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Par Camille Loty Malebranche

 

L’une des plus toxiques créatures  produites de la pourriture permanente, que dis-je, la putréfaction vorace ininterrompue de nos sociétés clivées, c’est le bourreau-flatteur, cette figure de la déchéance mentale et comportementale si grave, à la nocuité si viscérale et virale, qu’on a de la peine à y voir mieux qu’un organisme anthropomorphe sordidement pathogène dont la souillure salit les humains, souille toute l’espèce humaine qu’il dénigre de ses faits…

 

L’une des plus tristes déshumanisations individuelles et collectives dans la société multiplement clivée, est la miséreuse dialectique du bourreau-flatteur, cette posture du gueulard arrogant jouant les preux et les puissants face à ceux qu’il perçoit sans puissance politique ou pécuniaire dans la société, mais qui se mue en vil paillasson de la flagornerie devant les détenteurs du pouvoir. Telles des rognures de l’infériorité, les mêmes hommes s’adonnent insidieusement tour à tour à la maltraitance et la déification de leurs semblables selon les pires clivages inscrits dans leur mental abêti. D’ailleurs, il en est à peu près de même entre États, les minus despotes modernes de nos démocraties, une fois élus démarcheurs des puissants riches industriels et banquiers de chez eux, leurs seuls vrais patrons, partent partout massacrer les États plus faibles qu’ils frappent de sanctions et parfois militairement si ces petits États n’obéissent à leur diktat impérialiste. Ces surhommes avec les États du sud, une fois, face à des puissances économiques qu’ils dénigrent ailleurs, se transforment en oracles de paille, vers de terre pour obtenir des contrats au nom de leurs patrons.

 

La pire grimace imprimée à la face de l’homme par nos soi disant société civilisées et démocratiques, est de laisser croire à monsieur tout le monde, par les gestes et les manières, sans vraiment le dire, que les hommes sont d’essence fonctionnaliste dans la société et que la valeur d’un humain se mesure par la supériorité et l’infériorité de classe exclusivement fondée sur la propriété, les privilèges liés aux origines ou à l’assimilation de soi dans les structures du pouvoir social. De là, les niaiseries du maniérisme de classe ou de caste encouragent les uns et les autres à ne respecter que le pouvoir contingent dans l’ordre social essentialisé, la prépondérance de position. La singerie extrême et mortelle, c’est d’inculquer via des codes discrets idéologiques et ostensibles institutionnels, la bêtise que l’extrinsèque et la cooptation des individus par l’institution sociale, déterminent la valeur de l’homme. Ainsi fait, le monde se retrouve avec des voyous faits dieux de la théogonie sociale, qui peuvent se permettre d’éclipser tous en usant des structures.

 

Les discriminations en général, celle du bourreau-flatteur en particulier, ont cela de pernicieux: lirrespect de l'être de l’Homme et la déification idolâtre des situations et des contingences humaines. Et, dans cette idolâtrie, véritable galère déshumanisante, le traitement infligé à l'être humain par ses semblables, est biaisé dès le départ à travers la platitude et la laideur mesquine des caractères que sous-tend le malsain système social du clivage par l’avoir et le pouvoir.

 

L’individu bourreau-flatteur, figure proliférante en notre monde de complexes pathologiques et de jugements tronqués, détournés, n'est que le produit de la vile représentation anthroponégative des classes dominées par les classes du pouvoir. Il patauge dans une péjoration systématique de l’espèce, péjoration régie dans sa mentalité déstructurée, déviée par les pires ordures axiologiques des idéologues de l’ordre du monde, intronisant l’ineptie abjecte de la hiérarchisation par les contingences sociales, situationnelles des êtres humains non plus perçus selon leurs valeurs, leur choix existentiel, leur assumation de soi. La manière bourreau-flatteur est avant tout le signe de lautoravalement sous-animal de la conscience juge, sorte d’involution mentale et comportementale dune masse d’individus qui ne valent que par les breloques déifiées de l’idéologie oligarchique dont ils ne sont de fait que les pitoyables singes, les misérables rejets.

 

Quand les hommes se mettent à déchoir au point de créer des prismes discriminatoires tellement abyssaux didiotie de classe et de caste économique, de force dissuasive pour considérer ou non autrui, et que cela nest pas le fait de quelques minables particuliers mais ossature de la logique systémique du jugement de la société; quand le pouvoir et l’avoir sont les seules choses respectées au mépris total de l’humain au niveau même des structures de lordre social, il y a péril pour l’humanité mais nous refusons toutefois, de désespérer des hommes!

 

Dans un monde où oppression et répression passent par le dénigrement essentialiste des discriminations idéologiques de classe et de caste, l’espèce prétendument humaine – ce phylum qui voudrait proclamer le juste orgueil de la dignité comme emblème de sa vérité ontologique, motivation de son essence, lumière de sa noble nature et fer de lance des droits et devoirs de l’Homme – sombre dans la fange répugnante, nauséabonde des tératogénies antihumaines qui la rendent méconnaissablement infrabestiale. 

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Tag(s) : #Monde du Concept

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