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Par Camille Loty Malebranche

 

Dès que l’homme libre est privé de repères spirituels clairs, de balises logiques et morales, la liberté devient vulnérable à des servitudes ultérieures par le risque élevé d’aliénations.

 

Il n’y a de sens que par la liberté et la liberté est le prérequis voire une propédeutique du sens. Car que ce soit le sens comme signification tirée de l’interprétation des causes et conséquences de l’action et des situations ou le sens comme orientation et direction vers une fin, seul un homme vraiment libre peut l’assumer. Vouloir et Choisir les démarches de sa volonté en en projetant sa responsabilité ultime, tout en sachant mesurer et contourner les obstacles du chemin, telle est la pierre de touche de la liberté. L’on comprend alors l’importance de la "volonté" élevée comme "âme du monde qui n’est que représentation déterminée par elle", selon Schopenhauer!

 

Parmi les néants habillés d’apparence, effet magique des surenchères illusoires programmées de l’idéologie, l’homme semble être un amoncellement des valeurs factices d’un ordre qui ne connaît que la valeur d’échange. Les volontés, dans un tel contexte, sont dénaturées et le mirage de liberté par le conformisme ou la fausse révolte sévit sauvagement, réduit les hommes en ombres simiesques de l’institution sociale. La liberté est avant tout un attribut ontologique de l’homme. Elle s’enracine dans la capacité de vouloir et d’exprimer le choix volontaire sans être soumis aux manipulations malgré le conditionnement par la culture et le poids de l’environnement social. Dans un monde où les structures provoquent la torpeur des consciences et la quasi aboulie des individus programmés et réifiés dans l’ordre social ploutocratique, il faut une indomptable force de caractère et de recul affirmée et constamment entretenue pour ne pas être qu’un rouage biologique du système fort en cours. Cette volonté forte de caractère et de recul ne s’apprend que par le développement des facultés spirituelles, intellectuelles, morales voire somatiques de l’homme.

 

LIBERTÉ, SOCLE DE CITOYENNETÉ, FACE DE LA PERSONNE HUMAINE

 

La philosophie en tant qu’interrogation du sens ontologique nous permet d’affirmer que le sens comme horizon de l’individu est absurdité et déréliction sans Dieu. Ailleurs, le sens social, cette herméneutique pratique du vivre-ensemble saisie par le mitsein sociétal comme signification du soi collectif, se manifeste hors du champ métaphysique des certitudes ou dépits existentiels par l’implication sociopolitique. D’où, parfois, l’émergence d’une conscience collective porteuse d’humanisme révolutionnaire… Aujourd’hui, hélas, dans la jovialité indécente d’une grivoise idéologie de consommation (j’évite le terme consumérisme que je trouve trop ambigu, trop mélioratif), les peuples ont abandonné leur droit et leur liberté aux puits du vil espoir d’être consommateur!   

 

Le fait est que, il n’y a de personne humaine que dans l’occurrence de la liberté sans quoi, les vocables de personne et d’humanité ne sont en soi qu’hypothèses putatives. Dans l’absence de toute liberté, l’on a que des individus, des sortes d’animaux humains ou encore pire, de choses anthropomorphes que les rouages des systèmes ont ainsi réduits par toutes sortes de procédés d’aliénation. Le social est assez souvent l’autel sacrificiel de l’individu humain, qui enlève tout espoir d’humanisation de la masse servile des individus que la politique des systèmes socio-économiques soumet à l’abnégation forcée voire à l’adoption de leur propre bourreau qu’est la structure sociale et l’ordre mangeur d’homme qu’il impose. Le capitalisme actuel prétend apporter la démocratie au moment même où une petite poignée de milliardaires font tout pour disparaître l’État et réduire la société en un marché où tout leur est permis : le profit, les subventions, les anticipations boursières, les délocalisations à grands coups de chantage idéologique sur les bienfaits de l’économie virtuelle qui favorise la croissance économique censée éliminer la pauvreté!

 

Dans une réalité socio-économique où les paradis fiscaux, les travailleurs esclaves des pays paupérisés et nantis font la gloire des magnats industriels ou financiers provoquant ainsi la précarité voire la pauvreté des « citoyens » ravalés au stade de travailleurs consommateurs et rendus simples patients économiques aux pieds des oligarchies érigées uniques agents de leur propre ordre économique qu’elles imposent dans l’État qu’elles séquestrent, tout devient manipulation et même le bulletin de vote aux élections cycliques, participe de la production de l’illusion servile d’une citoyenneté amorphe et assujettie, sans aucun pouvoir effectif puisque totalement structurée par et pour le système exclusif et tyrannique du marché.

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Tag(s) : #Monde du Concept

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