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Par Camille Loty Malebranche 

 

 

J'appelle inchoation humaine, la marche consciente de l'homme sachant se reconnaître esprit en évolution qui doit choisir la bonne route sans quoi, il déchet dans le contraire de soi, dans l'aliénation métaphysique. Évoluer, c'est le conatus choisi volontaire de l'être spirituel sinon, c'est l'involution vers l'effacement, le non être préoriginaire. 

 

En métaphysique croyante - sans être un truisme, car il n’y a pas de truismes dans le monde de la Vérité sauf celui de la « réalité » - c’est une évidence saisissante que cette vie constitue la route vers la fin dernière spirituelle de l’homme. De cette vérité fondamentale, il ressort donc que l’identification de la route et l’engagement sur sa voie, sont donc le but de la vie, la gestion kairologique de la temporalité humaine.

 

On ne brûle jamais les étapes, on est soit évolué et mûr pour la moisson humaine soit rabougri et piètrement inapte parce qu’avorton jamais vraiment né ni vivant. Il est question des  deux niveaux de conscience qui font les évolutifs et les avortons en ce monde. Ceux qui se reconnaissent en route vers le vrai soi, sachant que cette vie est précisément une sorte de configuration prolégoménale à leur ipséité à venir; et les autres, la foule infecte des arrivés arrivistes.

 

À ce niveau se précise, les deux sortes d’occupants de l’arrivée: le cheminant réalisé et l’arriviste parvenu. L’arrivisme est d’abord métaphysique avant d’être social où il pue partout: dans les palais, les châteaux, les masures et les cloaques.

 

Nul ne peut évoluer dans l’être sans avoir connu la sueur de la route, la poussière du chemin, l’angoisse des déroutes, la fatigue du cheminement, les levers et couchers de soleil, les nuits épaisses, l’attaque du froid, les terreurs de la peur et l’affermissement du caractère, sans omettre les joies et les grands plaisirs, objets du désir qui, s'ils ne sont pas maîtrisés peuvent devenir diversions inconscientes et faire oublier que cette chronologie du vivant en action n'est qu'un cheminement, qu'un kairos (temps de conquête de soi) où l'occasion de nous trouver nous est gracieusement prêtée... Tout cela constitue les multiples victuailles formant le viatique du voyage qui fait de l’homme le voyageur nourri de son vécu, mûri de son parcours. Pour l’homme de foi, l’évolué spirituel, c’est la grande capture d’énergie et de volonté pour maintenir la route et atteindre l’autre rive où tout commencera.

 
L’homo viator est donc l’évoluant de la route, conscient de l’itinéraire vers la vie qu’est sa présence au monde où il doit apprendre à naître à lui-même. Il se sait le maïeuticien de soi, le clairvoyant qui doit se reprendre à chaque dérapage éphémère. Car ici-bas, la route est la mission de l’homme.

 
Dans notre brillante et belle société de maniérés, de mégalomanes agressifs, de simulateurs sinistres, de parents indignes ou corrupteurs, de fonctionnaires et de politicards, véritables rejets de l’autoritarisme et de la méchanceté, avec toute la roture d'aristocrates et de monarques nus sans autre noblesse que leur titre et leur privilège, l’arrivisme prolifère comme une règle de la déchéance collective. Cela, naturellement, révèle l’état putréfié de nombreuses consciences dans la conscience collective.

 

Quand tout se borne à l’immédiat et au faux-semblant des rôles, où chacun est comme un mime de la bouffonnerie institutionnelle, l’évolution de l’homme dans ce qu’il est de meilleur temporellement pour le social comme strictement esprit en marche dans le sens de son être, n’est plus une inchoation de l’essence humaine mais déchéance dans l’insensé où l’homme ne peut se reconnaître autre dimension que celle de l’animal humain incapable de la moindre inchoation.  

 

Quant aux « arrivés » qui n’ont jamais été en route, ces avortons que l’on voit se vautrer dans l’incohérence de leur esbroufe sociale au sein d’une société de la simulation et de l’exhibition, ils sont l’incarnation de la présence absente dont plusieurs relèvent. Légions de soi disant membres, par leur morphologie, d’une espèce qu’ils galvaudent, piétinent, maculent jusqu’à la plus extrême, la plus méconnaissable altération. 

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Tag(s) : #Monde du Concept

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