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Par Camille Loty Malebranche

 

 

La métaphysique - parce que discipline inaugurale de toute histoire des idées - a souvent été perçue comme une discipline cognitive un quasi savoir alors qu'il s'agit d'une intuition diversement exprimée: celle simultanée de la bilocation ontologique, la présence au monde et dans l'ailleurs inconnu et indéfinissable. C'est sans doute la première activité d'abstraction à laquelle l'homme s'est adonné. Ainsi, l'homme doit prendre en main sa vérité spirituelle et ne pas la déléguer à des prêtres car si en politique la délégation est dénégation, en métaphysique, hormis la délégation au divin qu'est la foi, toute délégation est déréliction et mort. Nous devons, néanmoins, dans cet univers de choix existentiels éviter d'être extrémistes et nous rappeler que si les extrêmes ponctuent les choix de l'homme: foi ou nihilisme, politique ou apolitique; il s'agit par delà les dialectiques, d'appréhender la vérité de la nature humaine, Nature Spirituelle qu'est le vrai Soi et de la vivre dans l'harmonie intérieure avec ses exigences. Ici, toute ignorance est déchéance et autodestruction. Le péché mortel de l'humain s'il en est, c'est l'ignorance métaphysique, la non assumation de sa nature véritable qui est Esprit.

 

  Existence, Idéal et Métaphysique

 

L'existence est la manifestation de l'être cosmique dans ses dimensions physique et métaphysique. Quant à la métaphysique, elle est comme la religion, peu ou prou manichéenne et comme les grands contraires Dieu et le malin, le sens et l'absurde, la métaphysique voit l'homme aboutir en quelque sorte, soit à la déification soit à la réification de son essence, sa condition cosmique. Impossible donc d’évoquer la métaphysique sans nommer la notion d’idéal, l’une des impulsions fortes de la démarche transcendante de l’esprit dans un monde dont les manifestations tangibles sont souvent la forme non tabulaire d’une écriture à l’alphabet illisible, un grimoire scellé dans la codification inabordable de son mystère. La Métaphysique vécue devient une chaîne d’intuitions qui nous anime tout en étant imprenable au discours!

 

L'idéal est le refus de toute relativisation pour proclamer l'absolu. C’est l'homme au-delà du présent de la condition mondaine ou sévit le relativisme de tout. C'est le plus grand défi de la finitude par la transcendance immanente à la réalité existentielle de l'homme. Tous les actes réfléchis de l'homme sont des actes intemporels, cris d'éternité, violence existentielle, révolte contre la finitude. Évocation téléologique qui dépasse toujours le discours mécaniste des sciences. C’est là, dans les sphères du mystère humain qu'il faut situer et considérer la rage du dépassement de ce que l'homme semble être c'est-à-dire fini! C'est le plus haut lieu de combats et de contradictions insurmontables où les forces et visions spirituelles et charnelles se battent dans l'arène de la personne duelle du mortel aspirant à l'éternel. C'est ce combat qui manifeste la réalité de la métaphysique et nous renseigne sur sa nature profonde qui est vie c'est à dire activité avant d'être discipline pour l'homme simple comme pour le philosophe. Ce que nous considérons dans cette séquence de monographie sémiologique consacrée à la métaphysique, c'est qu'elle est weltanschauung et gestion de l'existence personnelle autant profane que sacré de l'homme.

 

L'appel intuitionnel du sens autant au sous-sol de l'inconscient que dans l'évidence de la conscience spirituelle génère les mille cris inexprimables, exaltations incompressibles de la destinée supérieure dont l'homme se sent dépositaire. Même si les matérialistes, les nihilistes, hantés de finitude, refusent tout destin supérieur à l'homme, la destinée demeure cette dévolution immanente à notre nature que notre propension à la téléologie et à l'éternité manifeste dans chaque oeuvre de grandeur où l'humain se reconnaît au-delà du corporel et de l'animal. Le destin est forme d'assumation affirmatrice ou négatrice de la destinée de l'homme par l'homme. La métaphysique, rapport à l'ipséité, constitue donc la conscience au premier degré de la finalité existentielle alors que la morale en est le second degré parce que rapport à l'extériorité. La métaphysique, au-delà des autres domaines ontologiques: l'histoire, la cosmologie, la phénoménologie; est la seule discipline qui peut se permettre d'être téléologique. Quand elle part de l'intuition mystique et spirituelle, quoique refusant toute image d'Épinal, toute affabulation irisée de la condition cosmique et humaine, la métaphysique révèle l'autre versant de la réalité possible au-delà des laideurs et contingences amères. 

 

La couronne de la souveraine métaphysique brille au-dessus des gnoséologies. Car nulle gnoséologie fondamentale: cosmologique, théologique, anthropologique, éthique, ne peut s'en passer. La métaphysique est passage obligé de toute connaissance essentielle et existentielle de l'homme.

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Tag(s) : #Monde du Concept

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