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Par Camille Loty Malebranche
 
 
 
Hominisation, Humanisation, Anthropoïsation constituent le triplet conceptuel d’une anthropologie généalogique, c'est-à-dire l’étude du parcours de l’espèce humaine, dans une perception historique, selon une perspective socioculturelle et métaphysique.
 
Le problème posé à l’entendement humain, lorsqu’il veut établir une généalogie fondamentale de l’espèce humaine, voire des espèces, n’est pas celui de la Création mais des modalités de la Création. Ceux qui observent et tentent de décrire en remontant aux premières apparitions vont se diviser en deux catégories: ceux qui pensent que seule la matière existe, qui se bornent à la description de ce qu’ils croient découvrir, et ceux qui cherchent à comprendre la matière et la détermination qui sous-tend la matière. En fait, la dissension entre les deux camps sur la Création n’est pas entre créationnisme et évolutionnisme, mais entre créationnistes matérialistes et créationnistes déterministes. Tous en fait, sont créationnistes à un degré ou à un autre. Car la Création comme méga-présence, fait évident avec ses présences particulières que sont toutes les créatures de tous les règnes et espèces, reste et demeure l’ « objet » de toute démarche de connaissance des origines. Et, quand on vise l’origine de la créature humaine et son évolution, force est d’admettre qu’elle ne répond à aucune forme de théorie matérialiste fondée sur le corps et ses transformations historico-phylétiques.
 
L’homme, seul être de la Création, seule créature à défier la nature et qui, après avoir engendré la culture comme être social, se projette en sujet singulier jusqu’à choisir sa propre vision d’un destin individuel, s'intronise en tant qu'une dimension insolite: la dimension humaine que jamais aucune étude de la matière vivante ne pourra expliquer ni même interroger selon les méthodes de la science!
 
La téléologie, ce pouvoir de se projeter dans et hors du temps, cette prérogative d’interroger le sens qui n’a rien à voir avec les sens, est irréductiblement amatérielle même si elle utilise le cerveau.                           
 
Les tenants du biologisme et du phylétisme qui s’efforcent de prouver l’animalité exclusive de l’homme qu’expliquerait l’humanisation, de par leur souci à vouloir comprendre et expliquer ce qui n’est nullement nécessaire à l’être biologique animal de l’homme, se désavouent en prouvant exactement malgré eux, par la nature cognitive de leur souci, le contraire de ce qu’ils soutiennent. Ils démontrent sans le savoir que l’animal humain ne souffre pas d’être réduit à l’animalité que sont le biologique et l’organique qui se serait « psychisé » par spéciation. L’humain, même perçu du plus triste négationniste des mystères et dévolus supraorganiques de l’humanité, dénigré par les plus pitoyables souteneurs des thèses que j’appelle zoo-anthropologiques, résiste comme une nature insolite à tous les baragouins réducteurs et verbiages parascientifiques, idéologiquement imposés comme science.
 
                       Hominisation    
 
 
La théorie de l’évolution a introduit dans l’histoire épistémique du monde, le concept d’hominisation pour étayer l’anthropologie phylétique et préciser la spéciation de l’embranchement des primates qui allait déboucher au bout d’étapes supposables, sur l’homo sapiens. Cette élaboration conceptuelle avec ses hypothèses auxquelles, d’ailleurs, manquent bien des pièces de ce que les évolutionnistes appellent eux-mêmes le « chaînon manquant », pour être une vérité scientifique, ne saurait réellement expliquer le devenir complexe immatériel de la nature humaine par delà l’organique. L’hominisation reste une perception strictement organique qui voudrait trouver et comprendre le déclic primatologique qui a conduit au phylum humain. Aucune élaboration sur les origines ne peut sainement se prétendre une science mais une tentative épistémique de comprendre, car le mesurable en ce domaine est trop ténu trop peu synthétisable pour être épistémologiquement constitué en science, définie scientifique. Les tenants de  l’évolutionnisme, en se penchant sur la matière organique, l’adaptation au milieu environnemental, les mutations de la vie, les incidences génétiques et épigénétiques avec toute sortes d’instruments de mesure et en usant des sciences biologiques pour étudier les échantillons passés et présents du vivant, confèrent à l’Évolution un apport scientifique dans sa démarche; toutefois, son cursus théorique en soi, n’est nullement une science mais une perception des choses, conçue à partir de ce que leurs recherches leur laissent supposer.
 
                       Humanisation 
 
L’humanisation, voie immédiate de tout humain né dans ce monde, car, autant qu’il n’y a pas de société inculte, autant tous naissent dans un environnement qui le bâtira culturellement, l’humanisera. L’humanisation est donc la construction non de l’esprit qui reste lui métaphysique, mais de l’entendement c’est à dire des modalités cognitives et émotionnelles de l’homme dans ses rapports, ses interactions globales avec la société et partielles avec soi et l’être. Car l’homme demeure quand même un être d’intériorité autant que de société. 
 
                     Anthropoïsation               
  
L’anthropoïsation (à ne pas confondre avec l’anthropisation qui est un concept nouveau de l’écologie et du rapport de l’homme à l’environnement au sens écologique), est l’essor métaphysique de l’esprit vers soi-même, sa vérité et sa réponse comme mode d’assumation de soi selon sa nature immatérielle, son destin transcendant dont ici-bas est la route. Les thèses créationniste et évolutionniste, nous le savons depuis Teilhard de Chardin, ne sont pas forcément antithétiques. Il reste à chaque conscience de comprendre et d’envisager la Création et son parcours historique et ontologique, temporel et atemporel.
 
L’Homme, être atypique, ne dévoile toujours pas sa vérité ontologique par le seul schème de la matière ou de l’objectivation. Les révélations, les expérimentations intérieures et les intuitions spirituelles sont autant d’autres chenaux permettant une certaine connaissance anthropologique intégrale.
 

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Tag(s) : #Monde du Concept

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