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Par Camille Loty Malebranche

 

Deux concepts fondamentaux me convainquent de l’authenticité divine du Christianisme, en tant qu’il répond aux questions fondamentales onto-eschatologiques de l’homme en ce bas monde: 1) la Création de l’homme fait imago Dei. 2) la Rédemption à travers un Sauveur qui justifie et libère l’homme trop faible pour se sauver lui-même.

 

 La Création 

Transmissisme divin ou Kénose positive.

 

Le concept de kénose renvoie au vidage, au dépouillement de soi, mais en Dieu, la kénose demeure positive. Loin de l'idée de Hölderlin qui disait que "Dieu crée le monde comme les océans créent les continents, en se retirant", Dieu n'a eu guère besoin de se retirer pour créer le monde matériel, car Esprit, la matière ne saurait restreindre sa place! C'est seulement au niveau de la création des esprits, les anges et l'homme, qu'intervient ce que j'appelle la kénose positive de Dieu, en tant que sans cesser son absoluité, Dieu s'est relativisé, a relativisé sa substance exclusive d'Esprit en se créant en quelque sorte, des semblables par la substance, quoique non par les attributs divins spécifiques qui le font le Seul et Unique Dieu.   

Dans le christianisme, l’homme est à la fois une substance transmise et un corps créé. Pour le corps, nous savons tant par le créationnisme que par l’évolutionnisme, que l’homme est né de la terre, relève de tout un processus de transformation du minéral évoluant vers l’animal, ce règne auquel appartient l'humain physique. Mais le plus complexe chez l’homme, c’est l’esprit qu’il est. Nous entrevoyons l’esprit comme substance divine transmise car l’homme est fait à l’image de Dieu, or Dieu, en tant qu’Esprit ne saurait mouler un être fait à son image, procédant de sa substance, dans la terre, ni le tailler dans la pierre, ni même le faire surgir par la parole dynamique, démiurgique via laquelle il a créé l’univers. Les esprits, faits de la substance de Dieu sont des êtres singuliers en qui Dieu s’est transmis. Sans être Dieu, ils portent la substance spirituelle de Dieu, même si en aucun cas, ils n’en auront les prérogatives de Maître suprême qui détermine le fait d’être dans sa globalité, se manifestant l’Être dont tout être relève. L'autovidage volontaire de Dieu fut conçu par lui, pour lui permettre d'engendrer des êtres capables de choisir de devenir ses proches dans un partage d’amour. La kénose positive ici constatée, est donc le prélèvement de Dieu sur son propre capital ontologique. Nous sommes loin des croyances émanistes qui voient l’homme comme s’exhalant d’un principe cosmique ou du cosmos physique lui-même. Nous proclamons la vérité d’une Création divine complexe mystérieuse où Dieu s’est comme dépouillé de soi pour permettre l’apparition d’êtres spirituels, anges et hommes qui choisiront leur manière de vivre, leur vie d’être avec ou contre Dieu, même s’il est clair que Dieu les a créés pour le partage de l’amour supérieur que seuls des êtres spirituels peuvent connaître.  

  

La Rédemption

Le Sauveur qui justifie.

 

Voici un dogme qui fait du christianisme, une spiritualité atypique: le Mystère du Messianisme rédempteur du Christ. Le message de la Rédemption venu de Jésus, l’Homme spécial du Verbe incarné, le Christ.  D’abord, dans le christianisme, Dieu est un Deus Loquens, et son Verbe est une dimension en soi, vivante, une hypostase divine en langage théologique. C’est comme dimension de Verbe que Dieu communique à l’Homme et c’est cette dimension de Verbe qui, en Jésus, a consacré ce dernier, Christ, Homme spécialement fait pour porter le péché de l’humanité déchue. La déchéance de l’homme, ma foi, est si évidente, que ce serait de chipoter avec des truismes insensés que d’en discuter l’existence. Maintenant, ce qui est exceptionnel dans le christianisme, c’est la justification du pécheur malgré sa peccabilité omniprésente dans un monde déchu, malgré toutes les faiblesses nées de la déchéance espécielle dont la chute d’Adam est l’allégorie mythologique, l’homme qui accepte le Salut offert en Jésus, l’envoyé céleste, est justifié, c'est-à-dire déclaré juste. Personnellement, je trouve dans cette conception chrétienne du Rachat à travers la vie sacrificielle de Jésus et la preuve de son authenticité qu’est sa résurrection, un rocher à la vraie foi, une pierre de touche de la Véritable spiritualité.

Un fait spécifique au christianisme découle de l'Incarnation et de l'oeuvre de la Rédemption: l'anthropocentrisme du salut que Dieu donne. Dieu envoie son Verbe se faire homme pour racheter l'homme déchu et faire de ce déchu, un vieil homme dont le nouvel homme, né de nouveau en Christ, se débarrasse, libéré qu'il est de la défroque salissante du péché et de ses conséquences lugubres de culpabilité, de damnation et de mort. Le christianisme nous livre donc le visage d'un humain spiritualisé, libéré du charnel psychologique à travers le ministère christique qui est un ministère humain, même si le plan de Rédemption est l'oeuvre exclusive de Dieu!

Ainsi, sur le visage ineffable de Jésus ressuscité, monté et glorifié, c'est la préfiguration du visage de l'homme racheté qui se dévoile dans toute la part de magnificence et de théomorphisation de l'homme élu, divinement adopté selon la volonté du Dieu Père qui intègre l'humain dans son plan paternel du Salut. 

Et, que le Christ Jésus libère l’homme de toute cérémonie contraignante, de tout rite et de tout artifice cultuel pour faire de l’être de l’homme, le temple par son corps, le célébrant intérieur et actif en tant qu’esprit et hôte béni de Dieu, sans les litanies, les pèlerinages et les formes coutumières des religions de tous ressorts, consacre ma certitude que la révélation Christique et Chrétienne est la Spiritualité juste et authentique à suivre et à intégrer.  

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

 

Copyright © Camille Loty Malebranche - blog INTELLECTION -  2015

Tag(s) : #Monde du Concept

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