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Par Camille Loty Malebranche

 

Sur le plan spirituel, le seul principe qui s'impose comme morale de l'action, est qu'après DIEU, seul l’homme doit toujours primer pour l’homme. Ainsi, tout système, toute institution qui a d’autres priorités que l’élévation globale de l’homme, est indu et doit être refondu voire démantelé parce qu'immoral. Toutefois, toute cette exigence sacrée de primauté de l'homme, conduit à la complexité des relations humaines selon un double effet de distance et de proximité qu'il faille savoir conduire.

 

Entre individus, le plus grand défi que chacun ait à relever, consiste à rester assez proche de l’humain pour lui être juste et assez distant pour prévenir la promiscuité voire l’encanaillement.

 

Pour éviter de haïr les hommes, la bonne distance est l’instrument suprême, car elle sauve le respect et permet de rester soi. Distance sans mépris, sans condescendance, mais distanciation lucide comme mode de protection de soi et de l’autre; sorte d’intelligence de conservation pour mieux gérer le rapport à l’autre semblable. C’est donc une distanciation qui ne fait qu’affiner la proximité selon l’humanité et non selon la grivoiserie. Proximité de hauteur qui appelle l’autre à l’élévation sans le heurter mais qui ne laisse aucune place ni à la platitude ni à l’insanité de l’assujettissement et de la sujétion. Proximité d’échange, de solidarité respectueuse. Proximité qui ne saurait être d’exploitation ou d’amenuisement.

 

Se distancer pour être proche des hommes, empêche de subir l’animalité des foules impulsives et de l’individu malotru, tout en contribuant généreusement à la construction spirituelle, intellectuelle et morale de l’homme. Se distancer pour être proche constitue en soi l’accomplissement de la justice due à l’humanité, l’entéléchie de la juste charité qui est le devoir de justice comme don obligatoire et gratuit à tout être humain.

 

La proximité distante d’autrui, permet l’action orientée avec justesse pour une interaction bénéfique selon les principes moraux que sont les vraies valeurs fondamentales de la dignité humaine totale, sans basculer dans la candeur de pseudo-humanismes oubliant que les monstruosités individuelles sont de toutes les catégories humaines et que seuls en échappent quelques marginaux sublimes, qui se travaillent et s'érigent pour l'amélioration personnelle ininterrompue, loin des misérabilismes des idéologies d'institutions, à commencer par la famille et l’école, qui corrompent les humains. La proximité distante d’autrui expédie tout peudo-humanisme qui croit que les hommes sont bons selon leur appartenance sociale, que les foules majoritaires sont de simples victimes non responsables, occultant ainsi la connivence du patient-agent en tout consensus sociétal, ne serait-ce que par la collaboration ponctuelle et passive des majorités aux pires ignominies des élites vermines qui dévorent les sociétés. La distance, en faisant prendre de la hauteur au-dessus de tous les aléas caractériels et contingences comportementales de la bête primitive que sont si souvent les hommes, offre la possibilité d’être proche de leur possible, de leur humanité enfouie, qu’elle tend à féconder, ne serait-ce que pour une minorité de récupérables, d’améliorables.

 

C’est donc sans faux espoirs ni manichéisme idéologique que la proximité distante de l’humain opère au nom du bien de tous. Bien offert même si, dans la plupart des cas, la horde massive d’anthropomorphes organiques qui prolifèrent en ce monde, ne laissera aucune chance à la splendeur vocationnelle de la nature profonde de l’être humain.

 

La proximité distante est déontologie, sphère de l’exigence du bien de chacun envers tous selon les dons et capacités disponibles à chacun. Car l’homme est soit artisan de la construction commune de son humanité et de celle de ses semblables, soit, ce qui est malheureusement le fait de l’écrasante majorité, protagoniste diabolique de corruption, de haine et de dénaturation de soi et d’autrui.

 

La proximité distante conspue toute nocive proximité d’exploitation comme celle qui sévit souvent dans certaines relations institutionnelles très inégalitaires et autoritaires. La proximité d'exploitation n’est qu’intrusion et agression, prétexte de malades mégalomanes en quête de domination pathologique sacrifiant l’autre à l’autel de l’ego vil du dominateur. La proximité distante crache sur les pontifes, chefs religieux mystificateurs et abhorre les politicards démagogues qui usent de leurs semblables pour se laisser croire des divinités dans la théogonie maléfique, l'inavouable théocratie monstrueuse de réification de l’homme par l’homme.

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Tag(s) : #Monde du Concept

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