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Par Camille Loty Malebranche

 

La sexualité est essentiellement intimité et nature assumée selon la culture et la moralité interindividuelle, le sexualisme en est la corruption par l'incursion excessive, l'idéologisation venant de la mode.   

 

La mode comporte deux dimensions possibles: l'idélle et la behavioro-industrielle.

 

1) L'idéelle va dans le sens des idées en vogue à un moment de l'histoire soit par le stade actuel des connaissances en sciences médicales, sciences humaines, philosophie (l'épistémè) et l'idéologie sociopolitique et économique dominante en vogue avec ses mythes, ses rationalités, ses réflexes collectifs déterminant les idées que se font les individus de la réalité qu'ils construisent... 

 

2) La behavioro-industrielle est essentiellement l'effet de l'idéologie industrielle et commerciale via la structuration des comportements par rapport à des objets et produits disponibles, entrant dans l'usage courant d'une société donnée ou de certains secteurs sociaux. La mode est donc, dans ce contexte précis, l'empire de l'artefact industriel et de sa détermination objectale du mode de vie à tel moment de l'histoire sociale.

 

Ainsi, la mode, à travers ses objets et la publicité qui les propulse, façonne les mentalités et comportements réflexes d'utilisation et d'usage imprimés selon l'artifice idéologico-industriel à la vie sociale des individus.

 

Idéelle ou behavioro-industrielle, la mode n'est qu'un construit imprimant identité au monolithe du temps qu'elle transforme en parts générationnelles en le décantant par des périodes qu'elle crée. Elle est toujours purement artificielle, malgré ses prétentions idéologiques à la naturalité de ses prétextes et propagandes.

 

Pour revenir à la sexualité, toutes les fois qu'elle est régie par la mode consommationnelle - mot que je préfère à "consumériste" trop ambigu - (ici nous évoquons le nombre exponentiel de godemichets et toutes sortes de gadgets sexuels à la mode et donc bénéfiques pour le plus grand profit des industriels et des commerçants) et/ou idéologique selon la weltanschauug sexuelle à la mode dans les médias et chez certains sexologues, c'est l'intimité qui se corrompt en promiscuité via le sexualisme, c'est-à-dire l'idéologie. Nous sommes en présence de ce que Artaud appellerait "le corps volé". Moi, je nomme cette inféodation de l'intime par le public, Aliénation de l'Éros; Expropriation somatique; Substitution du corps-icône et corps-objet au Corps réel par la presse dite people ou spécialisée. Cela tient naturellement de la politique de dépossession globale de l'être humain de ses caractéristiques d'humanité de spontanéité, de liberté... Les ombres anthropomorphes ainsi rendues dans le résultat résiduel obtenu, croient agir alors qu'elles sont totalement agies, n'étant même plus choses mais ombres, reflets des cerbères souriants de l'idéologie qui les manipulent par toutes sortes de déviances de leur propre intimité...
 

La mode peut être humaine en certaines circonstances, mais ses excès et son invasion dans l'intimité pour nous dire quoi faire par snobisme, parce que dans l'esprit du temps, sont l'arme des puissants du capital contre les faibles. 
 

La seule mode acceptable en sexualité, est à mon sens, le mode de participation des deux partenaires hétérosexuels partageant au-delà de la fébrilité de l'instant, la plénitude de leur extase amoureuse et la quête commune de l'orgasme comme moyen d'une plénitude commune et intimement vécue. Cela signifie que la beauté de la lingerie ou tout autre gadget pouvant faciliter le plaisir, est souhaitable, pourvu qu'il n'entraîne de la compulsivité ou de la dépendance et serve l'expression d'un érotisme vraiment aimant. D'où, ce qui n'est que sexuel et sans amour, me paraît une sorte de défouloir-vidage, où les organes génitaux deviennent pompes et égouts biologiques qui se débondent platement, objectalement sans élévation ni humanité.  

 

Le seul mode d'emploi libre de la sexualité, est le renvoi implacable de toute mode excentrique et la révision d'un monde répressif qui légifère durement contre la galanterie de l'homme perçue comme agressivité potentielle envers la femme, mais qui vulgairement par intérêt électoraliste et pécuniaire justifie la propagande obscène dans l'espace public au profit des pratiques sexuelles non courantes et minoritaires, telles l'orgie, l'échangisme...

 

La liberté sexuelle ne peut s'accommoder du chantage sexualiste "du tout est culturel" qui rejette toute valeur transcendante et morale, et oublie que le respect de tous dans l'espace public, implique le retrait du sexualisme et de ses propagandes sexuelles dans la société. L'exigence de retenue dans l'espace public ne devrait point laisser faire les exhibitionnistes, sous prétexte de démantèlement du "naturalisme sexuel" dénoncé discriminatoire par quelques-uns pour qui la nature sexuelle des genres et son implication en l'individu sexué, est un mensonge. Vouloir montrer ostensiblement et publiquement, comme c'est la mode pour certaines catégories, l'émancipation et le droit sexuel, est une trahison de la nature intime de la sexualité humaine transformée en spectacle de foire par des dégénérés. 

 

Le droit à la jouissance intime ne peut en aucun cas se positionner dignement dans le déferlement agressant de l'indécence publique au nom de la mode des moeurs comme bannière de libération.

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE 

Tag(s) : #Monde du Concept

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