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Par Camille Loty Malebranche

 

Les mythes, précisément les mythes fondateurs, sont comme l’Adn sociohistorique des nations. Le tempérament des nations et le caractère de leur intervention sur l’échiquier de l’action et de l’interaction avec autrui, se dessinent en filigrane dans leur mythologie fondatrice.

 

L’histoire naît du mythe, c’est même tautologique de le rappeler. L’agglutinant qui tient ensemble les humains en société, entité sans laquelle, l’histoire, au sens strict, n’existe pas, passe nécessairement par des mythes fondateurs. Il s’agit de proximité affinitaire déterminant et fondant cette autocréation des groupes humains: l’identité. Identité, germination d’une weltanschauung commune que prédéterminent les liens de sang, d’espace que cimente le mythe. C’est de ce terreau mythique que surgit tel mode de mise ensemble plutôt qu’un autre, tel schème de codes, telles modalités du mitsein social plutôt que telles autres, alors que la phratrie d’à côté, a les siens propres, si différents! L’histoire, parce qu’elle est toujours histoire d’une nation donnée, est toujours identitaire et donc part toujours un peu des mythes fondateurs nationaux. Avec l’histoire, la multiplication des populations, la naissance des civilisations, la formation des blocs internationaux, la constitution des institutions supranationales de toutes sortes, les identités se sont elles aussi multipliées et diversifiées, prenant plusieurs modes d’ajustement à la réalité endogène, exogène, régionale et externe des nations, des groupes nationaux etc…

 

Malgré toutes les évolutions sous-tendues par des intérêts économiques, mais aussi culturels notamment religieux (la civilisation occidentale née du gréco-romain, par exemple, l’a montré avec le catholicisme dans les siècles antérieurs où ce fut sa carte de visite après les incursions grecques et romaines bien païennes), il est intéressant de remarquer quen dépit des dénégations de l’ethnie et de la couleur, les civilisations supranationales se sont toujours fortement ethnicisées. L’occident, même aujourd’hui encore, c’est le descendant d’Europe occidentale et sa diaspora américaine, océanienne etc… Les  slaves et autres ethnies europoïdes sont traitées un peu comme les autres peuples non europoïdes, c'est-à-dire infériorisés par l’idéologie occidentale, à qui l’ « élite » occidentale fait ses leçons d’humanité que d’ailleurs, elle se garde d’appliquer dans ses politiques de barbarie belliciste, financiariste, néocolonialiste un peu partout sur cette planète.

 

Le délire de la lumière prométhéenne de la liberté des élites à apporter, quitte à asservir tous, la rage de la guerre et de la conquête des héros odysséens, influençant la mentalité impériale de Rome, la paradoxale philosophie esclavagiste et ostraciste de la démocratie grecque, la mégalomanie militaire conquérante d’Alexandre le Grand et plus tard de Jules César - lequel est loué par nos historiens d’empire pour magnifier l’impérialisme belliciste, alors que nos soi disant démocraties évoquent à peine la république romaine démocratique, mise à mort par ce dictateur militaire - sont là comme les organigrammes des monstruosités prédatrices contemporaines d’un occident qui, malgré ses immenses progrès scientifiques, techniques et technologiques, et surtout à cause dudit progrès, préfère s’octroyer le droit combien criminel et terroriste, de faire du monde un lieu de chasse des richesses d’autrui, de violences guerrières, et économiques, de racismes mous inavoués… Si j’ose ainsi parler, c’est que, pour une communauté qui fait au monde la leçon de la démocratie et de la non violence, intervient en père fouettard quand ladite leçon est mal apprise, même en tenant compte des petits espaces intra-occidentaux de libertés bien contrôlées et fort limitées qui procurent certains aspects justificateurs quoique ténus à la propagande de démocratie criée urbi et orbi par les maîtres de l’occident, il est dépitant de constater que le même occident, hors de ses frontières, demeure la gueule dévorante de bien des peuples et régions qu’il continue de transformer en proies malgré tous les sourires et les mots contraires.

 

Naturellement si nous parlons de prédateurs au sujet d’humains et de civilisations, il faut se rappeler toujours la neutralité animale de la prédation qui est un acte instinctif programmé pour la survie. Malgré leur ressemblance, ce n’est jamais la même chose quand l’homme, animal qui chasse préférentiellement dans sa propre espèce, s’exécute éhonté en arguant et en justifiant idéologiquement ses miasmes criminels. D’où, notre difficulté à croire que les anthropomorphes organiques de la politique et de l’économie de tous les pays, de toutes les couleurs, ethnies, sociétés ou civilisations soient vraiment humains ni même bestiaux, car la plus ignoble bête envisagée ne planifie oncques par haine et méchanceté, la destruction rationnelle et sadique ni d’autrui ni des siens.

 

Nous y reviendrons…

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Tag(s) : #Monde du Concept

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