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Par Camille Loty Malebranche 

 

Dès la naissance, l’humain au monde est happé par son individualité somatique immédiate et par l’environnement social le conditionnant pour une individuation mentale, selon les structures institutionnelles de la parenté, de l’ethnie, du socioculturel et du civilisationnel… Le moi est précisément le produit effectif et actif de cette double individualité. Dès lors, automatiquement, le soi va se diluer dans le moi façonné de l’individualité duelle somatique et mentale, jusqu'à littéralement disparaître pour la plupart des individus. Seul chez les évolués spirituels, le soi se marie au moi car il se manifeste conscient de lui-même dans toutes les contingences du moi. 


Le soi est essentiellement l’ipséité collective, la somme des caractères auxquels on reconnaît l’humanité. C’est la face « ousia » propre à l’espèce humaine. Il n’y a qu’une sorte de soi, toutefois le soi n’est pas indifférencié en l’être au monde où il doit évoluer ou être nié selon les stades de conscience de chaque humain. Car il y a autant de différenciations du soi qu’il y a d’hommes à assumer l’ipséité collective. De l’espèce à l'individu, le soi signifie la nature profonde et son essence. Mais sa conscience qui choisit l’expression de l'individu tel qu’il le manifeste dans l’action, est souvent enténébrée parce que non éveillée à sa propre nature spirituelle. Le soi est donc souvent une conscience ignorante, qui est en rapport interactif incongru avec lui-même, avec le fait d’être, avec le monde... Rapport ontologique qui n’est pas encore métaphysique. 

De la nature, l’espèce en tant que globalité, le soi est un au départ, un en tant que don suprême, architecture offerte au gérant constructeur qu’est le moi qui est multiple vu l’exigence et la factualité du choix de soi dans les innombrables conditions individuelles, choix que l’individu porte comme vision de lui-même à projeter et réaliser dans sa condition concrète particulière. 

L’humain est donc le soi espéciel qui se singularise dans la pluralité des individus. Le soi est onto-substantiel et le moi, onto-contingent. Le soi transcende le phylétique. Le soi, comme plan, architecture, c'est-à-dire nature potentielle d’homme, de personne à construire par delà l’individu fatalement membre de l’espèce, a donc la mission de maîtriser le moi pour s’assumer l’essence profonde qui est esprit et qui, seul, peut s’élever au statut d’humanité et être une personne humaine. La personne humaine, figure rarissime que pourtant porte en latence, chaque membre de l’espèce en tant qu’animal à juste titre adjectivé humain, c’est-à-dire appelé à réaliser sa vérité, à atteindre la conscience à laquelle chaque humain apparu ici-bas, est appelé. Car l’animal humain est encore un sous-homme tant qu’il ne s’élève au niveau du soi profond pour travailler son être par delà les identités temporelles non essentielles d’ici-bas. 

 

Anthropoïsation, la Spiritualité comme personnation accomplie.

 

L’anthropoïsation est la voie de l’individu contournant l’absurde apparent qui n’est qu’oubli métaphysique de la vérité spirituelle de l’humain par la rationalité tronquée du matérialisme, retournant consciemment vers le soi profond pour s’élever personne humaine doublement outillée par les intuitions, les dons intérieurs naturels et les révélations, les conquêtes cognitives de l’espèce. Là où le soi vers le moi, démarche courante de tout individu de cette espèce, est ontologique, le retour de la conscience éveillée vers le soi pour répondre à la vocation spirituelle, cet appel à l’Humanité vraie, est métaphysique. Une métaphysique du sens où le moi vise à accomplir l’essence espécielle selon sa condition individuelle. 

L’espéciel se distingue du phylétique en tant que le phylétique est strictement organique et déterminé génétiquement. L’espéciel est l’ensemble des dévolus non géniques et non organiques qui appellent tout humain par delà le corps et les nécessités propres aux contingences de grégarité de l’animal social qu’est l’humain. Mais la dilution du soi dans le moi est un automatisme phylétique, un réflexe du phylum, ne serait-ce que par le caractère individuel génétique et les moules institutionnels configurant les contextes des habitus socioculturels. 

Le voyage du moi au soi, s’il sait reconnaître les bons repères, aboutira à la vie de l’esprit selon le choix volontaire et l’éveil conscientiel des fils de l'Esprit Père, assumant un moi pleinement en accord avec le soi. Le Sujet-Personne parvenu à ce stade, vit en unité avec sa vérité intérieure, sa vocation spirituelle.

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Tag(s) : #Monde du Concept

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