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Par Camille Loty Malebranche

 

La folie, la schizophrénie, n’est en somme que la désorientation logique de l’homme ou de la société pris au piège d’une mentalité de horde, dans l’écheveau d’un paradoxe excessif, trop excentrique pour assumer la logique de la vérité qui n’est pas nécessairement réalité car la réalité elle-même, par la force falsificatrice de l’idéologie et du nombre, peut être fausse et schizophrénique.

 

Un monde qui, d’un côté, soutient vouloir la santé mentale et dénonce la mégalomanie dans la consommation alors qu’en même temps celle-ci en est le fondement même qu’il prône par la publicité, dans tous les discours et gestes soi disant glamour, est une insulte à l’intelligence, un asile de schizophrènes à ciel ouvert.

 

Le monde est aujourd’hui une comédie macabre que se jouent et exposent sans vergogne les acteurs politiques et la meute suiviste que devient le peuple désarticulé et chosifié par les rudiments de l’idéologie. Et de cet effondrement de tout, règne la terreur du jugement de surface. Tout s’empreint de confusion et l’ordre du faux étend ses tentacules sur les consciences. Entre la vérité des choses et l’enrobage idéologique qui les représente, l’homme s’y perd et s’y déchet.

 

 

Quand j’entends parler de beauté, de fortune et de toutes les inepties comme certains prix accordés aux gens de toutes disciplines pour les statufier vivants, les enfermer dans une "torpeur du prestige et de la retenue" pour les empêcher d’agir, comment ne pas m’interroger sur le sens du mérite en ce monde dénaturé ? Une qualité n’est méritoire que si elle est produite d’un travail sur soi, d’un dépassement peu commun et véritable de l’homme dans le sens de son humanité. À ce compte, nous sommes aujourd’hui dans la crise totale d’humanité. Plus d’axiologie, les nouveaux mages de la religion planétaire de l’argent sale, s’évertue par toutes sortes de simagrées et de bouffonneries à convaincre les masses de la vérité de leur vertu proclamée urbi et orbi par la presse.

 

 

Que l’on ne s’y méprenne guère, plus que jamais le monde est resté logique même s’il se transforme en grand espace de schizophrénie où d’un côté, on clame les droits de l’homme en dénonçant à justice les lapidations de femmes pour causes religieuse dans un certain islamisme d’État plus ou moins théocratique, et de l’autre, adule les crimes de l’économisme paupérisant la grande majorité de l’humanité, accepte les marées noires désastreuses infligées par les compagnies privées, tolère des gnomes faisant le pitre au pouvoir pour garantir l’ordre de la misère et de la déchéance tant humaine que planétaire.

 

 

Dans un monde où tous les myrmidons de la manipulation, jongleurs de l’antivaleur, les paltoquets du maniérisme institutionnel, se dorent le blason et brillent de leur ténèbre, leur obscurantisme, leur gigantisme de monstres, leur crime économique contre l’humanité par leur bonne presse, ayant le contrôle de la presse, c’est à la vaste majorité réifiée redevenant vivante, de se lever pour prendre conscience de son pouvoir citoyen méconnu inutilisé et de l’autre face possible des choses à sa portée. Naturellement, pour que cela soit, il faut que cesse chez les peuples, l’appui de la macabre comédie politicarde que leur présente l’État de mensonge et que soit enrayée la mentalité de horde drainée par les prédateurs idéologiques, pour que commence, le statut souverain des nations, la posture libre et adulte des sociétés. 

 

Seule une axiologie nouvelle et fortement humanisante réhabilitera l’homme d’une humanité perdue à elle-même dans cette mer d’aliénations où le cinglant retour de la corruption qui fait de la grande masse une meute d’objets utilisés, déshumanise, à son tour, le corrupteur qu’elle ravale au stade de salissure salissante, chose prisonnière de sa chosification du monde. Car la culture de l'écrasement systématique car systémique d'autrui à travers l'exercice du pouvoir oligarchique, la cultivation de l'effacement de l'humain par une politique et une économie de déshumanisation sociale, dévoile toujours l'inhumanité de ses tenants soi disant dits élites...

 

Seule une conscience humano-citoyenne agissante peut mettre fin à l'imposture logique et historique instaurée par l'État oligarchique bourgeois: l'exterminatrice imposture de la classe des chefs, ces décideurs-dieux de la marche sociale et la masse des individus-choses existant uniquement pour obéir et servir l'orgueil des chefs. Enfin, il faut espérer que les individus réifiés, abêtis, avachis, seulement dévoués et forts pour le système qui les utilise, gardent encore les réflexes d'humanité qui font que nul humain, même aliéné à l'extrême, n'est totalement chose d'autrui.

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Tag(s) : #Monde du Concept

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