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Par Camille Loty Malebranche

 

En toute circonstance, la volonté est une force motrice de la liberté que l’homme manifeste en affirmant vouloir. 

La liberté sans la volonté est un potentiel non réalisé, la volonté sans la liberté est une puissance de lutte pour la libération.

 

La volonté est l’arme puissante de la décision qui choisit librement et souverainement en toute lumière, et que rien ne peut brimer. D’où chez un esclave révolté manifestant sa volonté d’être libre, cette volonté est un paradoxe qui montre que ledit esclave est déjà subjectivement libre, car seule une conscience libre peut avoir une détermination subjectale de conquérir objectivement la liberté. C’est pourquoi dans son choix, le volontaire authentique est, dès le départ, un sage qui connaît les facultés dont il dispose pour la conquête ou le refus qu’il affirme. La volonté est soit affirmative soit négative et elle va de l’objet voulu ou du but subjectal qu’elle veut atteindre, à la négation qu’elle proclame. La volonté, pour être efficace, implique la confiance de fer au projet ou la détermination dans le rejet qu’elle manifeste.

 

Détermination bousculant toute procrastination et mollesse, la volonté est essentiellement fermeté dans l’action mentale suggestive qui fait son effet dans l’acte extérieur si nécessaire ou dans l’intériorité de la vie du volontaire sans mouvement extérieur parce procédant de la puissance tant métaphysique que mentale pour une transformation d’un élément intrinsèque au soi ou une évolution de soi. Sans être ostentation de pouvoir métapsychique ou télékinésique, domaine dont les comptes rendus sont souvent surfaits et faux, la volonté est suggestion puissante pour l’énergie efficace à maintenir ce qui est ou à le changer.

 

Trois défauts graves altèrent la puissance de la volonté: l’aboulie, la veulerie et la mégalomanie volontariste.

 

On sait que l’aboulie est un cas pathologique de déficience de la volonté parfois allant jusqu’à l’apragmatisme dans ses formes les plus extrêmes. Comme maladie, l’aboulie exige donc une prise en main psychothérapeutique et/ou psychiatrique du sujet atteint.

 

La veulerie est la mollesse de l’individu inapte à s’affirmer et qui tend à laisser tout décider pour lui.  En fait, le veule est un niais qui doit être mené. Ici une question se pose, le monde serait-il constitué d’une multitude de veules à degrés divers menés par une poignée de volontaristes froids?

 

La mégalomanie volontariste, quant à elle, se caractérise par l’attitude de l’individu manifestant une sorte d’obsession de faire primer sa volonté qui doit être imposée à autrui. C’est l’autoritarisme qui consiste à assouvir sa volonté quelles qu’en soient les conséquences sur le sort d’autrui. L’exaltation excentrique et narcissique de la volonté comme autolâtrie, délire de toute-puissance qui ravage le droit de tout ceux que le volontariste prend pour cible de son exercice d’autorité.    

 

La volonté saine, celle de l’affirmation de soi, est la seule force qui donne à l’homme le pouvoir de se conserver malgré toute adversité dans un monde qui tend à aliéner l’individu c’est-à-dire à ravir à chacun ce qu’il peut être pour ce que l’ordre social lui impose, ce par quoi la société le moule.

 

En métaphysique chrétienne, la volonté est la force des forces, le conatus par excellence de l’esprit, que personne ne viole, ni Dieu ni satan. Dieu, parce que précisément, Il a créé l’homme libre et exige que ce soit volontairement que l’homme choisisse s’il est avec ou contre Lui; satan, parce que Dieu ne lui a guère donné ce pouvoir. Ainsi, malgré la bête impétuosité satanique à vouloir s’imposer à l’homme par la tentation et la subornation, il ne peut que constater son échec une fois que la volonté de l’homme lui refuse toute obéissance, toute attention ou collaboration. Là, la décision suprême est à la volonté exercée et forte sinon, c’est l’esclavage et l’effondrement par le manque d’exercice ou absence de la volonté.

 

Sur le plan profane, la volonté faible rend l’homme vulnérable aux prédateurs sociaux, le confine à être un mené, un jouet pour autrui.

Au stade métaphysique, la puissance ou la faiblesse de la volonté spirituelle, selon qu’elle soit exercée ou non à être ferme, détermine le salut ou la perdition de l’homme. 

 

La volonté est une faculté majeure de l’accomplissement de soi de l’humain car l’homme, parce qu’il est appelé à se définir, c’est donc par la pensée et l’action volontaire-souveraine donc libre ou au contraire, téléguidée et manipulée, c'est-à-dire servile, qu’il sera ou ne sera pas digne maître de son destin.

 

Entre le volontarisme délirant en ses monstres despotes avec leur instinct agressant de domination et la misère de l’indécis inapte à se choisir par pensée et action et que l’on mène par le bout du nez, l’assumation de la volonté authentique et forte de la conscience souveraine et libre, est gage d’entéléchie globale de l’homme.

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Tag(s) : #Monde du Concept

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