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Par Camille Loty Malebranche

 

L'homme individuel s'accomplit par la métaphysique et dans le divin, l'homme social se réalise par la politique et en l'homme faisant l'histoire. CLM

 

Dans un monde de standardisation de la plupart des formes du mode de vie, il est essentiel de se rappeler que la civilisation dominante est à bien des égards universelle, étendue à l'échelle de la plupart des sociétés malgré les différences ethniques et traditionnelles constituant les parts pérennes et identitaires desdites sociétés. Les exceptions sont essentiellement religieuses, mythologiques charriant la morale culturelle et la magnification des mythes fondateurs avec tout ce que ceux-ci déterminent comme imaginare influençant le réel, sans empêcher l'appartenance desdites sociétés à l'âge de la civilisation dominante dans la majorité des éléments du faire quotidien. Universaux idéologiques (imposition universelle de la démocratie surveillée et sanctionnée par la morale onusienne pouvant aller jusqu'à l'intervention militaire autorisée), universaux technologiques, universaux érotiques (le rapport au corps), universaux esthétiques jalonnent une certaine expression de civilisation devenue internationale intersociale et en bien des cas, planétaire, en dépit des altérités culturelles dont la mosaïque ne cesse de nous rappeler les éloignements interculturels des peuples et sociétés.

 

Culture: identité sociale et identité nationale.

 

Si la société a l'identité d'une ou de ses ethnies composantes, la nation, elle, tout en en procédant, sous-jacente à l'ethno-sociale, ne peut que prendre et assumer l'identité que lui impriment les choix socio-politico-économiques faits par les élites dans l'histoire et le présent. L'identité sociale est indépendante de l'État qu'elle a précédé dans l'histoire au temps des société anétatiques, les seules égalitaires parce que sans idéologie ainsi que l'explique Clastres. L'identité nationale, quant à elle, vient et est déterminée par l'État qui la redéfinit, la maintient ou la change tout au long de l'histoire. L'identité sociale est immanente à la nature ethnique de la société, elle est stable ou n'évolue que lentement, alors que l'identité nationale lui est transcendante étant tissée par les choix politiques et le moulage étatico-institutionnel imprimé à l'espace et à la société et peut facilement changer par une action politique d'éclat (réforme ou révolution). Le cas de la Russie, passant de la monarchie des tsars Romanov puis au bolchevisme léninien qui en a fait la puissante Union Soviétique (U.R.S.S.) et à la perestroïka gorbatchévienne aboutissant au capitalisme d'Eltsine, est éloquent. Là, il faut appréhender le concept de culture dans ses nuances de populaire et de nationale et aussi en distinguer la civilisation proprement dite. La culture nationale d'un pays se définit comme l'ensemble des éléments essentiels constitutifs du soi national. Elle est d'ordre ethnique, cogitationnel et véhicule le mode d'être caractéristique de la société dans sa manière de se projeter dans le temps et l'espace pour aborder mentalement la réalité et vivre activement le réel et les situations. Elle est beaucoup plus stable que les habitudes de la culture populaire qui lui est seconde et reflète les secousses évolutives de la civilisation mondiale et de la mode médiatisée. Car après les grands systèmes passablement clos des civilisations de l'Antiquité, l'évolution du "matérialisme historique" pour reprendre ici le terme engelsien, c'est-à-dire la marche ascendante des moyens de production, une fois aboutie à la production sérielle de l'industrie qui met à portée des masses les objets, gadgets, services et loisirs de consommation, s'universalise. La grande civilisation industrielle donc, de révolutions en révolutions, détermine et façonne les cultures populaires. D'où la nécessité des états de se doter de structures fortes pour sauvegarder leur culture nationale originaire. On comprend pourquoi, le nord démantèle l’État dans les pays du sud qu’il veut piller et émietter. Aux pays ciblés par l’impérialisme, l’État fort est le remède, en tant qu’il est la réponse négative aux forces destructrices des prédateurs économiques et politiques. L’État fort passe donc par la responsabilisation de la nation outillée grâce à des structures lui permettant de vivre sans se perdre et selon un progrès endogène, l'évolution plurale du monde. De fait, la nation n'a pas le choix: grotesquement ou élégamment; consciemment ou sottement, elle évolue au rythme du progrès industriel avec ses modes économiques et politiques. Lorsqu'elle est sans balises, sans paradigmes, elle ne peut que s'avachir et être réduite à un mimétisme manifesté dans l'égarement. 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Tag(s) : #Monde du Concept

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