Par Camille Loty Malebranche



Le méchant est l'artisan de la souffrance d'autrui, qui utilise toutes ses ressources et facultés pour faire souffrir les autres en s'y complaisant, y voyant une manière de ravaler ses semblables pour s'élever lui-même. Incapable qu'il est - dans son ego hypertrophié, son mental lugubre - de toute transcendance spirituelle voire simplement humaine, où il aurait quelque largesse sans piège caché ou mesquinerie dissimulée envers autrui.  

 

L’une des manigances monstrueuses et cruelles du méchant, est de tout faire directement et structurellement, s'il détient les structures du pouvoir, pour empêcher celui qui ne correspond aux vilenies sordides de sa perception patibulaire du monde, d’entrer en possession de son dû. Le méchant au pouvoir, tout abominable vicieux qu'il est, se propulse juge et gardien moralisateur de la vertu et de l'ordre, en ostracisant de l'économie qu'il parasite et salit de ses immondes excessifs privilèges, tous les insoumis à son macabre paradigme institutionnel.   Le méchant au pouvoir paupérise en espérant que le paupérisé, malmené, ne serait-ce que par fatigue et dépit, finira par lui lécher ses semelles de bourreau... 


La méchanceté se caractérise par l’enfoncement pernicieux d'une personnalité sordide ou d’un clan malfaisant dans ses jugements ténébreux. Défaut qui dénature et déséquilibre l'orgueil authentique qui est assumation de la dignité pour y substituer le délire de l'autorité, l'autoritarisme ravageur au-dessus d'autrui. Défaut contingent chez des individus quoique innombrables, mais Vice nécessaire et Abjection immanente à tout système fondé sur l’exploitation de tous par une poignée de milliardaires via le modèle économique et le paradigme social imposés par leur État ploutocratique, État férocement et méchamment antidémocratique. Il est aussi des méchants par mollesse et laisser-aller, des méchants larbins, rognures putréfiées et pitoyables qui suivent les courants du mal parce que c’est simplement le courant institutionnellement dominant. Mais chez les méchants en chefs, la méchanceté est donc une excentricité caractérielle sous-tendue par la rage et le délire de pouvoir souvent idéologiquement essentialiste, selon la volonté féroce du méchant d’aller tant qu’il le peut, le plus au-delà possible de l’inimaginable impudence pour acculer autrui jusqu’à la consommation de sa haine contre lui.  Le méchant au pouvoir - dans sa malignité, son délire malin de toute-puissance - va parfois jusqu'à des quêtes superstitieuses voire satanistes de renforcement de son pouvoir, où comme Faust, il vend son être damné à l'Immonde, lui qui n'a plus ni esprit ni humanité. 


La méchanceté poussée à l’excès et dans ses dernières conséquences, aboutit au déséquilibre de l’action où le méchant fait n’importe quoi pour assouvir sa perversité criminelle (que nous appelons folie) sans mesurer les conséquences que ses actes puissent avoir sur des gens non concernés par son clanisme ou égotisme. Quand des vénaux de banquiers provoquent par leur finance des crises mondiales qui entraînent la paupérisation en masse de travailleurs, l’austérité, la mort de faim et de privation, les heurts sociaux générateurs de morts dans des manifestations réprimées, ces banquiers jugent que c’est dans l’ordre des choses. Car l’excès d’imposition du pouvoir individuel sur autrui en usant des structures d’administration sociale, familiale, religieuse ou morale, ne se fait jamais que selon l’orgueil dénaturé et pervers qu’est l’arrogance du mortel qui veut être maître et dieu au-dessus des humains pour assouvir ses plus bas instincts. Ce n’est jamais que pour écraser l’homme que l’homme veut s’imposer matériellement et structurellement sur l’homme.


La méchanceté est le terreau de toutes les folies qui mènent les soi disant grands de ce monde (souvent de vils petits excentriques complexés et voyous) à tous les crimes avérés et camouflés contre l’humanité piégée par les structures du mal sciemment montées et maintenues pour asservir les hommes par l’économie, la politique et l’usage de la force quand la rébellion et révolte des piégés font face à ces monstruosités. La méchanceté est aussi l'alliée du pouvoir, car un homme brisé, fragilisé est plus facilement utilisable, dominable. Ce mépris de la souffrance provoquée, ce désir de maltraitance d'autrui autant par un individu en disharmonie intérieure que par la logique d'un système socioéconomique et politique imposée par quelques crapules dominantes, est avant tout pour la soumission par la force. Dans un tel délire individuel ou grégaire-structurel, pour assouvir leur désir de domination ou leur destruction du sujet ciblé par leur pouvoir, le haï que leur appétence criminelle et arrogante fait objet de leur autoritarisme - eux dont l'arrogance n'arrive même pas au narcissisme, car ces rejets de la haine de soi projetée sur autrui, ne sauraient se contempler même maladivement - les agressifs de la persécution, de l’exploitation, de l’exécution fignolent crapuleusement toutes sortes de pièges et de maux contre leur cible humaine afin de la dominer.

 

                              MÉCHANCETÉ SOCIALE SYSTÉMIQUE

 

Le méchant que nous appelons systémique, vu les structures de politique et d’économie qu’il tient par-devers lui pour le malheur de l’humanité, s’érige en son jugement déformé, essence suprahumaine dont l’assouvissement fat des désirs est supérieur à tous les droits humains, à toute la justice sociale due aux individus et aux peuples. Le seul bien pour un tel méchant, est l’accomplissement de sa volonté de domination, d’agression ou de vengeance au dédain de toute morale et de toute limite. Déséquilibre de l’action mais pas de l’agissant qui, s’il n’est pas sain d’esprit, n’est certainement pas atteint de pathologies mentales proprement dites, fort rationnel qu’il est dans ses méfaits.


L’institution sociale trône aux réflexes de perception des individus, un statut quasi divin sinon le visage du père. Dans ce milieu de rationalités programmées, très rarissimes sont ceux qui arrivent à se distancer de l’imposture systémique qui broie tous pour quelques-uns. Les humains, animaux avérés de pulsions et d’émotions, sont automates-obtempérants plutôt que pensifs-résistants, l’effet d’éblouissement des structures d’ostentation et de fascination officielle ostracise et subvertit les mentalités du simple analphabète au scolarisé hautement gradué. Il n’ y a essentiellement que des automates qui répètent ce qui leur est montré, signifié comme grandeur et vertus par un ordre minable et vicieux. La méchanceté systémique que constitue la voyoucratie économique et les souffrances qu’elle impose à la société et à la planète se résorbe en se muant pour les masses en idéal à atteindre dans l’appétence incitée chez les individus ainsi portés à vouloir gravir les échelons de la « gloire » accordée à n’importe quel olibrius répondant aux desideratas des puissants et sachant se faire coopter par les patrons de l’ordre social…  

          

L’opacité des murs idéels ou idéologiques qui sous-tendent la méchanceté et ses folies désastreuses, ne se renverse que par le travail de soi par la transcendance des haines érigées en système dans une société anthropocide qui attise l’égotisme et le clanisme jusqu’à la plus folle férocité, jusqu’aux haines les plus stupides, les plus cruelles.


Au niveau systémique, dans le sillage de cet anthropocide (effet de la réification dévorant comme l'humanité de l'individu) soutenu par l’idéologie, les grands criminels autorisés de la politique et de l’économie arrivent à s’imposer comme employeurs, philanthropes, hommes d’État que les foules en mal de leader et d’identité votent mollement pour pérenniser la méchanceté d’un monde où le privilège de quelques-uns condamne l’humanité à toutes sortes de misères et de déchéances en commençant par les privilégiés eux-mêmes faits moins que rien sinon crapules dominantes dans la géhenne qu’ils font du monde…

    

Et la victoire sur la méchanceté est de se distancer de tout ce système qui appelle l’homme à la disharmonie de chacun avec chacun et de rechercher les vraies amitiés, les vrais amours, loin des monstres et déchets du harcèlement par le reproche, la haine, les injonctions stupides venant souvent de parents qui ont eux-mêmes raté leur vie et qui veulent se venger à nos dépens par la culpabilisation souvent à tort parce que nos valeurs sont différentes de leurs fausses valeurs. La culpabilisation est le pire ennemi de l’Homme, car elle détruit toute estime de soi, orchestre la déstabilisation de l’Esprit pour la destruction en règle de toutes les dimensions humaines: esprit, âme et corps de l’être humain. Notre vie, unique et solitaire, est redevable à Dieu Seul et nous en sommes les gérants suprêmes qui en répondront.


Gare aux veules qui se laissent voler leur vie par un système socioéconomique ou politique, par des marâtres ou parâtres, faux frères et sœurs, patrons ou amis factices, toutes autres entités ou relations, car nul n’ayant à mourir à la place de quiconque, seuls des abouliques, des niais et assimilés tels par la couardise et la veulerie commettent l’ineptie mortelle de laisser vivre autrui à leur place en se laissant mener afin de plaire à de diaboliques Expropriateurs de Vie, pour leur propre malheur, leur propre damnation! 

  

Face à l’ordre socioéconomique et à sa méchanceté systématisée, dans une société de nivellement par l’horreur de l’assimilation selon le chantage d’intégration aux institutions les plus toxiques, les plus méchantes contre l’humanité, telles nombre de banques et d’États, le refus d’être au pas, est en soi un bien, une manière d’être dans la marge saine loin de la page souillée de toutes les abominations structurelles, en  prenant soin de scruter chaque proposition ou possibilité d’intégration, discernant pour distinguer les justes des aliénantes afin de n’être pas de ceux qui collaborent mollement avec les prédateurs et bourreaux inavoués de l’humanité.  


CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

Tag(s) : #Monde du Concept
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