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Par Camille Loty Malebranche

 

Le sens est cette chose si nécessaire à l’orientation mentale et comportementale de la conscience humaine tant dans les situations particulières que dans la vie globale, que son manque ou son altération peut engendrer des conséquences destructrices et suicidaires de la part de l’homme. La déroute du sens est toujours une blessure intérieure, un traumatisme de l'esprit dans sa faculté d'entendement, traumatisme qui agresse douloureusement la conscience. L'on comprend alors que le désapprentissage de ce qui constitue le sens pour un humain ou une société, se fait toujours dans la souffrance comme par accouchement au forceps. 

 
Signification de cette existence et visée téléologique vers la fin bénéfique (entéléchie) à atteindre, le sens suprême pour l’être finaliste qu’est l’homme, ne peut se passer de spiritualité.

Il est ici-bas deux formes d’effritement de la raison: la pathologique et l’idéologique. Nous savons déjà que la psychose, la schizophrénie et ses pics extrêmes de démence sont des illustrations ultimes, pathologiques de la « déraison » par l’altération de la personnalité des individus. Mais nous oublions souvent le miroitement de fausses valeurs dans l’idéologie morale d’un système social du mal, qui est quant à lui, la déraison programmée par une société autoproclamée rationnelle, l’altération de la conscience collective par le mensonge officiel qui atteint ses bas-fonds dans des sortes d’acting out étatico-sociaux comme l’invasion d’ « états voyous » au nom du système jugé juste et bon, le lancement d’un mode de crédits exponentiels, la consommation sans borne satisfaisant des besoins sans limites dans un monde aux ressources pourtant limitées près de la saturation...


L’indécence de l’institution sociale est d’arguer de bien et de justice lors même où elle méduse les masses par des hallucinations du mérite voire de la pureté.

L’idéologie morale de la société est donc l’hallucinogène d’une certaine humanité en déroute de sens. La désignification sociale, en somme, n’est pas la mort du sens mais l’appel à un semblant de sens fondé sur les pires excentricités des « élites » économiques, politiques et morales dont la mégalomanie et la domination peuvent se permettre toutes sortes de destructions du sens collectif et social pour les restituer sous formes de reflets par des symboles et des icônes aux cohues médiatiques, suspendues aux basques et matoiseries des médias du système.

La morale sociale n’est que l’argutie du bien-alibi faussement transcendant pour faire croire à une pureté possible au cœur d’un système socioéconomique et politique d’exploitation des richesses du monde par quelques familles.

Faire du statut de personne, ce destin transcendant de l'individu humain, sa vocation assumée loin des nocuités d'une idéologie de l'avoir illimité, voilà le but de la maïeutique nouvelle, la conquête de rédemption Christique et Spirituelle des hommes.

La spiritualité véritable, christique, consiste à intérioriser et à vivre une axiologie de l'essentiel. c'est pourquoi, elle dénonce comme simonie et prostitution toute évaluation matérialiste de ce qui est valeur humaine qu'elle considère ontologique. Ainsi, l'homme spirituel refuse toute estimation par la monnaie ou par un quelconque apparat institutionnel, sachant que les richesses immatérielles (intellectuelles, morales, métaphysiques) sont hors de prix parce que parts de l'être et non de l'avoir. L'homme spirituel sait que si le service ou travail intellectuel doit être rémunéré à cause de l'effort et du temps consentis par celui qui les produit et qui doit obtenir sa subsistance matérielle dans un monde où il faut acheter, les créations idéelles, la sagesse enseignée, la manifestation de la beauté et tout ce qui est spirituel et essentiellement humain, est richesse non vendable, parce que valeur communicable, chose du partage humain en contribution à l'humanité et à l'élévation de l'homme par l'homme. Il n'y a pas de spéculation financière ni d'évaluation pécuniaire ou institutionnelle possible de l'Esprit, de son intelligence, son intellect, sa morale.

 

Voilà pourquoi, le spirituel est le principal bouclier contre la bassesse et toutes les pathologies endémiques de notre grivoise civilisation de prostitution matérialiste et de vénalité agressive, où sévissent la méchanceté, la haine qui sont toujours des émanations de l'amour de soi dénaturé, corrompu dans les sombres méandres de la conscience altérée à travers les tares narcissiques de l'amour-propre que sont l'envie, la jalousie et la mesquinerie nourries et attisées par la société.

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

Tag(s) : #Monde du Concept

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