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Par Camille Loty Malebranche
 
 
 
 
L’idolâtrie commence dès que l’homme cède à une attraction qui capte sa passion et soumet sa volonté en primant Dieu. L’idolâtrie est aussi toute appétence vers cette chose, cette situation qui finit par primer l’humain au point qu’on peut y sacrifier l’homme et le respect global qui lui est dû! Toutes les fois que ton rapport mental, sentimental ou comportemental à toi-même à autrui ou à l’univers, consacre un être, un objet ou une condition au-dessus des principes sacrés où Dieu, ta nature spirituelle et l’homme n’ont pas la primauté, tu es un idolâtre qui s’ignore.
 
 
Dans chaque acte qui sacrifie la gloire de Dieu à un autre être ou chose, il y a un abandon de la vérité, une idolâtrie inavouée qui se substitue comme un ersatz du divin; dans chaque acte où l’homme est assujetti au nom d’intérêt systémique, institutionnel, oligarchique, c’est une idolâtrie innommée qui se profile en succédané de l’humain.
 
 
Dieu seul est digne d’adoration et, ici-bas, l’homme, imago Dei, est le seul être qui doit déterminer l’orientation des systèmes sociopolitiques, économiques afin de permettre la plénitude émancipatoire et expressive de la vérité spirituelle de l’humain.
 
 
L’idolâtrie, effet axiologique.
 
 
Si dans les temps d’avant la science et la désacralisation de la nature qu’elle a sécularisée, l’idolâtrie fut la conséquence de la fascination devant les forces de l’univers, aujourd’hui, c’est le fonctionnement institutionnel et idéologique de la société qui moule des latries et impose ses idoles inavouées.
 
 
Que de faux sacrés sont en effet propulsés dans une société soi disant laïque! Les formes séculières du sacré ont érigé la séduction corporelle en latrie en réduisant - à travers un monisme desséchant - l’homme et l’univers à la simple dimension physique ou organique dont l’esprit ne serait qu’une fonction, pour faire oublier toute sphère spirituelle et éteindre toute intuition spirituelle! Le mode économique a fait de la finance une idole à laquelle tous obéissent de force par la dictature systémique de l’État. Et l’argent liquide ou électronique, quant à lui, est devenu le nouveau dieu suprême de l’olympe symbolique et opératoire des richesses et de l’échange. L’ordre du travail a imposé un culte du temps rempli qui, selon lui, serait gaspillé et perdu si l’homme ne le consacre exclusivement à la production rentable. Les médias façonnent le rétiaire des réflexes de consommation en adoration de l’avoir et de la mode. Le système éducatif produit les graduations officielles de la répétition et de la rétention psittacistes ponctuées de titres, en religiosité du savoir. Un savoir souvent factice car idéologisé, qui n’est souvent que programmation pour la fonctionnalité réflexe dans les « normes » sociales. Les religions institutionnelles orchestrent la divinisation de l’institution sacrée sans se soucier de Dieu. Car ce n’est pas pour Dieu mais pour la gloire de leur institution officielle de tutelle que la curie et sa prêtraille (prêtres, pasteurs et autres célébrants du même ordre) distillent leur cérémoniel de rites que la fonction hiératique, est censée sanctifier! Ailleurs, dans le profane commercial ouvertement profane car sans masque hiératique, les marchands de produits de toilette et de service de mise en forme physique étayent par leurs publicitaires une étrange adoration iconique de la beauté idéale selon la mode, à laquelle doit s’ajuster impérieusement et religieusement le corps. Une somatolâtrie iconique de consommation qui engendre en dommages collatéraux de grandes pathologies et souffrances telles la dysmorphobie et d’autres graves complexes.  
 
 
Ce qui est attribut constitue une virtualité dans les facultés humaines. Quand la nature intérieure est ignorée par un monde rivé à la toison sensorielle des choses, l’homme se perd dans toutes formes d’idolâtries en substituts de la transcendance pressentie mais déviée dans les chenaux méandreux du dédale idéologique de la réalité. Ainsi, des milliers de figurations du suprême, du désirable du mélioratif distillé par les organes de maintien et de reproduction sociaux se chargent d’instiller au mental individuel et collectif des affects et représentations de ce qui doit happer l’attention des humains et s’imposer à tous comme repères et schèmes de valeurs. L’axiologie, encore une fois, est le fondement. Car c’est par des valeurs que l’on substitue des postiches aux dévolus essentiels de la nature humaine émiettée par les rudiments du parler et du faire social.
 
 
Pour revenir aux sources métaphysiques spirituelles chrétiennes, le péché  est toujours de racine idolâtrique, parce qu'émanation ne serait-ce que ponctuelle et passagère d'un autre primat que Dieu, car celui qui a la conscience de soi comme esprit, éveillé à la présence de Dieu dont il est image, ne donne de priorité qu'à Dieu et n'obéit qu'à Dieu.
     
 
CAMILLE LOTY MALEBRANCHE
 

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Tag(s) : #Monde du Concept

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