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Par Camille Loty Malebranche

 

En pensant à la consécration onusienne de la date du vingt-et-un septembre comme journée internationale de la paix, je n’ai pu éluder - fors l’aspect intérieur métaphysique, strictement spirituel de cette rarissime denrée qu’est la paix en ce bas monde de tous les tourments, de toutes les vicissitudes et turbulences, aspect sur lequel je reviendrai sans doute un autre jour - de regarder d’un peu plus près les obstacles à la paix mondiale et sociale. Il faut dire que les butoirs à la paix sont à degrés divers. La guerre n’est que le mur le plus patent, le plus immédiat à la paix, car toutes les paupérisations, les violences de rue, les politiques économiques imposées, les gouvernances tyranniques sont autant de heurtoirs contre lesquels se brise la paix dans la vie des hommes au cœur de l’interaction sociale et mondiale dans un monde aux limites de plus en plus ténues, sur une planète aux distances fortement réduites par les technologies de communication.

 

À l’abord du délicat sujet de la paix, il est essentiel de constater que tout acte d’agression mentale, physique, économique et autre, ne fait que révéler la faille intérieure, le vice d’assumation existentielle, le déficit d’humanité de l’agresseur dans son rapport à soi où il cherche à combler un vide par la violence négative voire létale au lieu de se violenter par la transcendance et la réforme axiologique de soi selon l’esprit. Quiconque veut dominer et soumettre autrui - qu’il soit un individu, un État, une organisation internationale, une nation, une société, un empire financier, industriel, pharmaceutique ou commercial - est un ennemi, un monstre contre la paix, parce qu’agresseur de l’humanité.

 

S'il n'y a pas de conflagrations mondiales en ce siècle, les guerres régionales font rage un peu partout et des formes de guerre comme celle dite commerciale telle entre étasuniens et chinois mais aussi les guerres des pôles d'influence comme celle de Syrie entre les étasuniens et les russes, sans oublier les tensions nord-sud à l'instar de ce qui se passe entre les Usa et le Venezuela, sévissent un peu partout sur le globe. La seule possibilité de paix planétaire, viendra lorsque la convoitise des richesses et de la suprématie des uns aux dépens des autres, cèdera la place à un rapport non compétitif qui désamorce les ferments hégémoniques entre les peuples, pour enfin primer ces sortes de machines infernales que sont les États où se perd l’humanité des nations au nom desquelles pourtant lesdits États prétendent procéder.

 

Entre-temps, il faudra changer le rapport à soi tant de l’individu que de la société. Faire en sorte que les humains se perçoivent différemment et conçoivent la richesse, le pouvoir et la gloire comme venant des tréfonds et non de l’agression d’autrui. Il faudra réinventer le concept de force, démanteler l’idée même d’empire qui va toujours avec cette autre abomination qu’est la conquête intronisée bêtement socle de toutes les apothéoses et épopées au long de l’histoire, et présenter les criminels pour ce qu’ils sont, des ennemis de l’humanité. Car l’enseignement indigne de l’histoire consistant en la magnification des actes de prédation et d’assujettissement d’autrui, est une voie de reproduction du tempérament agressif dont les guerres s’alimentent. C’est nous et nos enseignements qui, au fil des générations, reproduisons les monstres et les monstruosités dont, cependant, nous nous plaignons!

 

Il faut reconstruire les identités nationales sur une base de respect de toute l’humanité plutôt que de maintenir les suggestions inhumaines d’une différentiation par l’agression selon laquelle les déclarés grands peuples et grands pays sont censés s’imposer aux plus faibles, inférieurs bons seulement à soumettre. La paix ne sera que lorsque tombera la perpétuation didactique de l’identité idéologique qui doit dominer pour se manifester, s’imposer… Et, pour la paix intérieure des États, il faut que les classes sociales, sinon disparaissent, à tout le moins atténuent leur clivage, en enrayant les oligarchies de la carte des sociétés, en transformant l’ordre pathologique de la finance, de la manipulation, de l’accumulation compulsive, en ordre de coopération entre les membres de la société où dirigeants et dirigés n’auront pour priorité que le bien-être de tous sans que personne ne frustre personne. Car la frustration des uns par l’ordre créé ou maintenu par les autres, est un terreau diaboliquement fertile en violences sociales.

 

Il faut également repenser les codes tant obvies que tacites qui prédéterminent enclenchent les modalités des relations humaines et interétatiques. L’interlocution respectueuse, l’échange équitable sans volonté d’infériorisation mais de partage à hauteur d’homme priorisant la valeur humaine sur les biens et ressources matériels.

 

C’est l’humanité qui doit changer et être en un peu plus de congruence avec les valeurs supérieures par lesquelles, elle se définit elle-même, la bénignité, l’estime de soi pour estimer autrui, l’altruisme, le soutien réciproque à la dignité des uns par les autres... 

 
La proclamation d’une journée internationale annuelle de la paix célébrée par l’Onu, ne peut ne pas interpeller notre conscience sur les mots que nous utilisons et les rapports indolemment factices aux idées et idéaux que l’homo sapiens use dans sa mime d’évolution méliorative pour se laisser croire noble, sans jamais oser y oser vraiment ni faire le moindre travail sur soi pour être conforme à ses soi disant vœux!

 

Tant que les hommes n’auront grandi pour dépasser leurs démons de violence agressante d’autrui par besoin maladif et nocuité mentale de se prouver grands à leurs yeux au détriment de leurs semblables, leur comportement sera la principale pierre sur laquelle achopperont les vœux d’une paix sociale et mondiale.

 

Tant que les hommes ne se seront libérés des pulsions et fausses valeurs de prépondérance par la violence négative sous une forme ou sous une autre, la paix demeurera fatalement une disutopie, une vacuité sonore prétentieuse pour flatter la fatuité verbale faussement votive d’un monde dénaturé et indigne de ses prétentions. Monde qui n’est humain que par le titre qu’il s’octroie parmi les espèces peuplant cette planète qu’il empoisonne de ses actes mortifères, létalement violents et inhumains!

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

Copyright © CAMILLE LOTY MALEBRANCHE - Blog INTELLECTION -  2016

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Tag(s) : #Monde du Concept

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