité des crimes perpétrés contre les pays, les peuples et les humanités massacrées pour la prépondérance de quelques-uns! 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

Tag(s) : #Monde du Concept
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