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Par Camille Loty Malebranche

 

À dérouter les cohues qui se plaignirent, se lamentèrent devant lui sur la mort de gens massacrés par Pilate ou écrasés sous une tour effondrée, Jésus leur dit « croyez-vous que ces gens fussent les pires pécheurs de la ville ?» « Vous, allez, convertissez-vous de peur que la même chose ne vous arrive! » Ici, la confirmation par le Sauveur que nos pensées et actes attirent des situations par delà leur contenus et énoncés immédiats, est claire et sans équivoque.

 

Nous sommes des déclencheurs souvent inconscients de conséquences bonnes ou mauvaises, causes et nautoniers de nos pinacles et de nos enfers par nos justes transcendances ou nos effondrements selon l’influence des suggestions négatives destructrices rendues toujours autodestructrices quand nous les acceptons, enfantant le mal qui nous envahit de nos propres pensées, du social et de l’univers immatériel. D’où la nécessité de la prière intérieure permanente qui est affirmation du bien et autoprogrammation positive.

 

La froideur perceptive et mystique de Jésus sur ces cas d’horreurs et de malheurs frappant des gens, est pour le moins au premier abord déroutante. Jésus qui a pris sur lui tous les malheurs de l’humanité, Jésus qui a subi les terribles retombées en souffrances du péché inscrit dans l’espèce humaine déchue, en guérissant malades et infirmes et en pardonnant les péchés particuliers  de tous ceux qui croyaient, Jésus, l’homme qui a été sur terre l’incarnation même de l’amour altruiste comme pendant de son Amour ontologique de l’humain dont son ministère christique est la Rédemption, nous dit en fait par sa froideur que la charité ne saurait se résumer par des sensibleries où les coupables sans repentance et même les pires haineux et criminels se donnent à voir dans leur instinct naturel d’empathie occasionnelle sans rien changer dans leur vie de méchanceté et d’impiété. Ceux qui tuent et vouent à toutes formes de morts physique, sociale, intellectuelle, économique, mentale, morale et autre, leurs semblables, ceux qui utilisent leur corps pires que des bêtes en totale reddition à leur pulsion charnelle, ceux qui n’ont aucun souci de piété, ceux pour qui Dieu n’est nullement une préoccupation, ceux qui ne se perçoivent même pas selon leur nature immatérielle comme esprit incarné et en route qui doit évoluer par la Rédemption vers la Félicité éternelle de Dieu, ne sont en fait que des cadavres mouvants. Et la charité du Christ dit sans complaisance aux hypersensibles sans foi ni conversion, que l’homme est métaphysiquement responsable de certains de ses malheurs qu’il attire en se séparant de Dieu.

 

L’homme sans conscience spirituelle et sans Dieu, n’est qu’un animal évolué, un minéral métamorphosé organique avant de redevenir minéral. Seul l’esprit conscient de soi et assumant sa vérité, sa nature est au-dessus des schèmes matériels de l’animalité et de la minéralité.

 

L’homme du monde, homme du charnel psychologique, en renonçant à l’ascension dans le soi spirituel et la sphère divine, est chose des aléas de toutes sortes, en danger permanent de destruction patente s’étant lui-même autodétruit de l’intérieur. La voix du Christ nous rappelle donc que la Toute-Puissance de Dieu préserve l’homme selon l’esprit de la puissance multiforme du mal qui sévit en ce monde. Un monde où il n’y a de refuge nulle part sauf dans l’univers spirituel et divin inaccessible et inattaquable aux multiples manigances du mal, depuis le péché jusqu’aux contingences effroyables frappant ce qui est périssable.

 

La seule modalité de protection de l’homme ici-bas, est donc, tout en ayant la claire vision du monde extérieur, de développer un espace intérieur où il vit fixé sur le Bien total qu’est Dieu. Chacun doit acquérir et consolider sa capacité à s’ancrer dans la sphère de l’esprit et de Dieu, jusqu’à ignorer intérieurement les maux qui ravagent et terrifient à l’extérieur le monde, au point de vivre dans un espace étranger au mal. Notre regard sur le mal doit être celui de l’analyste objectivant mais jamais du sujet imprégné. C’est le travail inlassable de toute une vie, vu l’omniprésence envahissante, incommodante du « réel » avec ses monstruosités.

 

Être sujet transcendant impassible en soi face au monde et à ses maux, tout en étant pleinement conscient du monde au point de le critiquer pour en proposer avec pertinence et lucidité de possibles corrections, telle est la voie de l’esprit pleinement conscient de soi en route vers son entéléchie éternelle.

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE  

Tag(s) : #Monde du Concept

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