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Camille Loty Malebranche

 

Les derniers meurtres racistes de Charleston commis par Dylann Roof, jeune criminel blanc étasunien de 21 ans, participent de la déchéance sociale d’un pays aux crises multiples. Racialisation identitaire, haine coloriste, crimes crapuleux et autres abominations comportementales se multiplieront au coeur de cette géhenne impériale... Je vous invite à relire ce texte de décembre 2012 sur les tueries de naguère.  

Bonne lecture...

 

Alors que, telle une épidémie, les Usa plongent comme dans un cycle de massacres à répétitions dans des lieux publics et espaces de fréquentation de masse, il est triste de voir - par peur d’aborder, par delà l’effondrement psychique de ceux qui basculent, arme à la main, dans les tueries les plus terrifiantes, les plus révoltantes - que les oracles  de la grande presse tant commerciale que gouvernementale, réduisent ces faits que j’appellerais de la létalité culturelle d’une civilisation ultramatérialiste incitant à la haine et à la méfiance entre individus, à une simple affaire de folie des tueurs et de circulation d’armes. Comme par inaptitude hypocrite de l’avouer voire de se l’avouer, la presse et ses spécialistes préfèrent éviter les fondements systémiques de ces crimes, qui ne peuvent être qu’indices d’une grave désintégration sociale entretenue par une idéologie où l’homme n’a aucune importance et où la violence institutionnelle, est la façon officielle et politique de tout « gérer » de tout « résoudre » tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des frontières.         

 

Le capitalisme est essentiellement violent et d’une manière ou d’une autre, c’est par la violence, que la société capitaliste se tient et se maintient. Car nulle autre logique, ne justifie que quelques individus accaparent par la finance toutes les richesses du monde, créent des crises économiques au gré de leur politique, engendrent des dettes nationales qu’ils forcent les peuples à payer par l’inflation et l’austérité, tout en les pulvérisant sous la matraque et les balles des policiers et des soudards lorsque ces peuples se révoltent. Et quand les larbins minus de la presse mainstream, viennent déblatérer dans leur psychologie au rabais par leur analyse flagorneuse et mercantile adaptée pour ne pas déplaire à leurs commanditaires et leurs patrons, au sujet de gens révoltés qui auraient un « ego surdimensionné » (expression idiote de la part d’un journalisme reptilienne et lèche-semelles de ses dieux que sont les tenants du capital), c’est toute la logique et la morale de l’action sociale qui baigne dans l’indécence du mensonge et du contresens. C’est aussi, la violence de la justification du crime de l’accaparement des biens communs de l’humanité par des oligarques selon l’idéologie économique que garantissent la force publique et les institutions étatiques.

 

Pour retourner au cas étasunien – dans un pays où tout contribue à enlever toute estime de soi aux citoyens faits marchepied de la fortune de l’establishment; où l’idéologie officielle signifie à l’individu qu’il est moins que rien, sous-chose des choses à acheter et consommer; où l’idéologie ultra meurtrière va partout faire la guerre et estropier enfants et adultes en Irak, Afghanistan, Libye; où la massue policière sanctionne sans pitié les manifestations et mouvements populaires comme l’Occupy Movement; où les banquiers se moquent des travailleurs qu’ils endettent, harcèlent, avant de les jeter à la rue; où la misère exponentielle des paupérisés, n’empêche pas les politicards à vanter Goldman et Sachs au dédain des appauvris et des faux riches à crédit; où la vente libre d’armes de guerre, banalise la violence considérée comme droit et défense personnelle – les causes multiples des tueries à répétition sont dans le terreau malsain d’une société en crise d’humanité qui ne peut plus cacher ses dysfonctionnements criants.
 

Le meurtre et tous les crimes violents; la corruption, le pillage de la nation et les discriminations règnent immanquablement en inhérence maléfique à toute société où autre chose prime la personne humaine… Un système étatique ne peut se fonder sur la réification de l’homme et de la nation par des intérêts et privilèges privés, fussent-ils ceux de Goldman et Sachs ou de la Nra, et en même temps, s’étonner comme par schizophrénie étiologique, que sa violence de fait, la violence immanente à son ordre, engendre des violences débordantes, violences du désordre mental et comportemental qu’elle cultive en elle-même par son insanité, sa pathogénie. Syndrome nécessairement multifactoriel, comme tout syndrome, de la déchéance humaine plurielle d'une société déshumanisée par ses excès d'abominations matérialistes.

 

Partout où l’homme est réduit en moyen pour la production-consommation des richesses, dans le mépris du caractère sacré de la nature humaine, à travers les faits et actes de la société et des institutions: le crime de toute sorte, signe du mépris de la vie piétinée selon la déchéance axiologique ainsi manifestée, ne manquera jamais de frapper et faire souffrir ladite société, en quoi, finalement, l’ardeur au massacre et au meurtre tend même vers un romantisme mortifère où elle prend les allures sinistrement romanesques et lugubres d'une thanatocratie justicière, d’un donquichottisme monstrueux.     

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

Tag(s) : #Monde du Concept

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