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Par Camille Loty Malebranche

                     

Le monde est en premier lieu l’englobant géant, ce qui fait fonction de grand ensemble incluant une immense quantité de matière, de corps et un amas incommensurable d’éléments contenus dans ses corps ou composants qui en relèvent et obéissent à de grandes règles communes dans un caractère ludique de système. Le monde renvoie donc au grand tout cosmique, terrestre, matériel, mais aussi à cette totalité culturelle qu’est le système social avec sa weltanschauung, où une véritable multitude de sèmes - politique, économique, grégaire, individuel, idiosyncrasique, qui sont autant de modes herméneutiques et de mondes sémantiques - gisent dans le sens plural qu’il colporte…  

 

Dans la tradition biblique, par exemple, le concept monde renvoie un peu comme en langage séculier, à une polysémie déconcertante. Le monde est avec le mot âme, sans doute, parmi les pires butoirs sémantiques du lecteur biblique. Mais heureusement que cette sémantique, citadelle de signes et de sèmes sacrés et séculiers, n’est point inexpugnable! Nous reviendrons sans doute sur la polysémie profane et sacrée de l’âme. Ici, pour continuer avec notre méditation sur le Monde nous pouvons déjà, en inventoriant les prédicats auxquels l’idée de monde porte à penser, constater au moins quatre grands schèmes de signification, quatre immenses configurations herméneutiques: le Mondial, le Mondain qui relèvent par l’étymologie du lemme Monde, mais aussi le Phylétique et le Cosmique qui en sont des pendants logiques.

 

Avant d’aborder mondial et mondain, commençons par des précisions sur le Phylétique et le Cosmique :

 

Phylétique est fortement éponyme du monde quand ce dernier signifie l’Humanité en tant qu’espèce, par exemple quand l’apôtre Jean dit que Dieu a tant aimé le monde, ou quand le démographe dit que le monde compte sept milliards d’âmes, le monde est interchangeable avec l’humanité.  

 

Je désigne l’adjectif cosmique, quant à lui, en ce contexte, parce qu’il réfère non seulement à l’univers entier, le cosmos, infini tel que saisi à l’échelle humaine, que l’on appelle en certaines circonstances, le Monde, mais aussi, spécifiquement à chaque ciel comme espace stellaire ou planétaire référant à tout microcosme en tant que système cosmologique particulier dans l’interstellaire, nommément considérés comme des mondes.

 

Pour retourner à l’aspect biblique qui nous intéresse où le vocable monde est expressément anthropocentrique et s’adresse à la fois comme concept métaphysique et moral, il est à constater que le monde comme système mondial de perception sensible où l’humanité adopte - selon son interprétation, ses connaissances, son action - son comportement face à la nature et sa gérance de la société, est fortement déroutante de la Foi qui est d’abord fille de l’intuition de l’Esprit, car celui-ci demeure impalpable dans le contexte matériel et réel de la mondialité. Là, le monde est comme un voile qui cache la Vérité Immatérielle des origines et de l’eschaton humains; ce qui peut facilement, porter l’homme à l’errance métaphysique, où il se perd dans son rapport à l’Être, vu que la présence matérielle qui l’englobe et à laquelle il a rapport immédiat par les sens et l’objectivation, n’a aucune autre dimension que la phénoménalité matérielle, aucun autre visage qui serait divin ou spirituel! Dans ce premier schème de signification, le monde est le grand ensemble matériel, naturel et culturel dressé comme le défi des défis, lancé à la conscience humaine appelée à la Foi et à la relation intérieure spirituelle dite spiritualité. Car là, l’homme doit procéder à partir de l’Esprit qu’il est, mais qu'il ne perçoit jamais par les sens, pour se rencontrer et rencontrer le Créateur, qui, Lui aussi est Esprit donc matériellement et sensoriellement imperceptible.

 

Dans une « réalité » où tout est perception sensorielle, matière, sauf une intuition spéciale peut faire sentir la Vérité de Dieu et celle spirituelle de l’Homme à l’être humain vivant dans la matérialité de son corps de chair et de sang. 

 

C’est donc de cet adjectif « Mondial » se référent au système qu’est le monde susdit, que le prédicat « Mondain » va pointer spécialement le rapport émotionnel et rationnel, intellectuel et culturel de l’homme avec l’ensemble qu’est le Monde.

 

                DUALITÉ DE LA MONDANITÉ

 

Force est de signaler que le statut du mondain peut être de deux types: emmétrope ou servile.

 

Le mondain emmétrope n’a rien de mauvais en soi, et moi, j’en suis. Car pour ce type de mondain, le monde est un lieu de beauté et de déploiement des splendeurs de la culture. Quand on aime la bonne chère et le bon vin, la poésie, la musique, le théâtre, les rencontres festives amicales, la romance, l'amitié et la fréquentation des femmes, pourvu que l’on modèle ses passions dans la spiritualité, la justice morale, la mondanité prend allure d’élégance et de beauté. Le mondain emmétrope refuse les servilités politiques et idéologiques, conspue le mode mondial d’écrasement de l’homme par l’homme par des politiques et rejette toute intégration assimilatrice à l’ordre du monde, toute débauche sexuelle, toute pratique spiritiste, maléfique ou idolâtre, toute action avachissant l'Esprit ou le corps.

 

Le mondain servile, est lui, l’effondré des ordures systémiques idéelles et idéologiques du monde sauvagement et violemment matérialiste. La mondanité servile est donc celle de l’écrasante majorité de l’humanité errante, la gigantesque agressive foule souillée qui s’adonne sans discernement à toutes les impuretés infernales de ce monde, prête à n’importe quoi pour y réussir, crassement esclave de l’ordre méchant et immonde où prédomine la vénalité, l’impiété et son ombre simiesque qu’est la religion institutionnelle populiste. La mondanité servile est le domaine de tous les excès de l’Instinct de propriété qui porte les oligarchies charogneuses à exploiter vénalement et meurtrièrement la planète. La mondanité servile est le bordel géhenne de toutes les excentricités assouvissantes platement hédonistes de l'organisme réduit en masse de pulsions incontrôlables par amorphisme grivois et asservi aux désirs malsains, laisser-aller mollasse à la sensualité débauchée, sous un impudent prétexte libertaire d’affirmation de soi.   

  

Pour considérer notre thème de Monde et Spiritualité, qui est notre propos de départ, disons qu'au regard de la spiritualité christique, le monde du mondain servile, est cloaque des abominations du charnel psychologique, empire des marges de la culpabilité, au contraire de la marge saine des saints, des pieux et de tous hommes conscients de leur soi spirituel, vivant selon l’Esprit, qui refusent le désert mondain des valeurs avec ses visions fausses mortifères de la foule putride.

 

En spiritualité christique, le Monde du mondain servile est astasie et errance de l’esprit déchu de son essence, destitué de la spiritualité par ses propres errements de faux orgueil, déréliction effroyable et insoutenable de l’homme sans Dieu dans la liberté factice par le délire de puissance et l’anomie. 

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Tag(s) : #Monde du Concept

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