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Par Camille Loty Malebranche

 

 

L'inconciliable division du Bien et du Mal n’existe qu’en métaphysique suprahumaine où elle réfère au Champ Divin où tout contraire est, par essence, manifestation du mauvais. L'homme, conscience-juge et téléologique, semble y être appelé à choisir son camp; et de fait, chaque humain paraît métaphysiquement et moralement relevé consciemment ou inconsciemment de l'un de ces deux grands blocs. Pour le reste, les choses sans être neutres, ne sont ni bonnes ni mauvaises: si elles sont artificielles, elles prennent forme soit bénéfique soit dangereuse selon l'usage qu'en font les hommes; si elles sont naturelles, de détermination cosmique, elles se comportent  d'après leur condition contextuelle.

 

Pour les éléments de la nature, si nous les anthropomorphisons, pour les juger selon leur conséquence sur nos vies, nous savons que la dialectique du bon et du mauvais ne tient guère. L’air est tout aussi vital dans sa forme ordinaire coutumière que mortelle lorsqu’il est dévastatrice tempête. Un puissant cyclone nous le rappelle fort bien. Par ailleurs, l’oxygène, ce premier des éléments vitaux dont la privation est quasi immédiatement le trépas dans des conditions terrifiantes, peut véhiculer néanmoins en certains cas, d’horribles maladies cellulaires induites par l’oxydation. Il en est de même de toute la nature, l’eau et ses inondations meurtrières, elle pourtant si indispensable à toute vie! La terre elle-même, mère du corps tiré d’elle, quelle que soit la perspective de Création ou d’Évolution, s'avère un monstre exterminateur! Un violent séisme constitue, entre autres, une de ces manifestations de la terre faucheuse, elle, non seulement maternelle et nourricière mais aussi réservoir de toutes richesses matérielles, car point n'est besoin d’être physiocrate ou d’une quelconque idéologie économique, pour constater ce truisme qui affirme que les ressources naturelles que nous utilisons, en plus de l’inestimable phénomène de la vie organique telle que connue qu’elle héberge, sont portées par la terre. La nature est donc à la fois vitale, nuisible, mortelle en soi sans oublier qu'elle devient souvent ravageuse par le mauvais usage qu'en fait l’homme.

 

Au niveau des choses de la culture, tout ce que l’homme a conçu et fabriqué, est jugeable par l’intention déterminatrice. Chaque acte posé d’un homme se mesure en bien ou mal selon l’intention qui l’animait en agissant avant l’acte lui-même. Mais même par delà l’aspect acte et choix de la conscience agissante où le bien et le mal sont au départ assez clairs, il est l’aspect contingent de certains produits de l'action: prenons une invention comme l’avion, la neutralité morale d’un tel objet utilitaire qui a révolutionné le mode de déplacement humain sur de grandes distances, nous amène à penser à tous les accidents aériens survenus qui ne le seraient pas sans l'avion. Le bien apporté aux humains par les inventions humaines, n'est jamais sans quelques inconvénients et risques. C’est qu’il y a souvent dans les choses que nous créons tous les vices immanents aux limites humaines où le bien souhaité n’efface point le mal indésirable… Par contre, au niveau politique, les créations institutionnelles sont soit bonnes soit mauvaises selon leur orientation et motivation de départ, le capitalisme est de la malpropreté dès sa constitution car il veut flatter la vanité de quelques monstres érigés prédateurs de tous, élever des moins que rien par un essentialisme matérialiste, une blasphématoire abominable "métaphysique de l'argent".

 

C’est pourquoi la clarté analytique et l’effort de discernement logique doivent guider les hommes pour mesurer les valeurs humaines et morales des choses et des situations.   

 

Ni laxisme ni manichéisme ne servent la connaissance que nous avons du monde et de ses valeurs, ni l'un ni l'autre ne saurait fonder une axiologie digne et équilibrée. La vérité des choses ne se révèle que par l'étude et l'observation rapprochée des nuances et interstices subtils entre les contours évidents de la phénoménalité. La vérité est donc toujours ailleurs, dans le non immédiat, au fond des nuances logiques et des interstices significationnels que l’Esprit doit apprendre à bien juger... L'homme juge pour agir, réagir et chaque décision humaine découle d'un jugement, et le monde tel qu'il est, vient des jugements de ceux qui créent les structures selon leur perception de l'homme et de la société à construire. Clivages criants, injustices tout comme équité et justice sociale sont des jugements mis en acte dans la gérance politique de la société... 

 

Homme: juge, car c'est ton dévolu d'être pensant, ta prérogative logico-rationnelle, ton obligation morale! Juge, mais, comme le dit le Christ, « juge selon la justice », car le jugement juste ou infâme, juge, jugera et sanctionnera à posteriori celui qui le prononce, celui qui juge!

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Tag(s) : #Monde du Concept

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