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Par Camille Loty Malebranche

 

Un empire est essentialiste par nature, son seul changement possible, c'est l'effondrement.

En évoquant le changement aux États-Unis, qu'apporterait un élu, c'est comme si l'on posait la question absurde: est-ce que le masque que porte un homme déguisé au carnaval, change son visage voire sa personne? Il n'y a pas de place pour le changement dans un système sociétal qui a su endoctriner ses gouvernés institutionnellement et idéologiquement en leur ancrant idéellement et émotionnellement son essence et sa praxis, et qui n'en est pas moins fort par les structures économiques, politiques et militaires dont il s'est doté. Là, nous ne devons jamais oublier le moulage behaviouriste des mentalités rendues réflexes de reproduction du même, sauf exceptions rarissimes. Déjà, Obama a été appelé pour faire le pitre au nom du système. Il n'existe où il est que parce qu'il a été oint par le système pour être le figurant d'un changement d'aspect et de peau, en lui prêtant un masque nouveau. Nul individu ne peut, à moins d'être un vulgaire menteur messianiste, prétendre pouvoir incarner par sa seule présence à la figuration présidentielle, un changement substantiel aux modalités de gouvernance imposées par la classe du pouvoir.

 

Comme j'aime à le dire: les systèmes changent de masques pour ne pas changer de visage. Et l'ignorer, c'est, sauf cas d'exceptions, basculer dans une sorte de chimère naïve du changement par les urnes...

 

Placez qui vous voulez à la tête de toutes les institutions: de la Maison-Blanche à l'Onu en passant par le Fmi, le Vatican, l'Otan et la Cpi, ces institutions resteront strictement les mêmes et le monde avec, car rien ne change par de la figuration mais par le renversement révolutionnaire des establishments pour tout refaire autrement.

 

Au contraire, avec des gens issus de catégories généralement discriminées au pinacle formel des institutions, (noirs, femmes) les establishments ont la main libre pour faire forte pression en coulisse pour les fragiliser, les menacer en les accusant de compromettre l'ascension d'autres membres de leur catégorie à l'avenir, et ainsi, obtenir d'éventuels excès de zèle, quand cette tendance à être zélateur n'est pas naturelle chez eux.

 

Obama a prouvé qu'il ne valait pas plus que n'importe quel politicien étasunien, très très loin du statut d'homme Politique. Il suffit de voir sa violence et ses assassinats depuis celui de Kadhafi jusqu'aux exécutés par ses drones sicaires.

 

Quant à Hillary et Trump, si Trump paraît le moins violent des deux par rapport aux déclarations sur la politique internationale étasunienne - Hillary ayant toujours manifesté une froideur et une dureté de ton extrême dans une obsession de se montrer forte et nouvelle dame de fer de l'occident en politique internationale - la politique de Trump, s'il est élu, ne sera et ne pourra être qu'une tentative de remettre en confiance les élites traditionnelles blanches, blessées en leur essentialisme racial, très inconfortables face à l'espace politique grandissant, ne serait-ce que le pouvoir électoral, occupé par des citoyens d'ethnie non blanche, non de cette ascendance dite caucasienne revendiquée, essentialisée par l'establishment blanc: notamment les latino-américains et moyen-orientaux en ce pays qui se veut quand même blanc par delà le multiethnisme de fait. Cela dit, Hillary, elle aussi, même si elle feint d'être sans préférence ethnique, si jamais elle devient présidente, devra rassurer par des actes politiques, cet establishment blanc en crise de confiance, establishment qui doute du maintien de ses prérogatives exclusives, craignant, malgré sa domination assurée, pour sa suprématie politique absolue, sa prépondérance sans partage de maître du pays, considérée ethniquement menacée par la montée exponentielle de l'électorat non blanc!

 

Alors, fors le rejet des deux partis du système abominable, les élections étasuniennes, ne sont, à bien des égards, que de la mise en scène de l'oligarchie du pouvoir (l'establishment) pour légitimer sa politique derrière un élu figurant voire fantôme, au nom d'une "démocratie" sans peuple.

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

Copyright © CAMILLE LOTY MALEBRANCHE - Blog INTELLECTION -  2016

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