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Par Camille Loty Malebranche

 

"J'ai vu tout ce qui se fait sous le soleil; et voici, tout est vanité et poursuite du vent" dit l'ecclésiaste chap1 v14

 

Le vaniteux est avant tout l'esclave du contingent qu'il prend pour nécessaire, de l'éphémère qu'il perçoit comme pérenne et dont il se fait un masque, un accoutrement d'arrogance. Et sa plus grande misère, est qu'il confère aux colifichets de la contingence, valeur d'identité et de sens existentiel. 

 

J'ai déjà expliqué ailleurs que l'arrogance est corruption du juste et digne orgueil qui est exaltation de la dignité de l'essence humaine perçue et assumée dans sa vérité de grandeur par une conscience d'Homme! Eh bien, la vanité, elle, est la singerie de l'orgueil authentique, qui dénature cette fierté et exigence de l'homme avec lui-même dans l'authentique dépassement de soi qu'est effectivement le bon orgueil, à ne pas confondre avec la mégalomanie diabolique de lucifer voulant évincer Dieu où s'agitent des hitlers en mal de pouvoir planétaire - cachés derrière des organismes industriels et militaires - dont le monde regorge et souffre sous les multiples méfaits expansionnistes. Ici, dans le cas du mégalomane se voulant autre que sa vérité d'essence, nous pouvons constater que la mégalomanie avec un peu de pouvoir, est ce stade où la vanité, basculant dans une sorte de schizophrénie violente, finit par faire de son porteur, un dégénéré, aberration qu'elle est de l'essence inversée (lucifer, de porte-lumière, s'y est métamorphosé en satan, le vil lucifuge compulsivement porté aux ténèbres du mal). La mégalomanie est la vanité qui fait du mégalomane, un monstre dangereux, un déchet de l'agression contre autrui. Vanité, effigie de la petitesse qui se cache à soi, tout en voulant convaincre autrui d'une grandeur inexistante. La vanité n'est pas le fait d'aimer des fantaisies ou de s'adonner à des lubies sans méchanceté, mais le comportement pathologique (considéré normal) d'individus et de collectivités accrochés à des objets ou situations qu'ils transforment en expression de leur essence et manifestation de leur grandeur voire de leur supériorité. C'est un peu, comme le comportement de l'occident qui croit que l'argent et l'usage de la force sont les seuls repères de « respect «  et de « supériorité» par lesquels il doit s'imposer. C'est le fonctionnaire ou l'élu pour qui la place occupée, est si essentielle, que leur être eût été vain sans elle.

 

La vanité constitue un essentialisme du banal. Le vaniteux est donc l'essentialiste des contingences, et sa vie est vide sans l'objet essentialisé qui lui confère sens et essence. D'où, vous comprendrez, dans une occurrence de misérabilisme mental, incommodante telle qu'il en est dans nos sociétés décomposées, la vanité est en quelque sorte, le visage factice qu'empruntent les minables à foison auxquels l'on a affaire un peu partout. La prolifération des vaniteux sévit allègrement parmi les cuistres pitoyables et larbins qui dirigent ce monde sous les diktats d'oligarchies dont ils sont esclaves, oligarchies elles-mêmes engluées dans l'esbroufe et l'extraversion agressante. Le petit minable de service ne manque pas d’introjecter la vanité de ses maîtres. De fait, la vanité sociale, est la quête d'une identité, voire d'une substance supérieure dans l'excentricité la plus excessive des répétitions et des manières programmées en réflexe chez le sous-produit organique de la civilisation. C'est l'histrionisme du fat, le mensonge du politicien, l'arrogance de la péronnelle.     

 

Le vaniteux est un malade figé sur l'inessentiel et son être lui-même banalisé, est vain en cherchant vainement dans les choses hors de soi, le sens et l'essence de soi. La vanité est l'écheveau mental et comportemental d'une mortelle déchéance axiologique affectant une vie d'homme totalement déshumanisé, terriblement affublé de l’illusion inconsciente de ce monde.

 

Pour revenir à la sagesse incontournable de l'Ecclésiaste du "tout est vanité sous le soleil", nous disons, qu’il est plus qu'obvie qu'une existence plongée dans la vacuité de toutes transcendance et qui se gave d’apparat et d’apparences dans le matérialisme plat prêché par nos carcans politiques de vraie droite et de fausse gauche, ne peut être que peine perdue pour la vie gaspillée, déroute d’esprit vain parce qu’indigne de soi. C’est là, que la grossièreté de la vénalité avec ses cortèges de vices et d'avilissements de soi par la prostitution de toute sorte, prend ses aises. C’est là que réside l’imbécile orgueil des fantômes gesticulateurs qui haïssent les vivants cultivant la vraie vie.

 

La civilisation matérialiste avec ses valeurs factices ses codes rédhibitoires, n’est que symptôme de la vanité massive d’une forte partie de cette espèce soi disant humaine, égarée loin de ses possibles transcendants et déracinée de l'Esprit, sa nature profonde! Une société où le grand nombre n’est le plus souvent que triste reflet de ses vanités, ombres vaines qui cherchent substance dans ce qui est encore plus vain qu’elles! Morts ambulants qui, au plus fort de leur inanité stérile, guettent dans le non-être ostentatoire de l’extravagance d’une société vide et abyssale, un mimétisme d’être pour tromper l’univers entier et inconsciemment, se tromper eux-mêmes les premiers!

 

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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Tag(s) : #Monde du Concept

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